Mercredi 6 février à l'Hôtel Drouot, au moment même où passe en vente une gouache sur plaque d'ivoire intitulée « Le Baptême du Christ» et mentionnée au catalogue comme étant de l'artiste français Pierre Mignard (1612-1695), l'expert annonce subitement qu'il s'agit en fait de l'œuvre d'un suiveur de ce peintre. Ce changement d'attribution inattendu, néfaste pour le vendeur de cette pièce, pourrait ainsi amener son acheteur à se prévaloir un jour des indications imprimées sur le catalogue et non corrigées. Cela ferait d'ailleurs plus désordre si cette gouache était présentée dans un grand salon d'antiquités comme étant de la main de Mignard.
D'un point de vue sémantique, le mot « suiveur » concernant ce lot n'a de plus pas semblé très adéquat pour la simple raison que le support en ivoire sur lequel avait été peint la scène du baptême du Christ datait bien, selon sa découpe et son épaisseur, de la fin du XVIIe siècle.
Il semble utile de rappeler que le mot «suiveur» s'applique à tout artiste ayant travaillé plusieurs années après la mort du maître qu'il imitait. Cette plaque en ivoire datant de la fin du XVIIe siècle, donc du vivant de Mignard, l'expert aurait dû plutôt présenter cette scène comme étant de son atelier ou de son entourage. Ce lot s'étant vendu à un prix bien en dessous de son estimation basse alors que le vendeur en espérait plus du double, on se peut se poser des questions sur le revirement soudain de l'expert de cette vente. Peut-être s'est-t-il ravisé en n'étant pas entièrement sûr de l'authenticité de cette œuvre. Peut-être a-t-il été subitement mis mal à l'aise par un connaisseur de l'œuvre de Mignard qui a dû trouver son authentification trop optimiste. Toujours est-il qu'il a commis quelque part une bêtise.