Après avoir traversé une inquiétante période de grand calme entre le 15 décembre et le 10 mars 2010, le marché a repris des couleurs grâce à des ventes d'exception organisées à New York, Londres et Paris où les amateurs ont semblé ignorer la crise en participant activement à des batailles d'enchères pour des pièces rares.
L'engouement constaté dans les salles de vente a néanmoins contrasté avec la morosité qui s'est installée parmi les antiquaires et les brocanteurs, frappés depuis des mois par la crise venue affecter les oeuvres de qualité moyenne devenues plus que jamais été délaissées. Ne parlons pas des oeuvres considérées comme faisant partie du bas de gamme qui n'ont plus semblé intéresser les amateurs.
Les dernières études publiées en Occident ayant montré que les riches devenaient plus riches et les pauvres plus pauvres, c'est donc le haut du panier du marché qui a attiré les amateurs argentés prêts à en découdre pour faire tomber nombre de records de prix, notamment pour deux Picasso prochainement proposés à Londres, une oeuvre de la période bleue estimée à 45 millions d'euros et une toile des années 1930 qui pourrait dépasser 100 millions d'euros chez Christie's.
Dans ce contexte, Paris a tenu la corde avec des ventes dans les domaines de la peinture moderne, l'Art Déco, les livres, les dessins et la BD où les enchères sont de plus en plus soutenues. Malgré la crise, les ventes en France ont progressé de plus de 9% en 2009 par rapport à 2008 pour atteindre 2,24 milliards d'euros, surtout grâce à la mythique vente de la collection Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent en février 2009 au Grand Palais sans laquelle le marché français aurait subi un recul de 5%. Rien ne dit cependant que les ventes de l'année 2010 atteindront le niveau de 2009 d'autant plus qu'on ne verra pas de sitôt l'organisation d'une vente aussi prestigieuse que celle de la collection Bergé-Saint-Laurent. Reste à savoir s'il y aura suffisamment de résultats conséquents pour parvenir à maintenir l'équilibre jusqu'à espérer que la crise soit enfin passée.