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Les Rothschild: rois des donateurs
01 Septembre 2005



Cet article se compose de 2 pages.
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Sans la famille des Rothschild, des musées comme le Louvre et des institutions anglaises ne pourraient certainement pas s'enorgueillir de présenter aujourd'hui certains des plus beaux objets d'art recensés à travers le monde.

On a souvent glosé sur la fortune des Rothschild lesquels ont donc suscité la jalousie ou des opinions équivoques envers eux mais on a rarement évoqué leur extraordinaire générosité en faveur des musées au point d'oublier au passage qu'ils ont joué un rôle majeur dans la constitution du patrimoine culturel de la France et de la Grande-Bretagne en particulier.

En un peu plus d'un siècle, ils ont offert plus de 65 000 œuvres d'art aux musées français et donné de nombreux bâtiments importants à l'Etat, comme l'hôtel de la rue Berryer à Paris, la villa Ephrussi-Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat, le château de Laversine dans l'Oise ou le château de Ferrières en Seine-et-Marne. En Grande-Bretagne, ils ont offert au National Trust anglais le château de Waddeston et le manoir d'Ascott.

C'est en 1993 que la famille Rothschild a fêté à Francfort le 250e anniversaire de la naissance de son ancêtre Meyer Amschel (1743-1812), un petit changeur de la Judengasse de cette ville qui sut avec talent faire fructifier son commerce en allant jusqu'à jeter les fondations d'un impressionnant empire financier.

Gudula, sa veuve qui avait été témoin de l'ascension de la maison Rothschild, mourut en mai 1849 à l'âge de 96 ans sans jamais avoir quitté la petite demeure de la ruelle des juifs, craignant que le bonheur ne disparût si elle s'était montrée infidèle au lieu fondé naguère par son époux. Par ailleurs, la famille Rothschild fit tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer le sort des Juifs en Europe, notamment auprès du Vatican en 1850 lorsque le pape, forcé de fuir à Gaëte à la suite de violentes émeutes à Rome, dut solliciter l'aide de James de Rothschild pour disposer de suffisamment de fonds afin de restaurer son pouvoir au Vatican. A cette occasion, James demanda la démolition des murs du ghetto de Rome et la suppression des impôts exceptionnels imposés aux Juifs ainsi que la levée des interdictions commerciales dont ils faisaient l'objet mais les promesses du souverain pontife se firent néanmoins longtemps attendre.

Les Rothschild participèrent activement au développement économique de nombreux pays comme la France, la Belgique, la Prusse, l'Autriche ou l'Italie en leur prêtant au passage de fortes sommes génératrices de substantiels intérêts ou en construisant les principales lignes de chemin de fer d'Europe qu'ils contrôlèrent durant des années. En retour, ils furent comblés d'honneurs mais aussi décriés et méprisés, voire honnis, par les hommes d'Etat qu'ils aidèrent lesquels ne se privèrent pas de propager des propos peu amènes à leur égard qui amplifièrent en Europe l'image déformée du juif fourbe et avide que reprirent malheureusement à leur compte les milieux antisémites de la fin du XIXe siècle au point que ceux-ci provoquèrent en France d'incroyables clivages lors de l'affaire Dreyfus ou forgèrent en Allemagne et en Autriche des sentiments profondément anti-juifs qui allaient conduire au drame de l'Holocauste.

Immensément riches après la guerre de Crimée dont ils assurèrent une grande partie du financement, les Rothschild, qui contribuèrent grandement à la naissance de la Belgique et de l'Italie, s'étaient très tôt intéressés à l'art et s'étaient constitués les collections les plus belles d'Europe.

Durant la seconde moitié du XIXe siècle en Autriche, Nathaniel Rothschild se fit bâtir le palais de la Theresianumgasse à Vienne, dont l'installation somptueuse en fit une des curiosités de la ville. La valeur des œuvres d'art et des objets ayant une importance historique était presque inestimable. Il y avait par exemple dans la salle à manger quatre tableaux de Van Loo enchâssés dans la boiserie représentant les quatre arts plastiques peints autrefois pour le château de Bellevue à la demande de la marquise de Pompadour. Dans une niche se trouvait une petite table Louis XVI ovale à dessus de porphyre qui avait appartenu à la reine Marie-Antoinette. Dans une vitrine éclairée à la lumière électrique resplendissait un service de porcelaine émaillée du XVIe siècle, dite de Médicis, composé de douze pièces splendides. Une épée au pommeau richement doré, ayant appartenu à Wallenstein, était exposée sur une table rouge. Il y avait là également un nécessaire de voyage en or dans une cassette en bois de rose portant les armes de Napoléon 1er que l'empereur avait abandonné au soir de la défaite de Waterloo. Les dessus de porte étaient décorés de peintures de Fragonard et de Boucher et aux murs étaient accrochés un portrait de la princesse de Hanovre par Lawrence, « La Jeune fille riant » de Reynolds, le portrait de la Pompadour par Nattier ainsi que d'autres tableaux magnifiques.

