20 MILLIONS D'EUROS POUR CONSERVER UNE SCULPTURE EGYPTIENNE
Vendredi 2 octobre, le gouvernement britannique a prolongé jusqu'au 29 mars 2016 son interdiction de sortie du territoire pour une sculpture égyptienne connue sous le nom de "Sekhemka" en attendant que des mécènes puissent réunir 20 millions d'euros pour la conserver.
La municipalité de Northampton s'est sentie obligée de vendre l'été dernière chez Christie's cette pièce datant d'entre 2400 et 2300 avant J.-C. représentant un inspecteur des scribes royaux dans le but de financer la rénovation de ses institutions culturelles mais une telle initiative leur avait valu d'être exclues de l'Association des musées britanniques pour n'avoir pas respecté ses codes de conduite.
Son acquéreur étranger devra donc attendre encore six mois avant de savoir si cette sculpture pourra être exportée tandis que Mamdouh Eldamaty, le ministre des Antiquités égyptiennes, s'est manifesté pour réclamer sa restitution.
RAMDAM A PEKIN
Lors de l'inauguration de la sixième Biennale d'art de Pékin, trois hommes d'origine azerbaidjanaise ont tenté de détruire des oeuvres de l'artiste et photographe Karen Mirzoyan exposées dans le pavillon arménien.
Censés faire partie de l'équipe chargée de la sécurité du pavillon, ceux-ci ont été stoppés dans leur tentative sans qu'on ait encore su quelles étaient leurs motivations.
La Biennale de Pékin est sponsorisée par le gouvernement chinois pour favoriser les liens avec d'autres pays. Cette année, l'Arménie, le Chili, l'Afrique du Sud, le Canada et l'Équateur étaient les invités d'honneur de l'événement et prenaient part à l'exposition qui coïncide avec le centenaire du génocide arménien.
Le commissaire d'exposition du pavillon a tenu à dire que les oeuvres visées n'avaient aucun caractère politique.
LE PROCES CONCERNANT LA GALERIE KNOEDLER FERA DU BRUIT
L'affaire de faux vendus par la Galerie Knoedler de New York trouvera son épilogue lors d'un procès décidé par un juge fédéral qui sera appelé à faire du bruit.
Jusqu'à présent, les diverses plaintes déposées contre la galerie accusée d'avoir vendu pour 60 millions de dollars de faux ont abouti à des arrangements à l'amiable.
Ann Freedman, l'ancienne directrice de la galerie, avait déclaré en 2012 qu'il était navrant que celle-ci fût obligée de fermer après 165 ans d'activité mais les faits qui lui furent reprochés étaient trop graves pour croire qu'elle pourrait s'en tirer à bon compte.
Son procès et celui de ses comparses présumés aura donc bien lieu après la décision prise par certains de ses acheteurs de maintenir leurs poursuites, notamment le collectionneur John Howard et Domenico de Sole, l'ancien patron de Gucci aujourd'hui membre du comité directeur de Sotheby's, qui avaient respectivement acquis auprès d'elle un faux de Kooning et un faux Rothko.
Selon les conclusions du juge, les preuves apportées par De Sole sont suffisantes pour montrer que la galerie avait trompé nombre de collectionneurs durant une décennie.
Les deux tableaux incriminés avaient été peints avec d'autres dans un atelier du quartier de Queens par Pei-Shen Qian, un artiste chinois aujourd'hui réfugié dans son pays, et ce, à la demande du marchand Jose Carlos Bergantiños Diaz and de Glafira Rosales, alors sa compagne, qui avaient fourni à la galerie de fausses provenances.
La fermeture de la galerie Knoedler en 2011 avait coïncidé avec une première plainte déposée par le financier Pierre LaGrange à propos d'un faux Pollock, une affaire résolue plus tard à l'amiable tandis qu'après son arrestation en 2013, Rosales avait accepté de coopérer avec la police en espérant être condamnée à une peine légère.
Luke Nikas, l'avocat d'Ann Freedman, a regretté la décision du juge tout en affirmant que sa cliente aura enfin l'occasion de prouver sa bonne foi après avoir sans cesse affirmé qu'elle ignorait que les tableaux proposés par Diaz et Rosales étaient faux.
Rosales reste dans l'attente d'une sentence tandis que Diaz et son frères n'ont toujours pas été extradés d'Espagne où ils avaient été arrêtés puis libérés sur caution.
DES PHOTOS DE BASQUIAT JUGEES "LUBRIQUES"
Chargé de la protection de l'oeuvre de Jean-Pierre Basquiat, la fondation portant le nom de l'artiste n'a pas apprécié la mise en ligne par le site Internet Animal New York de photographies le montrant nu allongé sur un matelas, en le faisant savoir par avocat qui l'a sommé de les retirer au motif qu'elles étaient "lubriques".
Au lieu de se soumettre à l'injonction de l'avocat de la fondation, le site rebaptisé Ratter depuis juillet dernier, a publié son e-mail réclamant leur retrait.
Prises dans les années 1980 par Paige Powell, l'ex petite amie de Basquiat, ces photos en noir et blanc avaient été présentées à la compagnie Suzanne Geiss en 2014.
Lors de cette exposition, Paige Powell avait déclaré que ces clichés constituaient un témoignage sur la vie qu'elle partageait alors avec Basquiat qui assurément les auraient aimées.
Bucky Turco, l'ex-animateur du site Animal New York a déclaré pour sa part que la demande de l'avocat de la fondation était absurde et sans fondement légal et que le fait de les titrer en incluant le terme "lubrique" n'avait certes pas à être pris au sérieux.
John Bobb, un habitant de
Westerville dans l'Ohio, a appris après
avoir reçu la visite du FBI que le portrait du XVIIIe siècle qui trônait dans
son salon depuis 25 ans avait été pillé par les nazis dans un musée polonais
durant la Seconde Guerre Mondiale
Celui-ci avait acheté ce portrait d'un jeune gentilhomme peint en 1728 par Krystof
Lubieniecki auprès des héritiers d'un ancien soldat demeurant à Colombus qui avait fait
partie des troupes US qui occupèrent l'Autriche à la fin de la guerre sans
savoir qu'il l'avait ramené aux Etats-Unis après se l'être approprié comme trésor de guerre.
En
fait, l'oeuvre avait été volée par les nazis au musée national de Varsovie lors
du soulèvement de cette ville en 1944 avant d'être envoyé dans un château en
Autriche.
C'est
à la suite d'un renseignement que le FBI a contacté Bobb pour l'inciter à
restituer ce tableau aux autorités polonaises, ce qu'il a fait en déclarant qu'il
avait grandement apprécié de le voir trôner dans son salon durant un quart de
siècle.
John
et sa femme Janis ont été invités à se rendre à Varsovie pour assister à une
cérémonie célébrant le retour de ce tableau.
On ignore souvent que des milliers d'oeuvres pillées par les nazis avaient été récupérées comme trophées par des soldats américains qui les ramenèrent aux Etats-Unis après la guerre.