ArtCult : Les actualités du marché de l'art .
Rechercher dans le site :
  Accueil
  Actualités
  Dossiers
  Marché de l'art
  Outils d'experts
  Communication
Recherche
Rechercher dans la page Le journal d'un fou d'art :
Rechercher dans le site :

Citation
Les gens bons sont encore plus dignes d'intérêt lorsqu'ils savent s'offrir une tranche de l'art...(A.D)

Actuellement
Dernieres petites annonces
15/10: UN MOMENT DE DECOUVERTE ARTISTIQUE
UN MOMENT DE DECOUVERTE ARTISTIQUE SUR ferse.hubside.frA très bientot sur le site!!! ...
24/07: RECHERCHE OEUVRES MAJEURES
We are a consulting firm of Art and Antiques, whose main activity is themanagement of p...
08/04: RECHERCHE OEUVRES D'ARTISTES ROUMAINS
Collectionneur recherche oeuvres importantes d'artistes roumains: Pascin, Janco, Maxy...
> Passer une annonce
Estimation d'oeuvre d'art
Envoyez nous une photographie accompagnée d'une description afin de bénéficer de notre expertise.
Soumettre une estimation

Lettre d'information
Entrez votre email pour souscrire à notre lettre d'information :

Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 51/1346
    Retour Retour
    XIIème Chapitre
    La fin d'une époque
    01 Octobre 2001
    Cet article se compose de 2 pages.
    1 2
    Encensé par ceux qui ont pu tirer profit de ses opinions, Wildenstein demeure cependant honni par d'autres qui sont à jamais persuadés d'avoir perdu des millions par sa faute.

    C'est le cas de Michael « Le puits de science » rencontré dans une allée du marché Jules Vallès qui me raconte qu'en l'espace de quelques mois, Wildenstein lui avait refusé une huile et deux dessins de Manet et ce, en moins de cinq minutes montre en main.

    «Concernant le portrait à l'huile de Zola signé E.M, Wildenstein ne voyait pas la main-c'était son mot- de Manet et ce, malgré des indices qui paraissaient probants aux yeux d'autres spécialistes. Pour les deux dessins, il avait été encore plus expéditif dans son jugement alors que plus d'un expert m'avait dit être persuadé de leur authenticité », me déclare Michael d'un air contrit.

    Et de poursuivre en me signalant qu'il y a une douzaine d'années, Wildenstein avait voulu lui acheter une aquarelle de Manet mais au moment de conclure la transaction, il s'était rétracté après avoir découvert à retardement qu'il avait un jour classé cette œuvre comme fausse. L'année suivante, il lui avait offert une somme ridicule pour une huile de Gauguin mais, face à son refus de la lui vendre à ce prix-là, ce cher Daniel avait alors décrété qu'il ne s'agissait plus que d'une croûte réalisée par un obscur suiveur.

    Critiquant la mainmise de Wildenstein sur de nombreux peintres, trois autres marchands des Puces me déballent des histoires similaires quelques minutes plus tard tout en espérant que les cartes seront maintenant mieux redistribuées concernant les expertises de tableaux. Ils peuvent toujours rêver car les choses ne changeront pas de sitôt sur le marché de l'art.

    Au café, la lecture du Figaro me fait sursauter. Voilà qu'un couple de militants, amis de Jean-Marie Le Pen et collectionneurs passionnés du premier Empire, vient d'offrir au président du Front National une collection de 19 lettres signées Bonaparte ou Napoléon et de 71 autres, la plupart adressées à l'empereur par des membres de sa famille et des maréchaux. Après avoir notamment été le bénéficiaire d'une partie de la fortune de l'héritier des ciments Lambert, M. Le Pen semble décidément posséder le don de recevoir des dons, à croire que pour voir la chance lui sourire plus d'une fois, il se soit abonné aux croisières sur le Don. Finalement, le boulot de chef d'un parti politique peut être très enrichissant à plus d'un égard.

    Vers 19 heures, J.R me contacte pour me montrer des dessins anciens. Je lui fixe rendez-vous près de la place des Ternes tout en pestant à l'idée de perdre mon temps, car je suis sûr qu'il va encore me soumettre des trucs nuls.

    Après avoir poireauté une demi-heure dans un café, je vois enfin J.R arriver nonchalamment avec une chemise cartonnée sous le bras et l'exhorte alors à se dépêcher. Il me sort alors deux dessins infâmes à la sanguine qui me font rager à l'idée de l'avoir attendu pour rien.

    Comme à l'accoutumée, il se met à protester et cherche à me démontrer qu'il a chiné de vrais chefs d'œuvre, à croire que sa vue déconne certains jours.

    « Dommage, Wildenstein vous les aurait peut-être pris, mais il vient de nous quitter pour l'éternité », lui dis-je histoire de me foutre de lui.

    «Wildenstein est mort ? Non… Vous blaguez ? Merde ! Je devais lui soumettre des meules de Monet », dit-il d'un air contrarié.

    - Un Monet représentant des meules ? Où avez-vous donc trouvé cette merveille ?

    - En province… Chez un particulier…

    J.R reste évasif mais comme le temps presse, je n'ai ce soir nulle envie de le pousser dans ses retranchements d'autant plus que je n'ai rien à cirer de son Monet qui au passage sera maintenant plus difficile à faire authentifier maintenant que Wildenstein n'est plus.

    Samedi 27 octobre, pluie torrentielle sur le marché de Vanves où deux brocanteurs s'excitent pour une place de déballage au point de se frictionner sous des trombes d'eau. Il ne manque plus que du savon pour laver leur linge sale en public.

    Cet intermède finit par tourner court, tout comme ma promenade puisqu'il n'y a rien à chiner de valable sinon peut-être un parapluie et des bottes en caoutchouc.

    Mentions légales Conditions d'utilisation Rédaction Annonceurs Plan du site
    Login : Mot de passe ArtCult - Réalisé par Adrian Darmon