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L'ennui est souvent cocu puisqu'on tend à le tromper…
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XLVIème Chapitre
TENTATIVE POUR CONSERVER LE SCEAU DE ROBERT BRUCE EN GRANDE-BRETAGNE
23 Mars 2016 |
Cet article se compose de 2 pages.
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Le sceau du roi écossais Robert Bruce utilisé au 14e siècle par l'Abbaye de Dunfermline pour sceller des documents douaniers sous son autorité pourrait bien risquer d'être exporté de Grande-Bretagne si un acheteur britannique ne parvenait pas à réunir les 151 500 livres sterling nécessaires pour l'acquérir.
Le gouvernement britannique a ainsi bloqué jusqu'au 21 juin l'exportation de ce sceau royal datant de 1322 qui pour l'Ecosse est d'importance historique puisque Robert Bruce devint une légende après avoir défait les Anglais à la bataille de Bannockburn, près de Stirling, huit ans plus tôt. Robert Bruce avait mené une longue guerre d'indépendance contre le roi Edward 1er avant de vaincre l'armée de son fils Edward II, une victoire de première grandeur pour les Ecossais dont les indépendantistes firent leur fer de lance lors du référendum sur leur séparation d'avec le Royaume-Uni organisé en 2014 pour marquer le 700 e anniversaire de cette bataille. En dépit du symbole que ce sceau représente pour les indépendantistes, le gouvernement de Westminster a mis les questions politiques de côté pour tenter de sauver ce trésor national, un des rares en lien direct avec Robert Bruce. Ed Vaizey, le ministre de la Culture, a ainsi reconnu que ce sceau irremplaçable devait être conservé en Grande-Bretagne. Sur sa partie supérieure figure l'effigie de Sainte Margaret, la fondatrice de l'abbaye de Duufermline avec en bas les armes royales d'Ecosse. Son association avec cette abbaye jette une lumière particulière sur la façon dont Robert Bruce déléguait son autorité tandis que sa grande qualité laissé suggérer qu'il aurait été fabriqué par un maître-artisan français.
Après la saisie chez Christie's de sculptures indiennes soupçonnées volées, le FBI a mis la main le 21 mars sur une tête gandhara du 2e siècle lors d'un envoi dans un entrepôt sous douane à New York avant de confisquer le lendemain une statue afghane.Ces saisies ont coïncidé avec la manifestation annuelle Asia Week de New York particulièrement surveillée par les autorités soucieuses de juguler les trafics d'antiquités.
GALARTIS OU L'ART DE LA BOURDE La maison de vente suisse Galartis a manqué plutôt de sérieux en menaçant durant des semaines un acheteur français de poursuites alors que ce dernier avait dûment payé son acquisition lors d'une vacation organisée au début de l'année. Durant près de trois semaines, la maison de vente a refusé d'entendre les explications de son acheteur qui avait été débité de son achat réglé en carte bleue en continuant à prétendre que son règlement ne lui était pas parvenu avant de lui présenter finalement ses plus plates excuses après avoir constaté que son paiement avait été attribué à un autre client. N'ayant guère apprécié cette bourde après avoir subi des menaces jugées humiliantes, l'acheteur a rejeté les excuses de la maison de la vente qu'il a traitée d'incompétente. OU EST DONC PASSE LE CRÂNE DE SHAKESPEARE ? Une longue enquête effectuée dans la tombe du célèbre dramaturge William Shakespeare mort en 1616 a permis de déterminer que son crâne avait été volé à la fin du 18e siècle, confirmant ainsi une information parue dans le magazine Argosy en 1879 selon laquelle des chasseurs des primes s'en étaient emparés en 1794. Semblant trop petite pour contenir un adulte, la tombe en question située dans l'église de la Sainte Trinité de Sratford-sur-Avon avait déjà longuement fait débat parmi les historiens et archéologues mais en fait, ceux-ci avaient été trompés par la taille restreinte de la pierre tombale