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La Bourse n'est pas faite pour les cancres puisque ceux qui la fréquentent sont tenus de suivre les cours (AD)
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXVème Chapitre
Le retour d'un dangereux prédateur jour574.html |
Cet article se compose de 2 pages.
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Mauvaise nouvelle, Stéphane Breitwieser, ce fou d'art un genre particulier qui joua les prédateurs dans de nombreux musées en France et Europe en volant de magnifiques objets d'art et tableaux pour se constituer une collection de rêve sans débourser un centime, a refait surface après quatre années d'emprisonnement. Ce malade de la fauche a profité de son séjour à l'ombre pour écrire un livre et stigmatiser au passage les musées dont les systèmes de protection sont pour la plupart nuls, ce qui lui a donné l'occasion d'être invité sur des plateaux de télévision pour raconter son histoire qui, loin d'être édifiante, a dû rappeler de mauvais souvenirs à bon nombre de ses victimes.. C'est ainsi qu'il a prétendu être guéri de son vice qui avait notamment poussé sa mère à détruire de nombreux objets ou à les jeter dans le Rhin en apprenant ses méfaits mais cela ne l'a bizarrement pas empêché d'aller voler un vêtement de luxe peu après sa sortie de prison pour faire plaisir, a-t-il dit, à sa nouvelle compagne. Une erreur qu'il a affirmé regretter lors d'une émission animée par Laurent Ruquier. Poussé dans ses retranchements par les invités de cette émission, il n'a toutefois pas révélé que lors de ses expéditions, il avait été dans des boutiques des Puces de Saint-Ouen dérober des objets dans des vitrines avec l'aide de sa petite amie d'alors, laquelle détournait l'attention des marchands en leur présentant des tableaux à expertiser pendant qu'il opérait avec science pour ouvrir celles-ci subrepticement. A l'évidence, ces objets étaient loin d'avoir la valeur de ceux qu'il volait dans des musées, ce qui a donné à penser qu'il les revendait pour assurer sa subsistance. Breitwieser pourrait bien être responsable des disparitions d'un tableau de Corot au Louvre et d'un Sisley au Musée des Beaux-Arts d'Orléans vraisemblablement revendus à des acheteurs liés à la mafia russe. D'abord incarcéré en Suisse pour au moins un vol commis dans ce pays, il avait notamment adressé une lettre à son ex-petite amie qui venait de le quitter pour un autre en la menaçant bizarrement de représailles de la part de la mafia moscovite tout en se glorifiant de nombreux forfaits jusque là ignorés. Difficile alors de croire que c'était par pur plaisir qu'il avait commis ses innombrables vols. Passer à la télévision a permis à Breitwieser de fanfaronner mais cela l'a amené à montrer son vrai visage, c'est à dire celui d'un bonhomme doté en fait d'un esprit étroit en dépit de son air cabotin. Désireux de se valoriser à tout prix, il a semblé cynique et pathétique à la fois. Ayant eu la chance de ne pas se faire prendre durant des années, ce qui au fil du temps avait décuplé son audace tout en lui procurant un sentiment d'impunité, ce personnage a finalement montré face à la caméra l'image d'un raté invétéré en débitant un discours farfelu qui n'a trompé personne. Bref, pour attirer l'attention des autres, il suffit aujourd'hui de sortir de la légalité pour éviter de ramer durant des lustres lorsqu'on espère atteindre la célébrité. Il a donc semblé pour le moins regrettable pour les médias d'accorder autant de publicité à un tel prédateur qui de surcroît a eu un comportement criminel en privant des dizaines de musées de pièces uniques qui avaient survécu durant des siècles pour porter témoignage de la richesse du patrimoine européen. Quatre ans de prison, cela n'a pas été cher payé pour Breitwieser qui aurait dû subir une peine plus lourde pour ses méfaits. Dimanche 8 octobre 2006, les chineurs levés tôt aux aurores ont fait pour la plupart chou blanc à la foire à la brocante de Garches qui a ressemblé à un triste royaume de la drouille. Les temps ont bien changé car naguère, ceux-ci repartaient rarement les mains vides de cet endroit. Ce vendredi 13 octobre 2006 a été présenté comme le jour de la chance pour les joueurs, ce qui a poussé un audacieux à pousser les enchères jusqu'à 5 200 euros au marteau salle 15 à Drouot pour une petite huile représentant une femme rondouillarde affublée de binocles et portant la signature de Manet. Le téméraire a joué gros car les chances de faire authentifier son acquisition sont plutôt quasiment nulles depuis la mort de Daniel Wildenstein qui fut le spécialiste patenté du peintre. A 500 euros, le jeu en valait à chandelle à dix fois cette somme l'acheteur a eu de quoi se brûler.
