Le Petit Palais à Paris présente du 2 avril au 28 juin 2009 la première rétrospective consacrée en France depuis 60 ans au grand peintre romantique anglais William Blake.
William Blake (1757-1827) fut non seulement un pionnier de l'art romantique mais aussi de la peinture fantastique qu'il déclina d'un pinceau plutôt démoniaque en peignant souvent des monstres et des personnages sortis de son imagination féconde.
L'exposition organisée au Grand Palais s'est voulue néanmoins plus classique à travers la présentation de 150 dessins, gravures, livres et aquarelles de ce peintre qui dès son enfance fut sujet à des hallucinations qui l'amenèrent à évoquer ses rêves dans des gravures traitées d'une manière poétique destinées à illustrer des livres qu'il désirait vendre à des prix abordables.
Révolutionnaire, Blake le fut dans son art tout autant que par ses pensées d'homme libre qui lui valurent de connaître la prison en 1780. Ayant subi l'influence de Dürer et de Michel-Ange, cet avocat du renouveau se montra par contre assez classique comme artiste puisant ses thèmes dans les légendes du passé pour créer des œuvres étonnantes de modernité pour son époque.
Prônant l'amour entre les humains et ce, jusqu'à conseiller la liberté des mœurs, Blake s'intéressa aussi bien à l'Ancien testament qu'aux anciennes légendes celtiques pour rejoindre Füssli ou Goya dans l'art fantastique avec un tempérament tourné vers le surnaturel, un trait qui lui valut plus tard les éloges des Surréalistes qui virent en lui un visionnaire.