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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
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    LVème Chapitre
    L'EMPREINTE DIGITALE DE LEONARD DE VINCI SUR UN TABLEAU NON TERMINE
    09 Juillet 2019

    Peint en 1482, un tableau de Léonard de Vinci titré « Saint Jérôme » comportant son empreinte digitale  et dont l'origine est entourée de mystère a été prêté par les galeries du Vatican pour être exposé au Metropolitan Museum de New York à l'occasion du 500anniversaire de sa mort.

    Montrant Saint Jérôme en prière à l'entrée d'une caverne avec un lion à ses pieds 'authenticité de ce tableau profondément intimiste mais ébauché en grande partie (notamment les bras du saint, la partie basse de son vêtement, un élément de la grotte à droite et le lion)  est indiscutable. Dans cette œuvre, Vinci avait cherché à traduire une émotion particulière, a déclaré la conservatrice Carmen Banbach en signalant que rares étaient les œuvres de grands maîtres qui pouvaient traduire avec tant de force un tel aspect psychologique.

    Une analyse du panneau a permis de déterminer la présence de l'empreinte digitale de l'artiste sur la partie supérieure gauche de la composition, l'artiste ayant utilisé son doigt pour étaler les pigments et pour créer un effet dans le ciel et le paysage derrière le saint.

    Le tableau est exposé dans une pièce vide pour exprimer toute sa solennité , comme si on l'avait placé dans une chapelle pour exhaler la profonde contemplation voulue par l'artiste pour s'inspirer personnellement de la méditation du saint en prière. Ce tableau avait appartenu à l'artiste Angelika Kauffmann (1741-1807) avant d'être redécouvert à Rome par l'oncle de Napoléon 1er, le cardinal Joseph Fesch.

    Il est indéniable que la tête du saint avait été découpée jusqu'à sa poitrine pour créer une peinture terminée, un fait visible à travers sa repose sur le panneau, Fesch ayant trouvé une partie de celui-ci dans une boutique d'antiquités et le reste chez un bottier. L'œuvre est exposée au Met jusqu'au 15 octobre 2019.

    DES BOMBES A POMPEI

    Les archéologues déterrent toujours de nouvelles merveilles à Pompéi près de 2000 ans après sa destruction par l'éruption du Vésuve mais aussi des bombes non explosées qui avaient été larguées par les forces alliées sur le site durant la Seconde Guerre Mondiale.

    En 1943, l'aviation alliée avait bombardé Pompéi en croyant à tort que des troupes allemandes avaient établi une base sur le site archéologique. Si plusieurs bombes ont pu être enlevées après la libération de l'Italie, dix autres au moins sont restées enfouies dans le sol, notamment dans une zone qui n'a pas encore été fouillée par les archéologues.

    UN PERSONNAGE SULFUREUX SOUS LES VERROUS

    L'arrestation de Jeffrey Epstein pour des affaires de détournement de mineurs a fait des vagues dans le monde de l'art avec de nouvelles accusations portées contre lui, notamment de la part  de Maria Farmer, 49 ans, qui a porté plainte contre lui en affirmant que 24 ans auparavant, il avait abusé de sa sœur, alors âgée de 15 ans, et d'elle en lui faisant croire qu'il faciliterait sa carrière d'artiste tandis qu'une autre femme a poursuivi le professeur en droit d'Harvard Alan Dershowitz en l'accusant d'avoir participé à ses orgies.

    Maria Farmer fréquentait l'Académie des Beaux-Arts de New York lorsqu'elle avait rencontré Epstein en lui vendant lors d'une exposition organisée en 1995 une de ses œuvres à moitié prix contre la promesse de soutenir sa carrière.

    Ce jour là, Epstein était venu en compagnie de Ghislaine Maxwell, une mondaine britannique soupçonnée d'avoir rabattu des jeunes filles pour lui, notamment Virginia Giuffre, la plaignante dans l'affaire Dershowitz, recrutée à 16 ans pour des massages et abusée par le millionnaire qui l'avait ensuite offerte au professeur en droit et d'autres amis.

    Invitée chez Epstein, Maria Farmer a raconté qu'elle avait vu de nombreuses adolescentes, certaines en uniformes de collégiennes, aller et venir dans son appartement de New York où Dershowitz avait ses habitudes en ajoutant qu'il l'avait embauchée pour un projet artistique dans la demeure de son ami Leslie Wexner située dans l'Ohio mais qu'il l'avait violée avec l'aide de Maxwell.

    « J'avais tenté de m'enfuir en décidant d'appeler la police sans toutefois recevoir de réponse alors que les employés de Wexner m'avaient empêchée de partir durant 12 heures jusqu'au moment où mon père était venu du Kentucky jusque dans l'Ohio pour venir me récupérer », a-t-elle précisé dans sa plainte en ajoutant qu'à son retour à New York, elle avait déposé une main courante auprès de la police mais qu'aucune action n'avait été engagée de la part de celle-ci.

