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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 51/1346
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    XXIIIème Chapitre
    Les beaux faux de la place Beauvau
    01 Juin 2005
    Cet article se compose de 2 pages.
    1 2
    Absent à l'audience, Jacques Perrin a été atterré par la décision du tribunal qui a été bien au-delà des requisitions du procureur prononcées le 21 mai 2005. Assommé, son avocat a balbutié que son client allait faire appel mais quoi qu'il en soit, l'univers des grands antiquaires a été diablement secoué par l'offensive de Camille Burgi laquelle aura forcément marqué les esprits au sujet de certaines pratiques dans ce milieu où la loi de l'omerta a régné jusqu'alors.

    Jean Lupu, un important antiquaire du faubourg Saint-Honoré, a été le premier à dénoncer ouvertement Jacques Perrin en déclarant au journal "Le Parisien Libéré" que les experts des grands salons étaient "nommés non pas en fonction de leurs connaissances mais pour leur docilité".

    D'autres marchands en vue ont toutefois indiqué que Jacques Perrin était un antiquaire très compétent, charmant et sympathique mais qu'il avait commis l'erreur de vouloir museler Camille Burgi dont l'ascension était mal vue par certains de ses aînés.

    Ruiné, Camille Burgi a bombé le torse en apprenant la condamnation de Jacques Perrin. Assailli par les journalistes, friands des scandales du marché, il s'est félicité d'avoir eu gain de cause et a exprimé l'espoir de pouvoir enfin s'en sortir après cinq années cauchemardesques. Bref, les beaux faux en écriture de la place Beauvau ont mis le monde des antiquités de prestige en ébullition en ravivant les rancoeurs de plusieurs marchands. Les retombées du "Réglement de comptes à O.K Biennale" laisseront ainsi des traces car rien ne sera plus comme avant, en premier lieu pour les pontes de la Biennale qui seront forcés de jouer plus ouvertement la carte de la transparence vis-à-vis de leurs confrères et des journalistes dont les écrits de certains avaient l'heur de les irriter fortement.

    Il convient de ne pas oublier que depuis plus d'une décennie, la justice s'est attelée à faire le ménage concernant les pratiques douteuses des financements des partis politiques et les versements de pots de vin illicites dans le monde de l'industrie, de sorte que les affaires exaùinées par les tribunaux ont eu un effet boomerang sur d'autres secteurs. On pouvait donc s'attendre à des retours de bâton dans l'univers des grands antiquaires où les transactions portent sur des sommes très conséquentes, ce qui fait qu'à la longue les litiges en justice se sont multipliés que ce soit pour des contestations concernant des authentifications d'oeuvres ou des pièces achetées à bas prix à des particuliers ignorant leur réelle valeur et revendues à des tarifs démentiels.

    Il est de fait que d'autres affaires ont fait grand bruit dans l'univers de l'art comme celle qui a opposé un expert connu à l'auteur du catalogue raisonné d'un peintre moderne disparu en 1960 qui lui refusait l'authenticité d'oeuvres vendues par la galerie de son père qui pourtant représentait ce dernier. Excédé par l'attitude de l'auteur du catalogue raisonné auquel la justice avait longtemps reconnu le droit de ne pas inclure des oeuvres de cet artiste dans son ouvrage, l'expert a eu finalement obtenu qu'il soit condamné à de lourds dommages et intérêts après des années de procédure.

    Jeudi 23 avril 2005, les ventes de tableaux anciens à Drouot ont été plutôt décevantes avec beaucoup de lots estimés entre 3 000 et
    8 000 euros qui ont été ravalés. Il y avait pourtant de nombreuses oeuvres intéressantes au programme mais depuis de nombreux mois, les amateurs ont préféré jouer la carte de la grande qualité.

    A tout prendre, il semble quand même préférable d'acheter dix beaux tableaux anciens à 15 000 euros l'unité que dix oeuvres contemporaines quelque peu surfaites pour le même prix sauf que la clientèle pour la première catégorie n'est pas la même que celle intéressée par la seconde. L'acheteur d'un joli tableau de fleurs du XVIIe siècle n'a rien à voir avec celui qui désire acquérir un Combas ou un Pincemin, ce qui signifie que la comparaison s'arrête là et que finalement, tout est affaire de goûts. Néanmoins, avec les 9 millions d'euros follement déboursés il y a peu pour les six chaises laquées d'Eileen Gray, il y aurait de quoi s'offrir quelques superbes chefs d'oeuvres, anciens ou modernes, qu'importe.

    Bref, en disposant d'un joli pactole pour acheter des pièces magnifiques dans les salles de vente, l'idéal serait en fait de constituer une collection représentative de diverses époques pour se signaler intelligemment avec l'acuqisition d'un beau marbre romain, d'un splendide tableau primitif italien, d'une belle huile de la Renaissance, d'un Brueghel, d'un bronze de Jean de Bologne, d'un Chardin, d'un Boucher, d'une sculpture de Houdon, d'un séduisant Corot, d'un ravissant Renoir, d'un tableau fauve de Derain, d'un Picasso, d'un mystérieux Magritte, d'un Lichtenstein ou d'un Warhol. Voilà qui ferait un intéressant musée personnel.

    Vendredi 24 juin 2005, le journal « Le Figaro » a indiqué que des acheteurs russes avaient donné un sacré pep aux ventes d'art impressionniste et moderne organisées quelques jours plus tôt à Londres.

    En fait, le niveau supérieur du marché de l'art n'a toujours fonctionné que grâce à un peu plus d'une centaine d'acheteurs millionnaires à travers le monde. Certains ont été victimes de revers de fortune et ont disparu de la circulation mais heureusement, de nouveaux riches russes et Chinois les ont remplacés en contribuant ainsi à faire valser les prix dans de nombreux domaines.

