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Un homme sans idées peut-il avoir un idéal ?
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Le journal d'un fou d'art
Chapitre :
29 titres
XXVIème Chapitre
LES FAUX MEUBLES ART DECO NE SEMBLENT PAS FAIRE DEFAUT
24 Mai 2007 |
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Jeudi 24 mai 2007, rencontre à l'Hôtel Drouot avec un spécialiste du domaine de l'Art Déco qui s'est dit outré d'avoir vu passer en vente des copies d'un créateur des années 1930 dont les meubles sont désormais très recherchés sur le marché de l'art. Info ou intox ? Ce marchand a répondu qu'en dehors de ce qu'il avait pu voir, il avait toutes les raisons de croire que d'autres rumeurs qu'il avait entendues à ce sujet étaient fondées.
Ces faux dont il est question seraient écoulés par un marchand, décrit comme virulent par certains de ses confrères, lequel les ferait fabriquer par un ébéniste réputé qui au passage serait souvent appelé par des groupes de vente pour authentifier des meubles du créateur dont ce spécialiste n'a pas voulu révéler le nom, livrant pour seul indice l'arrondissement où ces faux seraient vendus, ce qui, a-t-il ajouté, était suffisant pour remonter la piste du trafic.
Ce spécialiste a cependant été plus disert au sujet de la combine astucieuse montée par le marchand en question puisque ce dernier ferait passer les copies en vente par le biais d'un prête-nom pour ensuite s'en porter acquéreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que de la sorte, ces copies deviennent "authentiques " par le biais des factures d'un groupe de vente qu'il ne se priverait pas de produire devant ses clients, notamment de nombreux Américains, en demandant un prix d'environ 30% supérieur à celui de leur adjudication.
" Ce personnage vend ainsi via un prête-nom les copies réalisées pour son compte par cet ébéniste puis le faux vendeur lui rétrocède une bonne partie de la vente avant que celui-ci aille les vendre dans sa boutique en faisant un bénéfice de 20 à 30% sur les prix payés en salle de vente mais comme il s'agit en fait de faux, vendus comme vrais à parfois plus de 400000 euros, sa marge est énorme à travers ce procédé des plus malhonnêtes", a spécifié mon interlocuteur qui s'est dit persuadé qu'un scandale éclatera tôt ou tard concernant ce créateur plagié dont il a tu le nom de peur de subir des menaces de la part du marchand indélicat.
Le domaine de l'Art Déco a eu le vent en poupe sur le marché depuis plus d'une décennie. Résultat: les prix ont explosé d'autant plus que les bonnes pièces ont fini par devenir rares. Certains marchands se sont donc lancés dans la fabrication de belles copies, présentées la plupart du temps comme telles à leurs clients, mais d'autres, moins épris d'honnêteté, ont opté pour la diffusion de faux. D'ailleurs, on peut remonter jusqu'au milieu des années 1980 pour recenser certains scandales, notamment lorsqu'on vit apparaître sur le marché nombre de sculptures en bronze et ivoire reprenant fidèlement des modèles des années 1920 écoulés par un professionnel qui eut ensuite des ennuis avec la justice. A cette époque, j'avais aussi rencontré un talentueux ébéniste américain qui, se disant très sollicité par des marchands de son pays pour ses magnifiques copies de meubles Art Déco, désirait s'installer en France pour monter une affaire qu'il sentait juteuse.
Samedi 26 mai 2007, rien de marquant au marché de Vanves où les trouvailles ont été rares pour les chineurs et pourtant, il y a eu une découverte à faire en la personne de l'artiste Dominique Dubien dont les œuvres de style Art Brut exposées sur le trottoir ont d'ailleurs fini par intéresser quelques amateurs, dont le patron d'Europe 1 qui en a acheté une série pour décorer ses bureaux.
Pour l'instant, ses tableaux colorés et amusants mêlant des personnages de BD avec des visages et des symboles, ne sont vendus qu'aux alentours de 300 euros pièce mais cette fille énergique avec des airs de garçon manqué qu'est Dominique Dubien n'est plus vraiment une inconnue au point que le déclic pourrait bien survenir d'ici peu pour qu'elle devienne sur le marché une nouvelle Marlene Dumas qui, elle, a déjà franchi allègrement la barre du million de dollars chez Christie's et ailleurs. Bref, on ne peut penser que du bien de ces œuvres ludiques qu'on a pu déjà découvrir dans les pages décoration de certains grands magazines. Elles sont déjà faites pour égayer les intérieurs et pourraient bientôt intéresser surtout les amateurs avides de découvrir des artistes contemporains aptes à devenir des valeurs sûres. Partie de rien, Dubien sera peut-être de ceux-là...
Dimanche 27 mai 2007, pluie battante à Saint-Ouen, ce qui a dégoûté les chineurs et les touristes de venir aux Puces. Vers 14 heures nombre de marchands du marché Biron ont d'ailleurs piqué du nez pour faire la sieste faute d'avoir pu apercevoir des visiteurs. Avec ses ponts, l'élection présidentielle et le sale temps qui a prédominé ces trois dernières semaines, le mois de mai a été plutôt pourri pour les brocs de Paris et de sa région.
