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Un peintre de tableaux érotiques donne un tour de vice à son oeuvre... (AD)
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XVème Chapitre
Un album de Baldus pour 50 euros
01 Avril 2002 |
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Samedi 13 avril, rien de bien d'intéressant au marché de Vanves où règne un temps hivernal. Dans la froidure du matin, les chineurs pressent le pas devant des étals n'offrant que de la drouille et finissent rapidement par aller se réchauffer dans une boulangerie-salon de thé qui, elle, ne désemplit pas. Ce n'est certainement pas à Vanves qu'il fallait traîner ses guêtres mais à la foire à la brocante du boulevard de Ménilmontant où un heureux veinard a mis la main sur un album contenant une cinquantaine de photographies du célèbre Edouard Baldus représentant les constructions des gares parisiennes ainsi que des locomotives et ce, pour la modique somme de 50 euros. Très contrit d'avoir manqué ce trésor, un brocanteur a tenté de racheter l'album à celui qui venait de l'acquérir mais ce dernier l'a gentiment envoyé balader sachant probablement que ce lot de photographies du début de la seconde moitié du XIXe siècle pouvait atteindre un prix mirifique dans une vente aux enchères. Baldus (1813-1882) est un nom mythique de la photographie et les prix de ses clichés sont sans cesse en augmentation, comme on l'a constaté récemment lors de la vente Jammes. La plupart se vendent entre 1000 et 4 000 euros mais certains peuvent dépasser la barre de 100 000 euros l'unité. Autant dire qu'en fonction des sujets traités, cet album pourrait valoir près de 130 000 euros, un pactole qui permettra assurément à son acquéreur de vivre confortablement durant quelque temps… Dimanche 14 avril, la foire à la brocante de Garches est envahie de chineurs dès six heures du matin mais là encore, la plupart ont fait chou blanc alors qu'ils auraient été mieux inspirés d'être présents au déballage de la place des Ternes où Chester Fielx, toujours lui, a trouvé pour 400 euros un collage de Le Corbusier qu'il a aussitôt revendu au triple de son prix d'achat.
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Samedi 13 avril, rien de bien d'intéressant au marché de Vanves où règne un temps hivernal. Dans la froidure du matin, les chineurs pressent le pas devant des étals n'offrant que de la drouille et finissent rapidement par aller se réchauffer dans une boulangerie-salon de thé qui, elle, ne désemplit pas. Ce n'est certainement pas à Vanves qu'il fallait traîner ses guêtres mais à la foire à la brocante du boulevard de Ménilmontant où un heureux veinard a mis la main sur un album contenant une cinquantaine de photographies du célèbre Edouard Baldus représentant les constructions des gares parisiennes ainsi que des locomotives et ce, pour la modique somme de 50 euros. Très contrit d'avoir manqué ce trésor, un brocanteur a tenté de racheter l'album à celui qui venait de l'acquérir mais ce dernier l'a gentiment envoyé balader sachant probablement que ce lot de photographies du début de la seconde moitié du XIXe siècle pouvait atteindre un prix mirifique dans une vente aux enchères. Baldus (1813-1882) est un nom mythique de la photographie et les prix de ses clichés sont sans cesse en augmentation, comme on l'a constaté récemment lors de la vente Jammes. La plupart se vendent entre 1000 et 4 000 euros mais certains peuvent dépasser la barre de 100 000 euros l'unité. Autant dire qu'en fonction des sujets traités, cet album pourrait valoir près de 130 000 euros, un pactole qui permettra assurément à son acquéreur de vivre confortablement durant quelque temps… Dimanche 14 avril, la foire à la brocante de Garches est envahie de chineurs dès six heures du matin mais là encore, la plupart ont fait chou blanc alors qu'ils auraient été mieux inspirés d'être présents au déballage de la place des Ternes où Chester Fielx, toujours lui, a trouvé pour 400 euros un collage de Le Corbusier qu'il a aussitôt revendu au triple de son prix d'achat.
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