Mercredi 3 et jeudi 4 septembre, les foires du Bourget et du Parc Floral de Vincennes ont malheureusement confirmé l'impression d'une rentrée ratée avec d'un côté de la marchandise sans intérêt et de l'autre, peu d'acheteurs motivés. Des lieux d'exposition seulement occupés à 70%, cela signifie un recul significatif de l'activité des brocanteurs qui restent désespérément avec leurs stocks sur les bras depuis près d'un an.
Déambulant à Vincennes les mains dans les poches et l'air plutôt déconfit, un galeriste de la rue Grange Batelière a lâché d'une voix désabusée : « Ce n'est que le début de la crise ».
A l'en croire, le pire est à attendre à la fin du quatrième trimestre car le pays, économiquement à bout de souffle, n'est pas près de repartir de l'avant. Par ricochet, le marché de l'art est en panne, que ce soit en France ou ailleurs.
Il n'y a pas de remède immédiat sinon d'attendre un réveil miraculeux de l'économie mondiale mais la reprise est une chose et l'état du réservoir du marché de l'art en est une autre.
Les vendeurs ont été lourdement pénalisés par la raréfaction des acheteurs dont les capacités financières ont fondu brutalement mais le plus grave est de constater un manque flagrant de bonnes pièces démontrant un tarissement irrémédiable de ce réservoir.
Au Bourget et à Vincennes, il n'y avait rien qui fut susceptible d'intéresser les chineurs. Pas un tableau valable, pas un bronze d'époque, pas une pendule sortant de l'ordinaire, pas un meuble de qualité. Bref, rien que de la drouille quasiment invendable offerte aux yeux des visiteurs qui sont rentrés chez eux dans profond un état d'abattement.