    Durant l'été de 1995, Epstein avait fait venir sa jeune sœur pour visiter son ranch du Nouveau-Mexique où il lui avait intimé l'ordre de se déshabiller pour se coucher sur une table de massage où elle avait été abusée par lui et Ghislaine Maxwell tandis que revenue à New York, Maria avait été terrifiée par le duo qui lui avait fait des menaces en disant qu'il ferait en sorte de ruiner sa carrière.

    Epstein avait échappé en 2008 à une lourde condamnation en faisant face à 53 charges de pédophilie après avoir négocié un accord confidentiel avec le procureur du sud de la Floride Alexander Acosta, devenu en 2017 le Secrétaire au Travail de l'administration Trump, lequel a dû démissionner le 12 juillet après la révélation de son rôle magnanime à cette époque, le prévenu n'ayant été condamné que pour avoir sollicité des prostituées pour n'être enregistré que comme un simple délinquant sexuel.

    L'inculpation d'Epstein a embarrassé ses anciens amis Bill Clinton et Donald Trump qui avait dit de lui en 2002 que c'était un « mec super » qui aimait les femmes jeunes tandis que Maria Farmer, qui a dû déménager à plusieurs reprises pour se cacher de ce prédateur, a déclaré qu'elle espérait qu'il paierait enfin pour ses crimes.

    L'EGYPTE ROUVRE DEUX PYRAMIDES AUX VISITEURS

    L'Egypte a annoncé la réouverture de la pyramide courbée du premier pharaon Sneferu et d'une autre au sud du Caire en présentant à cette occasion de nouvelles découvertes de momies du 4e siècle avant J.-C. et d'un mur de 60 mètres de long au sud de la pyramide du pharaon Amenenhet II datant de 4000 ans dans la nécropole de Dashur, sur la rive occidentale du Nil.

    MORT SUSPECTE D'UNE CONSERVATRICE NOIRE

    La police de Baton Rouge (Louisiane) a lancé sur une enquête sur la mort de Sadie Roberts-Joseph, la conservatrice du musée d'arts premiers, d'inventeurs noirs et des boycotts des bus ségrégationnistes de 1953 après la découverte de son corps dans le coffre d'une voiture à 3 km de son domicile le 12 juillet 2019.

    Connue pour être une active militante de la cause des noirs, cette dernière âgée de 75 ans avait créé le Musée de l'histoire afro-américaine dans cette église de Baton Rouge en 2001.

    UN VIEUX COLLECTIONNEUR POURSUIT SON AVOCAT QUI L'A DELESTE D'UN BRANCUSI

    Un collectionneur américain de 88 ans a décidé de poursuivre un avocat de Philadelphie en l'accusant de l'avoir escroqué dans la vente d'un bronze de Brancusi titré « Mademoiselle Pogani II ».

    Stuart Pivar, 88 ans, a indiqué qu'il avait signé un acte de vente en faveur de John McFadden quiu lui avait indiqué qu'il négocierait son bronze avec le Musée de Philadelphie ou qu'il le confierait à Christie's mais au lieu de cela, il avait conservé la pièce en ne luii versant que 100.000 dollars.

    Le plaignant a réclamé un dédommagement de 200 millions de dollars à l'avocat indélicat mais en valeur pure, ce bronze édité à quelques exemplaires par l'assistant de Brancusi entre 1947 et 1951 n'atteindrait pas plus de 50 millions dans une vente aux enchères, sachant que le record pour l'artiste a été établi à 71,8 millions de dollars en mai 2018 chez Christie's avec l'adjudication d'un tirage de « La Jeune fille sophistiquée » (portrait de Nancy Cunard)

    Pivar a commencé à collectionner à 18 ans des sculptures du Moyen Âge, des peintures anciennes, notamment du Greco ou de Goya et des tableaux modernes, dont des toiles de Jackson Pollock, Georgia O'Keefe ou Andy Warhol. Provenant de la succession Antonovici, le  bronze de Brancusi était entré récemment dans sa collection avant que McFadden ne le contacte pour le représenter et profiter de l'occasion pour le vendre en son nom en prétendant que cette combine serait bénéfique pour tous deux.

    Nommé au conseil d'administration de la Fondation Barnes au début de 2019, l'avocat avait pris lui-même possession de la sculpture dans l'appartement de Pivar à New York sans s'assurer des services d'un transporteur en lui assurant qu'il le vendrait au Musée de Philadelphie. Celui-ci était revenu le voir  deux semaines plus tard avec un contrat indiquant qu'il l'achetait pour 100.000 dollars après avoir prétendu qu'il faisait partie du comité directeur de l'institution qui possède une version en marbre de Mademoiselle Pogany I alors que celle-ci l'avait renvoyé pour mauvaise conduite en 2014.

    Désirant venir ensuite aux nouvelles, Pivar avait contacté McFadden qui lui avait répondu à sa grande surprise par email que la transaction était définitive et que la sculpture était désormais sienne. Pivar a donc accusé l'avocat de vol par abus de confiance en affirmant que ce dernier avait cherché à s'emparer de l'œuvre par un subterfuge malhonnête. « Il était mon avocat et m'avait dit : signez ici et que faites-vous lorsque votre conseil vous engage à vous exécuter ? », a-t-il demandé en admettant qu'il n'avait même pas obtenu une copie du contrat de vente.

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