Disposant d'un énorme train de vie, les Rothschild désirèrent s'élever toujours davantage au point de vue social dans les pays où ils vivaient. Ce ne fut pas chose aisée car la haine des parvenus et en particulier des Juifs étant vivace dans les milieux aristocratiques, on s'efforça par tous les moyens de les empêcher d'y parvenir. Il leur fallut ainsi rendre de multiples services et consentir maints sacrifices pour être admis dans les plus hautes sphères des sociétés de Vienne, Berlin, Paris ou Londres. Ce ne fut d'ailleurs qu'en 1887 qu'Albert de Rothschild et sa femme purent être enfin admis à la cour de François-Joseph bien que l'impératrice Sissi ait été leur amie depuis longtemps.

En Angleterre, le prince de Galles, futur Edouard VII, fréquenta assidûment les Rothschild en ne cachant pas son admiration pour leur génie financier, leur générosité, leurs goûts pour les sports et leurs soins à réunir des collections d'œuvres d'art. En 1881, il assista même aux noces de Léopold de Rothschild avec Marie Perugia, ce qui l'initia aux cérémonies nuptiales juives, dont il n'avait pas eu idée jusqu'alors. Tout comme en France, certaines des filles de la famille s'unirent à des membres de l'aristocratie. Alors qu'à Paris, Marguerite et Bertha épousèrent l'une le Duc Agenor de Gramont et l'autre Alexandre Berthier, duc de Wagram, Constance, fille d'Anthony, second frère de Lionel, se maria avec Lord Battersea en 1877, Anna contracta une union avec Elliot Yorke de la famille des ducs de Hardwick en 1873 et une fille de Meyer Nathan épousa la même année Archibald Philip Primrose, duc de Rosebery. Par contre, tenus de respecter le vœu de leur ancêtre, les fils de la famille épousèrent tous des femmes de leur religion en nouant à l'occasion des liens étroits avec d'autres puissantes familles juives.

Toujours en Angleterre, Lionel de Rothschild accrut formidablement la fortune de la famille tandis qu'en cultivant les arts et les sports, ses frères accentuèrent le prestige de celle-ci.

Les Rothschild eurent la faculté de survivre à tous leurs concurrents, les Fries, les Geymuller, les Fould, les Péreire ou les Arnstein-Eskeles et durant tout le XIXe siècle, ils s'efforcèrent avec intelligence de préserver la paix en Europe en se voyant malgré tout forcés de temps à autre de financer des guerres pour le compte de la France, l'Autriche, la Prusse ou la Grande-Bretagne. Néanmoins, leur influence politique se réduisit nettement au début du XXe siècle et on cessa de finalement d'écouter leurs précieux conseils à l'aube de la Première Guerre Mondiale à l'issue de laquelle la maison de Vienne subit de formidables pertes d'argent avant de se rétablir en 1924 lorsqu'elle spécula avec succès sur le redressement du franc français alors que les analystes de l'époque lui prédisaient un sort comparable au mark allemand.

Depuis, la richesse des Rothschild, dont la force fut de restée unie, est devenue proverbiale grâce à l'art consommé qu'eurent les différents membres de cette dynastie à ne jamais heurter de front les gouvernements des pays où ils étaient installés, s'efforçant au contraire de s'en accommoder, même lorsqu'ils ne leur plaisaient pas.

Intéressés par toutes les formes d'art, les Rothschild collectionnèrent des œuvres avec une passion démesurée. Meyer Amschel Rothschild amassa ainsi une fabuleuse collection de monnaies et de gravures anciennes qu'il vendit à Guillaume IX de Hesse. Ce virus de la collection fut transmis à ses héritiers, Amschel, Salomon, Nathan, Carl et James qui créèrent notamment des banques à Francfort, Londres, Paris et Vienne ainsi que des comptoirs un peu partout en Europe, sauf en Russie, un pays qu'ils boycottèrent en raison de la politique ouvertement antisémite du gouvernement tsariste.

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