| | Citation |
| | |
|
Un peintre qui mène une vie dissolue en fait voir de toutes les couleurs à son épouse...
|
|
|
|
Le journal d'un fou d'art
Chapitre :
27 titres
XIXème Chapitre
Les chouchous de François Pinault
01 Juillet 2003 |
Cet article se compose de 2 pages.
1
2
|
Vendredi 11 juillet, mauvaise surprise pour de nombreux chineurs qui s'étaient réveillés aux aurores et qui se sont retrouvés aux Puces de Saint-Ouen à attendre patiemment l'ouverture des marchés Paul Bert et Serpette dont les gardiens ont reçu pour consigne de n'ouvrir les portes qu'à sept heures au lieu de six heures du 10 juillet au 30 août. Les marchands sont pour la plupart en vacances ou plutôt en panne, à l'image de la France selon les titres des journaux de ce matin. Après la grève des enseignants et des transports voilà celle des intermittents du spectacle qui a causé l'annulation de nombre de festivals d'été à travers le pays. Le ministre de la Culture a piqué un coup de sang en s'échinant à esayer de mettre fin à un conflit qui maintenant fait tache d'huile. Au rythme où vont les choses, des pans entiers du domaine de la culture risquent de tomber en panne jusqu'au point de forcer les chaînes de télévision à ne diffuser que des feuilletons américains durant des semaines. Privée de spectacles artistiques, la France va ainsi sombrer dans un affreux néant culturel qui annonce des lendemains difficiles. Elle ne se consolera certainement pas de se donner en spectacle devant des pays voisins médusés de voir que des minorités peuvent paralyser un Etat naguère cité en exemple pour la qualité de sa culture. En fait, le pays fait face à une crise de société sur le plan sociologique, identitaire et économique tout en étant paralysé par la volonté de certains citoyens de préserver les acquis d'hier alors que des réformes s'imposent à bien des niveaux. La France change à tous les niveaux et a besoin d'un sérieux toilettage pour suivre le mouvement inéluctable qui s'opère parce que le monde lui-même n'est pas fait pour être figé. Au train où vont les choses, dans dix ans peut-être, elle aura de grandes chances de s'offrir un Premier ministre gay et dans trente ans ou moins un Président de confession musulmane alors que de telles perspectives étaient encore impensables il y a dix ans à peine... Ce matin, Richard Rodriguez a sursauté en prenant connaissance dans "Le Figaro" d'une interview exclusive de François Pinault, patron de Christie's, qui a saisi l'occasion pour faire part de ses coups de coeur dans le domaine de l'art contemporain. Apprenant que l'influent homme d'affaires aime les artistes qui dérangent, tels Jeff Koons, Maurizio Cattelan ou Takashi Murakami, Rodriguez a adressé un fax sulfureux au journal pour dire qu'il pensait que ceux-ci faisaient seulement l'objet d'un "engouement purement spéculatif sur leur nom".
|
|
Vendredi 11 juillet, mauvaise surprise pour de nombreux chineurs qui s'étaient réveillés aux aurores et qui se sont retrouvés aux Puces de Saint-Ouen à attendre patiemment l'ouverture des marchés Paul Bert et Serpette dont les gardiens ont reçu pour consigne de n'ouvrir les portes qu'à sept heures au lieu de six heures du 10 juillet au 30 août. Les marchands sont pour la plupart en vacances ou plutôt en panne, à l'image de la France selon les titres des journaux de ce matin. Après la grève des enseignants et des transports voilà celle des intermittents du spectacle qui a causé l'annulation de nombre de festivals d'été à travers le pays. Le ministre de la Culture a piqué un coup de sang en s'échinant à esayer de mettre fin à un conflit qui maintenant fait tache d'huile. Au rythme où vont les choses, des pans entiers du domaine de la culture risquent de tomber en panne jusqu'au point de forcer les chaînes de télévision à ne diffuser que des feuilletons américains durant des semaines. Privée de spectacles artistiques, la France va ainsi sombrer dans un affreux néant culturel qui annonce des lendemains difficiles. Elle ne se consolera certainement pas de se donner en spectacle devant des pays voisins médusés de voir que des minorités peuvent paralyser un Etat naguère cité en exemple pour la qualité de sa culture. En fait, le pays fait face à une crise de société sur le plan sociologique, identitaire et économique tout en étant paralysé par la volonté de certains citoyens de préserver les acquis d'hier alors que des réformes s'imposent à bien des niveaux. La France change à tous les niveaux et a besoin d'un sérieux toilettage pour suivre le mouvement inéluctable qui s'opère parce que le monde lui-même n'est pas fait pour être figé. Au train où vont les choses, dans dix ans peut-être, elle aura de grandes chances de s'offrir un Premier ministre gay et dans trente ans ou moins un Président de confession musulmane alors que de telles perspectives étaient encore impensables il y a dix ans à peine... Ce matin, Richard Rodriguez a sursauté en prenant connaissance dans "Le Figaro" d'une interview exclusive de François Pinault, patron de Christie's, qui a saisi l'occasion pour faire part de ses coups de coeur dans le domaine de l'art contemporain. Apprenant que l'influent homme d'affaires aime les artistes qui dérangent, tels Jeff Koons, Maurizio Cattelan ou Takashi Murakami, Rodriguez a adressé un fax sulfureux au journal pour dire qu'il pensait que ceux-ci faisaient seulement l'objet d'un "engouement purement spéculatif sur leur nom".