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Jeudi 24 mai 2007, rencontre à l'Hôtel Drouot avec un spécialiste du domaine de l'Art Déco qui s'est dit outré d'avoir vu passer en vente des copies d'un créateur des années 1930 dont les meubles sont désormais très recherchés sur le marché de l'art. Info ou intox ? Ce marchand a répondu qu'en dehors de ce qu'il avait pu voir, il avait toutes les raisons de croire que d'autres rumeurs qu'il avait entendues à ce sujet étaient fondées.
Ces faux dont il est question seraient écoulés par un marchand, décrit comme virulent par certains de ses confrères, lequel les ferait fabriquer par un ébéniste réputé qui au passage serait souvent appelé par des groupes de vente pour authentifier des meubles du créateur dont ce spécialiste n'a pas voulu révéler le nom, livrant pour seul indice l'arrondissement où ces faux seraient vendus, ce qui, a-t-il ajouté, était suffisant pour remonter la piste du trafic.
Ce spécialiste a cependant été plus disert au sujet de la combine astucieuse montée par le marchand en question puisque ce dernier ferait passer les copies en vente par le biais d'un prête-nom pour ensuite s'en porter acquéreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que de la sorte, ces copies deviennent "authentiques " par le biais des factures d'un groupe de vente qu'il ne se priverait pas de produire devant ses clients, notamment de nombreux Américains, en demandant un prix d'environ 30% supérieur à celui de leur adjudication.
" Ce personnage vend ainsi via un prête-nom les copies réalisées pour son compte par cet ébéniste puis le faux vendeur lui rétrocède une bonne partie de la vente avant que celui-ci aille les vendre dans sa boutique en faisant un bénéfice de 20 à 30% sur les prix payés en salle de vente mais comme il s'agit en fait de faux, vendus comme vrais à parfois plus de 400000 euros, sa marge est énorme à travers ce procédé des plus malhonnêtes", a spécifié mon interlocuteur qui s'est dit persuadé qu'un scandale éclatera tôt ou tard concernant ce créateur plagié dont il a tu le nom de peur de subir des menaces de la part du marchand indélicat.
Le domaine de l'Art Déco a eu le vent en poupe sur le marché depuis plus d'une décennie. Résultat: les prix ont explosé d'autant plus que les bonnes pièces ont fini par devenir rares. Certains marchands se sont donc lancés dans la fabrication de belles copies, présentées la plupart du temps comme telles à leurs clients, mais d'autres, moins épris d'honnêteté, ont opté pour la diffusion de faux. D'ailleurs, on peut remonter jusqu'au milieu des années 1980 pour recenser certains scandales, notamment lorsqu'on vit apparaître sur le marché nombre de sculptures en bronze et ivoire reprenant fidèlement des modèles des années 1920 écoulés par un professionnel qui eut ensuite des ennuis avec la justice. A cette époque, j'avais aussi rencontré un talentueux ébéniste américain qui, se disant très sollicité par des marchands de son pays pour ses magnifiques copies de meubles Art Déco, désirait s'installer en France pour monter une affaire qu'il sentait juteuse.
Samedi 26 mai 2007, rien de marquant au marché de Vanves où les trouvailles ont été rares pour les chineurs et pourtant, il y a eu une découverte à faire en la personne de l'artiste Dominique Dubien dont les œuvres de style Art Brut exposées sur le trottoir ont d'ailleurs fini par intéresser quelques amateurs, dont le patron d'Europe 1 qui en a acheté une série pour décorer ses bureaux.
Pour l'instant, ses tableaux colorés et amusants mêlant des personnages de BD avec des visages et des symboles, ne sont vendus qu'aux alentours de 300 euros pièce mais cette fille énergique avec des airs de garçon manqué qu'est Dominique Dubien n'est plus vraiment une inconnue au point que le déclic pourrait bien survenir d'ici peu pour qu'elle devienne sur le marché une nouvelle Marlene Dumas qui, elle, a déjà franchi allègrement la barre du million de dollars chez Christie's et ailleurs. Bref, on ne peut penser que du bien de ces œuvres ludiques qu'on a pu déjà découvrir dans les pages décoration de certains grands magazines. Elles sont déjà faites pour égayer les intérieurs et pourraient bientôt intéresser surtout les amateurs avides de découvrir des artistes contemporains aptes à devenir des valeurs sûres. Partie de rien, Dubien sera peut-être de ceux-là...
Dimanche 27 mai 2007, pluie battante à Saint-Ouen, ce qui a dégoûté les chineurs et les touristes de venir aux Puces. Vers 14 heures nombre de marchands du marché Biron ont d'ailleurs piqué du nez pour faire la sieste faute d'avoir pu apercevoir des visiteurs. Avec ses ponts, l'élection présidentielle et le sale temps qui a prédominé ces trois dernières semaines, le mois de mai a été plutôt pourri pour les brocs de Paris et de sa région.
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