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Mauvaise nouvelle, Stéphane Breitwieser, ce fou d'art un genre particulier qui joua les prédateurs dans de nombreux musées en France et Europe en volant de magnifiques objets d'art et tableaux pour se constituer une collection de rêve sans débourser un centime, a refait surface après quatre années d'emprisonnement. Ce malade de la fauche a profité de son séjour à l'ombre pour écrire un livre et stigmatiser au passage les musées dont les systèmes de protection sont pour la plupart nuls, ce qui lui a donné l'occasion d'être invité sur des plateaux de télévision pour raconter son histoire qui, loin d'être édifiante, a dû rappeler de mauvais souvenirs à bon nombre de ses victimes.. C'est ainsi qu'il a prétendu être guéri de son vice qui avait notamment poussé sa mère à détruire de nombreux objets ou à les jeter dans le Rhin en apprenant ses méfaits mais cela ne l'a bizarrement pas empêché d'aller voler un vêtement de luxe peu après sa sortie de prison pour faire plaisir, a-t-il dit, à sa nouvelle compagne. Une erreur qu'il a affirmé regretter lors d'une émission animée par Laurent Ruquier. Poussé dans ses retranchements par les invités de cette émission, il n'a toutefois pas révélé que lors de ses expéditions, il avait été dans des boutiques des Puces de Saint-Ouen dérober des objets dans des vitrines avec l'aide de sa petite amie d'alors, laquelle détournait l'attention des marchands en leur présentant des tableaux à expertiser pendant qu'il opérait avec science pour ouvrir celles-ci subrepticement. A l'évidence, ces objets étaient loin d'avoir la valeur de ceux qu'il volait dans des musées, ce qui a donné à penser qu'il les revendait pour assurer sa subsistance. Breitwieser pourrait bien être responsable des disparitions d'un tableau de Corot au Louvre et d'un Sisley au Musée des Beaux-Arts d'Orléans vraisemblablement revendus à des acheteurs liés à la mafia russe. D'abord incarcéré en Suisse pour au moins un vol commis dans ce pays, il avait notamment adressé une lettre à son ex-petite amie qui venait de le quitter pour un autre en la menaçant bizarrement de représailles de la part de la mafia moscovite tout en se glorifiant de nombreux forfaits jusque là ignorés. Difficile alors de croire que c'était par pur plaisir qu'il avait commis ses innombrables vols. Passer à la télévision a permis à Breitwieser de fanfaronner mais cela l'a amené à montrer son vrai visage, c'est à dire celui d'un bonhomme doté en fait d'un esprit étroit en dépit de son air cabotin. Désireux de se valoriser à tout prix, il a semblé cynique et pathétique à la fois. Ayant eu la chance de ne pas se faire prendre durant des années, ce qui au fil du temps avait décuplé son audace tout en lui procurant un sentiment d'impunité, ce personnage a finalement montré face à la caméra l'image d'un raté invétéré en débitant un discours farfelu qui n'a trompé personne. Bref, pour attirer l'attention des autres, il suffit aujourd'hui de sortir de la légalité pour éviter de ramer durant des lustres lorsqu'on espère atteindre la célébrité. Il a donc semblé pour le moins regrettable pour les médias d'accorder autant de publicité à un tel prédateur qui de surcroît a eu un comportement criminel en privant des dizaines de musées de pièces uniques qui avaient survécu durant des siècles pour porter témoignage de la richesse