ne mentionnant aucun nom et seulement une citation maudissant celui qui oserait toucher à la dépouille inhumée là. Bref, sans l'ouvrir, selon les voeux de Shakespeare, l'équipe de lKevin Colls, archéologue de l'université du Staffordshire, a utilisé un scanner et un radar pouvant pénétrer (GPR) le sol pour examiner son contenu et parvenir à une telle conclusion. Les pillages de tombes d'hommes célèbres étaient cependant assez courants aux 17e et 18e siècle car les gens désiraient avoir leur crâne pour essayer d'analyser et voir ce qui en avait fait des génies. Tout comme d'autres membres de sa famille, notamment son épouse Anne Hataway, Shakespeare avait été enterré dans un drap dans une tombe peu profonde, selon l'analyse au scanner qui n'a pas repéré de clous pouvant sceller un cercueil alors que des rumeurs ont longtemps fait croire que son corps se trouvait dans l'église Saint Leonard de Beoley, à 25 kilomètres de Straford, mais les analyses effectuées à cet endroit, ont démontré que le crâne figurant dans cette tombe était celui d'une femme de 70 ans. Des réparations étaient apparentes au coin supérieur de la tombe, ce qui laissait entrevoir qu'elle avait été ouverte et que son crâne avait été volé pour le compte d'un quidam qui avait peut-être voulu revivre à sa manière la célèbre scène de "Hamlet" où on voit le personnage principal de la pièce jouer avec le crâne de Yorick. Pour sa part, le diacre de l'église de la Sainte Trinité n'a pas voulu savoir si le crâne se trouvait ou pas dans cette tombe en disant qu'il veillerait à ce que le repos éternel du dramaturge soit respecté. UN PICASSO VOLE IL Y A 15 ANS RETROUVE SA PLACE AU MUSEE POMPIDOU Quinze ans après sa disparition, "La Coiffeuse", une toile cubiste de Picasso, a officiellement retrouvé ce 24 mars sa place sur les murs du musée d'art moderne du Centre Pompidou, à Paris. Estimé à 15 millions de dollars, le tableau a été retrouvé en décembre 2014 par les douanes américaines à Newark, près de New York. Très endommagé, il a dû subir une restauration de plus de cinq mois avant de pouvoir être de nouveau présenté au public. Le responsable du vol n'a jamais été identifié.
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Le sceau du roi écossais Robert Bruce utilisé au 14e siècle par l'Abbaye de Dunfermline pour sceller des documents douaniers sous son autorité pourrait bien risquer d'être exporté de Grande-Bretagne si un acheteur britannique ne parvenait pas à réunir les 151 500 livres sterling nécessaires pour l'acquérir.
Le gouvernement britannique a ainsi bloqué jusqu'au 21 juin l'exportation de ce sceau royal datant de 1322 qui pour l'Ecosse est d'importance historique puisque Robert Bruce devint une légende après avoir défait les Anglais à la bataille de Bannockburn, près de Stirling, huit ans plus tôt. Robert Bruce avait mené une longue guerre d'indépendance contre le roi Edward 1er avant de vaincre l'armée de son fils Edward II, une victoire de première grandeur pour les Ecossais dont les indépendantistes firent leur fer de lance lors du référendum sur leur séparation d'avec le Royaume-Uni organisé en 2014 pour marquer le 700 e anniversaire de cette bataille. En dépit du symbole que ce sceau représente pour les indépendantistes, le gouvernement de Westminster a mis les questions politiques de côté pour tenter de sauver ce trésor national, un des rares en lien direct avec Robert Bruce. Ed Vaizey, le ministre de la Culture, a ainsi reconnu que ce sceau irremplaçable devait être conservé en Grande-Bretagne. Sur sa partie supérieure figure l'effigie de Sainte Margaret, la fondatrice de l'abbaye de Duufermline avec en bas les armes royales d'Ecosse. Son association avec cette abbaye jette une lumière particulière sur la façon dont Robert Bruce déléguait son autorité tandis que sa grande qualité laissé suggérer qu'il aurait été fabriqué par un maître-artisan français.
