Lundi 13 octobre, on a attendu avec curiosité le verdict du procès de demande de révision de deux jugements précédents défavorables aux époux Pinault concernant l'affaire de la statue du pharaon Sésostris III acquise à Drouot dans une vente dirigée par M° Coutau-Bégarie et retournée sous prétexte qu'elle serait fausse.
Forts d'un rapport rédigé par Mmes Desroches-Noblecourt et Delange, deux égyptologues réputées, l'expert Chakib Slitine et le commissaire-priseur ont pu aisément contrer les époux Pinault en justice puisque la cour a jugé irrecevable leur demande en révision tout en les condamnant à verser 9 000 euros aux défendeurs.
Les époux Pinault ont peut-être commis l'erreur de ne pas se battre sur le fond dès le début en tentant de prouver d'emblée que la statue du pharaon était fausse, comme plusieurs égyptologues en sont venus aujourd'hui à le croire.
La cour a jugé sur la forme, en reprochant aux époux Pinault de ne pas avoir fait procéder à une expertise et à une analyse de la statue lorsqu'ils en prirent possession juste après la vente. Bref, ne désirant apparemment pas entrer dans un débat qui semblait le dépasser, le tribunal, plutôt pépère mais nullement du côté de PPR, n'a pris qu'une petite minute pour confirmer les précédents verdicts.
Les défendeurs ont sablé le champagne après avoir pris connaissance du verdict mais rien ne dit que l'affaire du Sésostris III ne se poursuivra pas sur un autre terrain, bien plus glissant que celui de la justice, sans compter que le monde des égyptologues risquera fort d'être secoué par des querelles entre les partisans de l'authenticité de la statue et leurs adversaires.
Reste à savoir ce que François Pinault décidera de la suite à donner à ce dossier après trois échecs en justice, un dossier qui aurait pu être classé depuis longtemps si le Musée du Louvre avait accepté de recevoir cette statue en cadeau après que ses spécialistes l'eurent décrite comme authentique.
Vendredi 17 octobre, rien de spécial à Saint-Ouen où marchands et chineurs ont fait connaissance avec le premier froid de l'automne. Au détour d'une allée, André Bailly m'indique que la moisson est maigre.
A la question de savoir de quoi sera fait l'avenir, il paraît dubitatif et déclare que son frère et lui-même devront travailler autrement. « Il va falloir se recentrer », dit-il.
A l'évidence, il y a un marasme comme le démontrent les ventes à l'Hôtel Drouot, souvent mornes et peu riches en bonne marchandise.
Samedi 18 octobre, le marché Cambo à Saint-Ouen a failli à nouveau faire les frais d'un incendie lorsqu'un appartement situé au dessus du bâtiment a pris feu. Cette fois-ci, les pompiers sont intervenus promptement pour circonscrire le sinistre.