    A Londres, « Le Jardinier », une huile sur toile fauve peinte en 1904 par Vlaminck a été acquise par un oligarque de Moscou pour la somme respectable de 4,82 millions de livres sterling, soit près de 40% au-dessus de l'estimation haute alors qu'un tableau pointilliste de Signac titré « Les Andelys, les laveuses » a culminé à 3,648 millions de livres sur une estimation haute de 2 millions de livres.

    Une petite nature morte aux mangues de Gauguin a été cédée pour 3,59 millions de livres alors qu'une « Femme au grand chapeau » peinte en 1906 par Van Dongen a atteint le prix record de 5,048 millions de livres.

    Dans la foulée, Christie's a vendu pour 3,256 millions de livres sterling un portrait de Jeanne Hébuterne peint en 1919 par Modigliani alors que des femmes nues croquées en 1912 par le pinceau du peintre expressionniste allemand Karl Schmidt-Rottluff sont revenues à un amateur américain pour le prix record de 2,472 millions de livres.

    Les ventes de Londres auraient vraisemblablement marqué le pas sans l'aide providentielle d'une poignée d'acheteurs russes dont les fortunes fulgurantes ont été bâties le plus souvent d'une manière qui laisserait sacrément à désirer dans nombre de pays occidentaux.

    Il paraît pour le moins stupéfiant que des jeunes loups aux dents bien acérées aient réussi en moins d'une dizaine d'années à reprendre une bonne partie du domaine de l'énergie en Russie et à amasser des centaines de millions de dollars en faisant passer les industriels parisiens ou new-yorkais pour des novices en matière de profits.

    Risquant parfois de se retrouver à la case prison lorsque le président Poutine a jugé qu'ils ont trop butiné au mépris des règles du Monopoly édictées par le Kremlin, plus d'un de ces nouveaux nababs a souvent suivi la filière du KGB pour apprendre comment devenir un tsar des affaires en un rien de temps.

    Alors qu'un Américain se doit normalement de passer par Harvard pour espérer réussir dans le monde des affaires, un Russe pourrait affirmer pour sa part que l'ombre de son "cagibi" lui serait suffisante pour atteindre le firmament.

    En attendant, les nouveaux millionnaires russes se sont offert des villas de rêve sur la Côte d'Azur, des jets privés ou des clubs de football prestigieux. Il n'est donc pas étonnant que certains d'entre eux aient été intéressés par l'art et qu'après avoir acheté des pièces majeures réalisées dans leur pays d'origine, ils se soient jetés goulûment sur ce qui était le plus représentatif de l'art occidental.

    Business is business et la plupart des acteurs du marché de l'art ne se sont jamais trop souciés de connaître la véritable couleur de l'argent dépensé à profusion par ces nouveaux acheteurs issus de l'actuel beau gotha russe.

    Lundi 27 juin 2005, "L'Odalisque", un dessin de Picasso datant de 1951 et représentant sa jeune maîtresse, la poétesse Geneviève Laporte, a été adjugé pour le prix record de 473 500 euros par le groupe Artcurial. Un demi-siècle plus tard, cette dernière a obtenu 1,1 millions d'euros de la série de dessins que l'artiste alors âgé de 70 ans avait réalisés d'elle. Il lui avait fait une cour effrénée mais au bout du compte leur liaison ne dura pas plus que l'espace d'un été, le temps si on peut dire de prendre Laporte au propre comme au figuré.

    Jeudi 30 juin 2005, suite au refus de son propriétaire de renouveler son bail, le dernier brodeur ornemaniste de France a été expulsé par des huissiers et des policiers du local qu'il occupait avec ses quatre employés au 7 rue Geoffroy l'Angevin, dans le 4e arrondissement.

    Philippe Cécile, 50 ans, s'est retrouvé dans un local à poubelles avec des pièces de tissus d'une valeur inestimable entreposées les unes sur les autres en espérant que les pouvoirs publics viendront vite à son aide.

    Au cours de sa carrière, cet artisan aux doigts de fée a sauvé des centaines de tentures, comme celles du lit de Marie-Antoinette ou du trône de Napoléon, ainsi que des tapisseries ornant moult châteaux et musées en France. Autant dire que sa disparition serait une véritable catastrophe pour le patrimoine mais en attendant, le ministère de la Culture s'est contenté de lui suggérer de participer à une exposition en Chine. Et après ?

    Mercredi 6 juillet 2005, La ville de Londres a été préférée à celle de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques 2012. Explosion de joie chez les Londoniens, abattement chez les Parisiens, donnés jusqu'au bout favoris du vote organisé au sein du CIO mais lourdement pénalisés par les discours malvenus du président Chirac sur la mauvaise bouffe anglaise ou finlandaise.

    Jeudi 7 juillet 2005, le bonheur des Londoniens aura a peine duré une vingtaine d'heures avant que les cinglés d'Al Qaida ne sèment la mort en faisant exploser des bombes dans trois stations de métro de la capitale britannique et un autobus circulant près du British Museum.

    Depuis plus d'une décennie, les capitales occidentales ont appris à vivre sous la menace de terroristes fanatiques dont le seul souci a été de faire basculer le monde dans l'obscurantisme. Londres a été une nouvelle cible, après Paris en 1995, New York en 2001 et Madrid en 2004. On peut craindre que le tour d'autres villes européennes viendra malheureusement. Résultat: l'angoisse règne, les économies sont fragilisées et les gens ont une perception négative de l'avenir.

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