Après la saisie chez Christie's de sculptures indiennes soupçonnées volées, le FBI a mis la main le 21 mars sur une tête gandhara du 2e siècle lors d'un envoi dans un entrepôt sous douane à New York avant de confisquer le lendemain une statue afghane.Ces saisies ont coïncidé avec la manifestation annuelle Asia Week de New York particulièrement surveillée par les autorités soucieuses de juguler les trafics d'antiquités.
GALARTIS OU L'ART DE LA BOURDE La maison de vente suisse Galartis a manqué plutôt de sérieux en menaçant durant des semaines un acheteur français de poursuites alors que ce dernier avait dûment payé son acquisition lors d'une vacation organisée au début de l'année. Durant près de trois semaines, la maison de vente a refusé d'entendre les explications de son acheteur qui avait été débité de son achat réglé en carte bleue en continuant à prétendre que son règlement ne lui était pas parvenu avant de lui présenter finalement ses plus plates excuses après avoir constaté que son paiement avait été attribué à un autre client. N'ayant guère apprécié cette bourde après avoir subi des menaces jugées humiliantes, l'acheteur a rejeté les excuses de la maison de la vente qu'il a traitée d'incompétente. OU EST DONC PASSE LE CRÂNE DE SHAKESPEARE ? Une longue enquête effectuée dans la tombe du célèbre dramaturge William Shakespeare mort en 1616 a permis de déterminer que son crâne avait été volé à la fin du 18e siècle, confirmant ainsi une information parue dans le magazine Argosy en 1879 selon laquelle des chasseurs des primes s'en étaient emparés en 1794. Semblant trop petite pour contenir un adulte, la tombe en question située dans l'église de la Sainte Trinité de Sratford-sur-Avon avait déjà longuement fait débat parmi les historiens et archéologues mais en fait, ceux-ci avaient été trompés par la taille restreinte de la pierre tombale ne mentionnant aucun nom et seulement une citation maudissant celui qui oserait toucher à la dépouille inhumée là. Bref, sans l'ouvrir, selon les voeux de Shakespeare, l'équipe de lKevin Colls, archéologue de l'université du Staffordshire, a utilisé un scanner et un radar pouvant pénétrer (GPR) le sol pour examiner son contenu et parvenir à une telle conclusion. Les pillages de tombes d'hommes célèbres étaient cependant assez courants aux 17e et 18e siècle car les gens désiraient avoir leur crâne pour essayer d'analyser et voir ce qui en avait fait des génies. Tout comme d'autres membres de sa famille, notamment son épouse Anne Hataway, Shakespeare avait été enterré dans un drap dans une tombe peu profonde, selon l'analyse au scanner qui n'a pas repéré de clous pouvant sceller un cercueil alors que des rumeurs ont longtemps fait croire que son corps se trouvait dans l'église Saint Leonard de Beoley, à 25 kilomètres de Straford, mais les analyses effectuées à cet endroit, ont démontré que le crâne figurant dans cette tombe était celui d'une femme de 70 ans. Des réparations étaient apparentes au coin supérieur de la tombe, ce qui laissait entrevoir qu'elle avait été ouverte et que son crâne avait été volé pour le compte d'un quidam qui avait peut-être voulu revivre à sa manière la célèbre scène de "Hamlet" où on voit le personnage principal de la pièce jouer avec le crâne de Yorick. Pour sa part, le diacre de l'église de la Sainte Trinité n'a pas voulu savoir si le crâne se trouvait ou pas dans cette tombe en disant qu'il veillerait à ce que le repos éternel du dramaturge soit respecté. UN PICASSO VOLE IL Y A 15 ANS RETROUVE SA PLACE AU MUSEE POMPIDOU Quinze ans après sa disparition, "La Coiffeuse", une toile cubiste de Picasso, a officiellement retrouvé ce 24 mars sa place sur les murs du musée d'art moderne du Centre Pompidou, à Paris. Estimé à 15 millions de dollars, le tableau a été retrouvé en décembre 2014 par les douanes américaines à Newark, près de New York. Très endommagé, il a dû subir une restauration de plus de cinq mois avant de pouvoir être de nouveau présenté au public. Le responsable du vol n'a jamais été identifié.
