Une exposition intitulée « La Guerre sans dentelles »
montrant des tableaux de batailles et des photographies de conflits
modernes se tient jusqu'au 6 septembre 2009 à la galerie des Batailles
au château de Versailles.
Pendant
des siècles les peintres ont représenté des scènes de batailles en
ayant pour la plupart travaillé d'après leur imagination dans leurs
ateliers pour illustrer le courage et donner l'illusion que la guerre
pouvait être belle en oubliant trop souvent leur côté sanglant et
tragique.
L'apparition
de la photographie, utilisée pour la première fois lors de la guerre de
Crimée en 1854, montra un tout autre aspect des conflits armés.
Quelques années plus tard, les photographies de blessés et de morts sur
le champ de bataille de Gettysburg, lors de la Guerre de Sécession,
exposèrent enfin les horreurs véritables d'une lutte armée.
Les
clichés, notamment celui de Robert Capa captant la chute d'un
républicain touché à mort sur le front de Cordoue en 1936, sont donc
bien plus saisissants que les tableaux historiques où le guerrier
mourant est vu d'une manière romantique ou complètement fantaisiste. On
découvre ainsi à travers les photographies exposées à Versailles toute
l'horreur de la guerre.
La confrontation entre les clichés et
les toiles provoque un choc profond chez le spectateur, à la limite
horrifié par le décalage entre la réalité et l'imaginaire constaté dans
les tableaux. Au final, on se rend compte que durant des siècles la
guerre en peinture ne fut qu'une grande mascarade destinée à glorifier
des faits d'armes qui causèrent en fait de terribles ravages parmi les
hommes.
Au début du 17e siècle, Jacques Callot fut
probablement le seul artiste de son époque à évoquer avec véracité les
misères de la guerre à travers des gravures étonnantes d'à-propos. Un
siècle et demi plus tard, Francisco Goya lui emboîta le pas avec des
œuvres encore plus parlantes sur les horreurs de l'intervention
militaire française en Espagne. Ces deux artistes firent
malheureusement exception car en général, la peinture de batailles fut
plutôt un art de propagande servant à glorifier les monarques.