du patrimoine européen. Quatre ans de prison, cela n'a pas été cher payé pour Breitwieser qui aurait dû subir une peine plus lourde pour ses méfaits. Dimanche 8 octobre 2006, les chineurs levés tôt aux aurores ont fait pour la plupart chou blanc à la foire à la brocante de Garches qui a ressemblé à un triste royaume de la drouille. Les temps ont bien changé car naguère, ceux-ci repartaient rarement les mains vides de cet endroit. Ce vendredi 13 octobre 2006 a été présenté comme le jour de la chance pour les joueurs, ce qui a poussé un audacieux à pousser les enchères jusqu'à 5 200 euros au marteau salle 15 à Drouot pour une petite huile représentant une femme rondouillarde affublée de binocles et portant la signature de Manet. Le téméraire a joué gros car les chances de faire authentifier son acquisition sont plutôt quasiment nulles depuis la mort de Daniel Wildenstein qui fut le spécialiste patenté du peintre. A 500 euros, le jeu en valait à chandelle à dix fois cette somme l'acheteur a eu de quoi se brûler.
Mercredi 18 octobre 2006, la foire du Bourget a été plutôt foireuse pour la plupart des chineurs venus en masse dans l'espoir de faire un coup après avoir galéré depuis le mois de juillet. Trouver l'objet rare a été comme chercher une aiguille dans une meule de foin. Steve Wynn, le milliardaire américain qui a fait fortune dans le domaine des casinos, n'a lui pas besoin d'aller chiner pour s'offrir des chefs d'oeuvres. Il lui suffit d'enchérir dans les grandes ventes pour rafler à coups de millions de dollars ce qui lui fait plaisir. En 1997, il avait acquis pour 48,4 millions de dollars "Le Rêve" de Picasso, un splendide tableau représentant sa maîtresse Marie-Thérèse Walter réalisé en 1932. A l'évidence, son but était de faire fructifier son investissement puisque la plupart des grands collectionneurs de la planète font de même. Justement, la cote du maître espagnol n'ayant pas cessé de grimper, il avait récemment trouvé le moyen de le revendre à un amateur fortuné pour 139 millions de dollars avec un joli bénéfice à la clé. Pour célébrer cette vente de la plus belle des manières, Steve Wynn a donc organisé une fête au cours de laquelle ont été conviés ses amis les plus proches afin que ceux-ci admirent l'oeuvre une dernière fois chez lui. Ayant posé le tableau sur un chevalet, Steve Wynn s'est alors mis à gesticuler en se vantant de son talent d'homme d'affaires, mais soudainement, son coude est parti droit dans la toile qui, au grand effroi de l'assistance, s'est retrouvée d'un coup déchirée. "Oh merde, regardez ce que j'ai fait !", s'est alors écrié Steve Wynn qui s'est senti tout bête devant ses amis avant d'apprendre un peu plus tard que le collectionneur du Connecticut à qui il avait fourgué son tableau n'en voulait plus au prétexte qu'il aurait perdu son caractère original une fois restauré. Cet accident, digne d'un gag tiré d'un film burlesque, ne serait probablement pas arrivé si le milliardaire ne souffrait pas d'une maladie de l'oeil, la retinitis pigmentosa, qui affecte la vision périphrique. Pour une simple perforation de cinq centimètre sur l'avant-bras gauche de la maîtresse de Picasso, en voilà un qui s'est donc privé de réaliser une bonne affaire. Avec "Le Rêve" transformé en cauchemar, Steve Wynn n'a pas manqué de gagner le surnom de Steve Lose.
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