IL SERA BIENTÔT DIFFICILE POUR COROT DE VALOIR UN CARAT Mauvaise nouvelles pour les découvreurs d'oeuvres de Camille Corot depuis que Martin Dieterle,l'expert en titre de l'artiste, a décidé de passer progressivement la main en faveur de sa fille, plus décidée à faire jouer les analyses scientifiques que son oeil pour authentifier des toiles redécouvertes. Avec son père, il était bien plus facile d'obtenir une opinion tranchée lorsqu'on lui soumettait un tableau car il avait un flair sans pareil pour détecter les contrefaçons. Désormais, il sera plus difficile de convaincre sa fille, plus portée sur des analyses de pigments, pour savoir si un Corot est bon ou pas. LES COLS
ROUGES NE RECONNAISSENT QUE DES MENUS LARCINS
Appelé à se terminer le 5 avril, le procès des "cols rouges" de Drouot a
donné lieu à des scènes cocasses avec des prévenus semblant avoir perdu la
mémoire qui ont nié être des voleurs.
Se voyant demander par la présidente Sabine Faivre
pourquoi il s'était retrouvé en possession de la Légion d'honneur du mime Marceau et de photos de l'artiste avec André Malraux ou Gandhi, l'un d'eux a benoîtement
déclaré qu'elles avaient été récupérées parmi des lots abandonnés par des
acheteurs qui les avaient jugés sans intérêt. Quant au costume de scène du mime
retrouvé en sa possession parmi onze pantalons, une marinière et deux paires de
chaussons de danse, ce dernier a assuré qu'ils étaient probablement tombés d'une armoire.
Au bout de deux semaines d'audience concernant une
vaste affaire de vols commis par les manutentionnaires qui avait été éventée en
2009, les prévenus (une quarantaine de "cols rouges") ont tenté de
minimiser les faits en tentant d'expliquer pourquoi tant d'objets avaient
disparu lors de déménagements d'appartements ou de garde-meubles réalisés lors
de successions au cours desquels les manutentionnaires en prenaient parmi ceux
non listés dans l'inventaire du commissaire-priseur.
A les entendre, les 6000 et quelques objets
retrouvés dans leurs conteneurs dans un entrepôt de Bagnolet n'étaient
finalement que des sortes de pourboires pour aller se payer un petit coup après
le travail. "Du débarras sans valeur artistique," s'est défendu l'un
d'eux qui a expliqué que les pièces du mime Marceau n'étaient que du rebut bon à finir à la poubelle.
Peu convaincue, la présidente leur a alors demandé
ce que faisaient des monnaies d'or trouvées dans un coffret en signalant que
des objets revendus à Drouot par des commissaires-priseurs peu regardants
avaient atteint des prix conséquents, comme deux meubles Art Déco conçus par
Eileen Gray, adjugés respectivement pour 525 000 et 465 000 euros.
Les trois "cols
rouges" impliqués ont laissé la présidente sceptique en affirmant que
ces meubles n'avaient pas été identifiés par un expert ou le
commissaire-priseur qui les vendait et qu'il n'y avait pas eu de catalogue lors de la vente.
Les manutentionnaires ont répété que pour eux ces
meubles ne valaient pas tripette et qu'ils avaient été très étonnés de voir les
enchères s'envoler. "Alors, c'est
mieux que le loto ?", s'est demandée la magistrate d'une voix ironique.
"Ah non Madame, c'est pire ! je n'y ai gagné
que des ennuis. La veste de col, pendant 8 ans, j'en étais fier. Voleurs
notoires, comme on nous a décrits, c'était pas notre métier," protesté
l'un d'eux.
"Seriez-vous
prêt à rembourser ?", lui a demandé l'avocat des héritiers lésés. " Bien sûr ! Sauf qu'aujourd'hui, on
m'a tout confisqué", a répondu ce prévenu.
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