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Le journal d'un fou d'art

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XXVIème Chapitre
DECOUVERTE D'UN FABULEUX TRESOR
20 Mai 2007

Vendredi 18 mai 2007, morne atmosphère au marché aux Puces de Saint-Ouen, déserté en grande partie par ses marchands pour cause de pont de l'Ascension. En fait d'ascension, c'est plutôt une descente aux enfers pour les brocanteurs soumis aux aléas du mois de mai auxquels s'est ajoutée la parenthèse de l'élection présidentielle.

 

Et pourtant, il y avait quand même un truc valable qui traînait dans un stand, à savoir une gouache du milieu du XVIe siècle, vraisemblablement de Jean Decourt, représentant le cardinal Charles ou Louis de Guise, dénichée à 700 euros par "Michael le puits de science".

 

A part cela, il n'y avait que quelques potins à recueillir ici et là, comme de la part de ce chineur venu consulter un expert en tableaux anciens pour vendre 2 tableaux de Boilly que celui-ci a généreusement estimés entre 3000 et 4000 euros alors que le dernier résultat aux enchères pour une oeuvre similaire de cet artiste dépassait les 13000 euros. Réponse de l'expert: "Boilly ne se vend plus aussi correctement et le marché est devenu plutôt instable". Répartie du tac au tac du chineur: "Pourquoi donc continuer à exercer votre métier si les choses ne vont pas aussi bien ?"

 

"J'ai de plus en plus de mal à accepter cette surdité tactique adoptée par certains experts", m'a déclaré ce quidam qui a tout de même pris la résolution de contacter  un autre confrère de ce spécialiste pour mettre ces deux tableaux en vente avec l'espoir de les voir atteindre des enchères acceptables.

 

Surdité tactique, voilà une belle terminologie pour qualifier l'attitude d'un expert qui veut se montrer évasif ou peu enclin à donner des estimations plus justes.

 

Dans la journée, un porte-parole du groupe Odyssey Marine Exploration, une société américaine de prospection en mer, a annoncé avoir découvert au sud-ouest de l'Angleterre un fabuleux trésor composé de plus de 30 tonnes de pièces d'argent et d'or d'une valeur de près de 600 millions d'euros.

 

Ce fantastique butin a été retrouvé dans l'épave d'un navire marchand anglais qui avait coulé au XVIIIe siècle dans l'Atlantique dans une zone qui n'a pas été dévoilée afin de ne pas y attirer des chasseurs d'épaves. Déjà, les plongeurs d'Odyssey ont remonté à la surface 17 tonnes de pièces de monnaie dans un état de conservation exceptionnel, ce qui ne va pas manquer d'exciter l'intérêt des collectionneurs à travers le monde.

 

Pour l'instant l'identité du navire, dont la société Odyssey a donné pour nom de code « Le Cygne Noir », est restée secrète afin de protéger les recherches effectuées en mer. En effet, si le nom de ce bâtiment avait été divulgué, nombre de chasseurs de trésors attirés par ce qui reste au fond de l'eau de ce fabuleux trésor, auraient pu sans trop de peine localiser l'endroit où il avait coulé en allant consulter les archives maritimes anglaises ou les registres de la Lloyd's, laquelle assurait la plupart des navires, quoiqu'il ne serait finalement pas très difficile à quelque petit malin de découvrir son nom en faisant le tri parmi les listes des bateaux coulés qui transportaient une cargaison d'une telle importance.

 

En attendant, l'annonce de la découverte de cet extraordinaire trésor n'a pas manqué de susciter de nombreuses interrogations au sujet de sa localisation, la société Odyssey ayant peut-être voulu brouiller les pistes en indiquant qu'il se trouvait au fond de l'Atlantique au sud-ouest des côtes anglaises.

 

A première vue, on aurait été tenté de croire qu'il aurait pu s'agir d'une zone située non loin de la Cornouailles où des dizaines de navires avaient coulé en heurtant des rochers lors de violentes tempêtes mais le lieu du naufrage de ce véritable coffre-fort flottant pourrait être situé plus au sud, précisément non loin de Gibraltar, le fameux rocher étant devenu possession anglaise en 1713.

