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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 721/1346
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    XXXVème Chapitre
    PANIQUE BOURSIERE A TRAVERS LA PLANETE, RUEE SUR L'OR ET L'ART
    11 Août 2011
    Mercredi 10 août 2011, panique sur toutes les places boursières de la planète avec une chute vertigineuse des valeurs bancaires, ce qui a eu pour résultat de pousser le prix du lingot d'or à un niveau record historique de 40 000 euros.

    Une crise de folie a saisi les investisseurs lorsque s'est propagée la rumeur d'une dégradation de la note de la France et d'une situation alarmante pour les banques françaises ayant prêté de l'argent à la Grèce au bord de la faillite, à croire que les spéculateurs auraient encore beaucoup à apprendre des joueurs de poker pour savoir contrôler leurs émotions.

    Bref, le monde n'a guère changé depuis l'effondrement de Wall Street en 1929, la crise du pétrole de 1973, les répercussions de la guerre du Golfe en 1991, celles des attentats du 11 septembre 2001 et de l'intervention américaine en Irak en 2003 sans oublier le tsunami financier et boursier de 2008. Et là, c'est en plein mois d'août où les pays européens sont traditionnellement en vacances que les places financières et boursières ont été frappées.

    En sommeil depuis le début du mois de juillet, le marché de l'art va quant à lui se réveiller vraisemblablement de manière brutale avec le risque de connaître une flambée des prix au niveau des oeuvres recherchées par des spéculateurs en mal de placements sûrs. Ce sera certainement bon pour les grandes maisons de vente ou galeries disposant de pièces de qualité et forcément mauvais pour les antiquaires ou brocanteurs dont la clientèle est constituée de gens issus des classes moyennes actuellement les plus affectées par la crise.

    C'est durant le mois d'août que les commissaires-priseurs et dirigeants de maisons de vente s'activent le plus pour nouer des contacts avec des vendeurs, faire des inventaires ou organiser des vacations d'été dans des cités estivales en combinant leurs vacances avec le travail en préparant la rentrée d'arrache-pied.

    Bref, le monde de l'art est dans les starting blocks bien avant la reprise des ventes qui promet d'être sacrément effervescente pour certains et angoissante pour d'autres si jamais la crise s'aggravait pour conduire le monde dans le précipice de la récession. Il aurait pourtant suffi au monde de la finance de se rappeler la devise "c'est en août qu'on risque d'être out" pour qu'il s'épargne de tomber en dépression après avoir fait subir un régime draconien à la Grèce histoire de retrouver la ligne en oubliant qu'il allait être victime de ses propres excès.

    C'est aussi durant ce mois d'août où le temps devient suspendu dans maints pays européens que l'expert Werner Spies, le spécialiste de Max Ernst, aura peut-être trouvé matière à réfléchir à propos de sa déconvenue concernant l'authentification d'oeuvres de cet artiste plagiées par le génial faussaire allemand Wolfgang Fischer-Beltracci que sa femme et sa belle-soeur avaient réussi à vendre aux enchères ou à fourguer à d'importants galeristes.

    Après avoir dit dans une interview au "Monde" qu'il avait entrepris un véritable travail d'archéologue en recensant l'oeuvre d'Ernst qui n'avait rien archivé pour répertorier 6000 oeuvres après en avoir éliminé près de 400 en ne commettant selon lui que sept erreurs, Spies a peut-être fini par reconnaître d'avoir eu le tort de s'être pris pour un démiurge d'autant plus que rien ne dit qu'il aurait peut-être commis des bourdes concernant certaines des oeuvres qu'il avait rejetées. Dur, dur d'être expert...
     
    Publication par le Ministère de la Culture de la dernière liste des promotions de l'ordre des Arts et Lettres avec parfois des récipiendiaires vraiment peu connus dont la carrière n'a pas eu de quoi laisser de souvenir mémorable. Logiquement, cette distinction devrait être octroyée à des gens dont les accomplissements ne souffriraient pas d'être discutés. Or, ce n'est pas vraiment le talent ou l'ensemble d'une carrière qui prime en la circonstance mais l'aptitude d'un candidat à bénéficier d'un appui de poids pour obtenir sa décoration. A ce compte là, mieux vaut de s'enorgueillir de figurer en bonne place sur Google que d'arborer un ruban dont la signification n'a plus grande importance. Et artcult, direz-vous. Eh bien, malgré 15 années d'existence, 18 000 pages en ligne, 29 millions de visites, pas même une médaille en chocolat que le Chevalier de la Barre n'aurait peut-être pas dénigrée...

    Passons pour signaler que le fils d'un grand antiquaire parisien s'est montré digne de son père en trouvant comme client un Russe richissime qui l'a chargé de meubler de fond en comble sa résidence moscovite de 6000 mètres carrés, de quoi le mettre à financièrement l'abri durant plusieurs années. Bref, on trouve encore des antiquaires qui s'enrichissent malgré la crise.

    Poursuite des vols de cornes de rhinocéros a travers l'Europe. Interpol a finalement pu dresser les portraits-robots des suspects. Ceux-ci seraient en fait issus de la communauté des travellers, des gens du voyage originaires d'Irlande déjà impliqués dans des trafics de stupéfiants, des affaires de vols a main armée ou d'escroqueries qui ont sillonné de nombreux pays pour voler ces fameuses cornes dans des musées ou chez des particuliers en vue de les revendre a des prix faramineux à des commanditaires asiatiques friands de ces attributs réputés posséder des vertus aphrodisiaques.

    Le 12 aout, après avoir attaqué à la National Gallery of Art de Washington  en avril dernier "Deux Tahitiennes",  une œuvre de Gauguin, la dénommée Susan Burns a récidivé dans ce même musée en tentant cette fois de détruire une œuvre de Matisse de 1919, Le chapeau à plumes estimée à 2,5 millions de dollars.

    Cette femme de 53 ans qui semble soit dérangée soit maladivement en quête de publicité, s'est directement dirigée vers la toile en saisissant le cadre et le cognant plusieurs fois contre un mur avant d'être neutralisée par des agents de sécurité. Le cadre a subi d'importants dégâts mais la toile a heureusement  été épargnée.

    Transférée dans un service psychiatrique pour y être « surveillée étroitement » , Susan Burns avait déclaré travailler pour la CIA lors de son procès tout en ajoutant qu'elle avait une radio implantée dans le crâne et qu'elle haïssait la peinture de Gauguin, la trouvant immorale par la nudité des sujets représentés.

    Volé le 13 août dans un palace de Los Angeles, un rare dessin de Rembrandt estimé à plus de 250 000 dollars a été retrouvé 3 jours plus tard dans une église suite à un appel téléphonique anonyme.

    "Le Jugement', un dessin signé et daté de 1655, était exposé au Ritz-Carlton Hotel, accroché au mur d'un salon privé, lorsqu'un visiteur demanda à un responsable l'autorisation de le regarder de plus près. Quelques minutes plus tard, l'oeuvre avait disparu.





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