Dans cette interview, François Pinault a signalé avoir rendu visite à l'artiste anglais Damien Hirst près de Londres et qu'il a passé un moment fort et inoubliable en sa compagnie, tout comme en celle d'autres artistes comme Koons, Cattelan, Richard Serra et bien d'autres, ce qui fait dire à Rodriguez qu'il semble prendre moins de plaisir à rencontrer les jeunes créateurs français. François Pinault n'a cependant pas omis de souligner qu'il espérait contribuer au retour de la France sur la scène artistique mondiale mais son détracteur estime qu'il ne s'agit là que d'un voeu pieux qui ne se reflète pas dans ses actes. Et quand l'homme d'affaires annonce qu'il n'achète pas des artistes à la mode mais ceux auwquels il croit, Rodriguez se permet de répondre à l'auteur de l'interview que ce dernier donnait l'impression de courir après la mode au lieu de l'imposer comme "sait le faire brillamment le collectionneur anglais Charles Saatchi, qui défend et soutient activement au niveau international ses 'Young British Artists' ". Reprochant au patron de Christie's de n'avoir jamais fait en sorte que les oeuvres des artistes français soient représentés et défendues dans les vacations de sa maison de ventes, Rodriguez dit regretter que Robert Gober, Charles Ray, Hirst, Cindy Sherman, Felix Gonzales-Torres, Cattelan, Murakami ou Serra aient eul'honneur de voir les leurs figurer à maintes reprises en couverture des catalogues de vente de Christie's alors qu'aucun artiste français n'a bénéficié de ce privilège. Rodriguez a même été jusqu'à reprocher à François PInault de surenchérir sur les oeuvres vendues par Christie's histoire de faire emballer les prix et de ne rien faire de tangible en faveur des artistes français tout en regrettant qu'il ait vendu un chef d'oeuvre d'Yves Klein pour s'offrir un Jeff Koons plus onéreux. Bref, Rodriguez ne voit pas les touristes étrangers affluer en France pour admirer ces "artistes contournables et démodables que sont Koons, Hirst, Cattelan ou Murakami qui encombrent déjà leurs propres musées" tout en rappelant avoir déjà précisé à l'adresse de François Pinault que ce n'étaient pas à court terme les artistes les plus chers qui seraient à long terme les plus importants. La hargne de Rodriguez envers François Pinault s'expliquerait surtout par le fait qu'il lui a proposé sans succès de mettre en oeuvre une politique d'aide en faveur de l'art contemporain français mais rien ne dit que ce dernier n'ait pas dans ses cartons quelques bonnes idées à développer dans ce sens à travers la création prochaine de son musée sur l'ïle Seguin. François Pinault paraît avoir décidé de procéder étape par étape en constitunt le noyau d'une grande collection sur le plan international avant de s'atteler à une entreprise de promotion des artistes français qui demeure très compliquée à réaliser du fait que jusqu'à présent, peu d'initiatives ont été prises à leur égard. Finalement, Rodriguez devrait peut-être avoir le chic de se rappeler qu'il a d'abord formé sa collection à partir des oeuvres de Jean-Michel Basquiat, un artiste qu'il a eu le don de découvrir avant les autres, lesquelles lui ont permis d'être financièrement à l'aise pour pouvoir s'intéresser ensuite à d'autres artistes. On peut donc gager que François Pinault trouvera le temps et les moyens d'assurer la promotion de l'art contemporain en France une fois que son musée deviendra une réalité.
|
|