 

Les quelques 500 000 monnaies d'argent et les centaines de pièces d'or ramenées à la surface seraient d'ailleurs frappées des effigies de monarques espagnols, ce qui laisserait ainsi supposer que le navire qui les transportait ne battait pas pavillon britannique. De plus, le butin aurait été rapatrié de Gibraltar jusqu'en Floride par la société Odyssey, ce qui indiquerait que le trésor aurait été récupéré au large de l'Espagne d'autant plus qu'un tribunal de Cadix a délivré au début du mois de juin 2007 un mandat de perquisition à l'encontre des trois navires de la société amarrés à Gibraltar dès qu'ils navigueront dans les eaux territoriales espagnoles.

 

Soupçonnant la société Odyssey d'avoir commis un délit de spoliation, le gouvernement de Madrid a ainsi demandé des explications à Washington et à Londres au sujet des autorisations douanières données pour le transport du trésor jusqu'en Floride alors que les journaux espagnols ont révélé avoir non seulement obtenu des photos montrant qu'une des pièces du trésor était frappée du profil du roi Charles III d'Espagne mais indiqué aussi que l'épave se trouverait bien dans les eaux territoriales de ce pays, en Méditerranée et non du côté de l'Atlantique.

 

Un autre journal a affirmé de son côté que la société Odyssey avait signé un accord avec les autorités britanniques pour utiliser leurs installations militaires à Gibraltar et qu'une bonne partie du trésor avait été transportée sur des navires de la Royal Navy, ce que le gouvernement de Tony Blair s'est empressé de démentir.

 

Bien qu'ayant assuré que le trésor avait été trouvé dans les eaux internationales, les responsables d'Odyssey ont été soupçonnés par les autorités espagnoles de les avoir carrément menées en bateau après avoir reçu de celles-ci la mission de retrouver l'épave de l'HMS Sussex qui avait fait naufrage en 1694 à l'ouest du détroit de Gibraltar mais la société d'exploration avait annoncé cesser ses recherches en 2006 sans donner d'explication.

 

On s'est donc posé la question de savoir si le HMS Sussex ne serait finalement pas le bateau désigné par Odyssey sous le nom du « Cygne Noir » mais cela n'arrangerait alors pas les affaires de l'Espagne du fait que Gibraltar est sous souveraineté britannique. Donc, le trésor reviendrait à la Grande-Bretagne si la preuve était apportée qu'il ne se trouvait pas dans les eaux internationales. Autant dire que les relations entre Madrid et Londres, déjà tendues au sujet de Gibraltar, dont l'Espagne réclame sans cesse la restitution, risqueraient de s'envenimer au point de provoquer une crise majeure au sein de l'Union européenne. Tout ça pour un trésor de 600 millions d'euros, une misère par rapport aux budgets respectifs des pays engagés dans cette nouvelle polémique.

  

On estime que depuis 1500 à nos jours que quelque 65000 bâtiments ont fait naufrage dans les mers et océans, c'est donc dire que les prospecteurs ont de beaux jours devant eux surtout que les moyens technologiques dont ils disposent sont de plus en plus sophistiqués.

 

Mercredi 23 mai 2007, vente à Drouot d'un dessin de l'artiste flamand du début du XVIIe siècle Roelandt Savery, spécialiste des paysages boisés animés de chasseurs. Estimée au mieux à 12000 euros, la feuille de 21 x 26,5 cm représentant un berger et ses chiens au pied d'un grand arbre s'est envolée à 152000 euros. Selon divers amateurs présents dans la salle, ce dessin n'avait rien de palpitant. N'empêche, le coeur de l'acheteur l'a été à tout rompre.

 

Jeudi 24 mai 2007, c'est Brahim Alaoui, le directeur de l'Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, qui s'est retrouvé en situation de naufragé après un audit qui a révélé que des oeuvres avaient disparu de ce musée ce qui a motivé sa convocation devant Dominique Baudis, son président, pour un entretien préalable à son licenciement.

 

L'audit réalisé à la fin du mois d'avril par la Cour des comptes avait motivé une plainte pour disparition d'oeuvres mais une enquête menée par la police a révélé que seulement 13 pièces avaient disparu sur les 76 qui manquaient à l'appel au départ alors que plus d'une centaine d'autres entreposées dans les sous-sols de l'institution n'avaient pas été répertoriées. En fin de compte, le directeur de l'IMA a semblé avoir seulement fait preuve de négligence en raison d'un manque de moyens. A croire que l'IMA est un souk...

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