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La victoire est moins gaie qu'on ne le croit et la défaite moins triste qu'on ne le dit (Sénèque)
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
LIIème Chapitre
INQUIETANTE BAISSE DE COTES D'ARTISTES
20 Juillet 2018 |
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Le marché de l'art ne vit plus qu'à travers des enchères conséquentes alors que les cotes de nombreux artistes se sont effondrées depuis des mois.
Ce phénomène inquiétant s'explique par l'émergence d'une nouvelle génération plus portée sur le Design ou le Street Art alors que ceux de la précédente sont moins nombreux dans les ventes qui ne marchent qu'avec des grands noms. Il y a vingt ans, les oeuvres de peintres comme ceux de Barbizon ou de l'Ecole de Paris s'arrachaient à des prix soutenus, ce qui n'est plus le cas à présent. Si Corot ou Millet se vendent encore bien, cela n'est plus le cas pour les autres artistes qui travaillaient dans la région de Fontainebleau dont les cotes se sont effondrées, tout comme celles des post-impressionnistes ou de nombreux artistes modernes.
Tobiasse, dont les oeuvres dépassaient allègrement la barre des 20.000 euros il y a dix ans, a subi une décote de plus de 50%, ainsi que Raya-Sorkine, Spitzer , Frank-Will et toute une pléiade d'artistes alors que les commissaires-priseurs ne sont disposés à vendre des oeuvres qu'à la condition de les estimer au plus bas.
Même topo pour les tableaux anciens qui se vendent mal s'ils ne sont pas signés de grands artistes avec là aussi, une baisse des prix. On ne parle pas des meubles du 18e et du 19e siècle dont les prix se sont écroulés. Pas de chance donc pour la génération des 50-70 ans qui ne possède plus que des pièces quasiment invendables.
UNE DECOUVERTE SENSATIONNELLE A CONFIRMER Un galeriste de New York a peut-être fait beaucoup mieux que lors d'une émission du genre "Storage Wars" ou "Trésor dans votre maison" en achetant à contre-coeur un conteneur non réclamé dans un entrepôt du New Jersey avant de l'ouvrir pour constater la présence de six oeuvres de Willem de Kooning jusque là inconnues. David Killen avait déboursé 15.000 dollars pour acquérir ce conteneur qui n'avait pas intéressé une maison de vente lequel renfermait quelque 200 oeuvres appartenant au conservateur du musée Salomon R. Guggenheim Orrin Riley, décédé en 1986 après s'être consacré à la peinture au moment de sa retraite, et à sa compagne Susanne Schnitzer, morte en 2009. Faute pour les exécuteurs testamentaires de cette dernière d'avoir pu retrouver ses héritiers pour leur restituer ces oeuvres, le procureur général de New York avait décidé de les disperser aux enchères. Les toiles étaient pour la plupart sans grande valeur, hormis les six attribuées à de Kooning qui seront difficiles à faire authentifier vu que la fondation représentant les intérêts de l'artiste a cessé ses expertises. Néanmoins, Killen a fait appel à Lawrence Castagna, un des anciens membres du comité, qui a estimé que les oeuvres datant des années 1970 étaient de la main de De Kooning, ce qu'a confirmé un spécialiste de l'artiste qui a voulu rester anonyme sauf que la fondation n'a pas jugé bon de répondre à leurs messages. Les oeuvres de De Kooning des années 1975 se vendent aux alentours de 3-4 millions de dollars alors que la meilleure enchère enregistrée pour l'artiste se situe à 66 millions de dollars. En attendant, il reste à savoir si Killen pourra faire authentifier ses découvertes pour toucher un beau pactole. UNE EPAVE RUSSE QUI SERAIT REMPLIE D'OR Shinil Group, une entreprise d'exploration sous-marine sud-coréenne, a annoncé avoir retrouvé l'épave du Dimitri Donskoi, un navire de la flotte impériale russe coulé à 1,3 km des côtes de l'île Ulleung-do qui pourrait contenir une incroyable cargaison d'or. Selon la légende, le bateau avait à son bord plusieurs milliards d'euros d'or, un trésor destiné à financer la bataille de Tsushima en 1905. Mais le navire s'était échoué en précipitant la fin de la guerre entre la Russie et le Japon qui, à travers sa victoire, avait alors fait son entrée dans le club très fermé des grandes puissances de la planète. Shinil Group a montré des images vidéo de la poupe du Dimitri Donskoi coulé à 435 m de profondeur mais n'a toujours pas exploré ses cales du fait que les autorités sud-coréennes doivent donner leur accord pour ce faire. Certains spécialistes de l'histoire de la guerre de 1905 entre la Russie et le Japon, n'ont toutefois pas pensé que le navire contenait autant d'or du fait que par sécurité les cargaisons auraient été réparties sur plusieurs bâtiments sans compter que les Russes auraient pu les transporter sans risque par train de Saint-Pétersbourg à Vladivostok. Il n'y aurait donc pas 14.000 tonnes d'or sur le Dimitri Donskoï qui ne jaugeait que 6.000 tonnes alors que d 'autres sociétés ont affirmé que la découverte faite par Shinil Group n'en est pas une puisque sa présence au fond de la mer avait été déterminée il y a 15 ans déjà et qu'en outre, rien n'a été trouvé à bord du navire. Dong-Ah Construction, une des sociétés ayant participé aux explorations en 2003, a indiqué pour sa part que l'épave ne contiendrait pas plus de 500 kilos d'or, soit une valeur de 16 millions d'euros. LE SQUELETTE PRESUME
D'UNE SORCIERE DECOUVERT EN UKRAINE Le squelette d'une
jeune sorcière présumée morte il y a 1600 ans a été découvert par des
archéologues dans le village de Lehedzyne, dans le centre de l'Ukraine. Cette femme âgée
d'environ 25 ans avait été enterrée la face contre terre avec son bras gauche
attaché derrière son dos, apparemment pour s'assurer qu'elle ne reviendrait pas
de parmi les morts pour hanter les vivants. Les archéologues ont pensé qu'elle était
peut-être la maîtresse d'un homme riche qui l'aurait accusée de l'avoir envoûté
via un rituel de magie noire pour causer son infidélité. Au 4e siècle, nombre
de femmes de la région étaient souvent accusées de sorcellerie pour s'être
impliquées dans des relations adultères et même pour avoir été abusées
sexuellement en se voyant reprocher d'avoir utilisé des filtres d'amour pour
séduire des hommes. Les archéologues sont parvenus à la conclusion que la
défunte appartenant à la culture Chernyakhov qui dominait entre le 2e et le 5e
siècle la région englobant l'Ukraine, la Roumanie, la Moldavie et certaines
parties de la Biélorussie était une sorcière du fait que sa tombe ne contenait
aucune offrande traditionnelle car à l'époque on enterrait les morts avec des
objets comme des pots ou des assiettes. SAISI A LA TEFAF DE
NEW YORK, UN BAS-RELIEF ANTIQUE SERA
RENDU A L'IRAN Saisie en octobre
2017 dans le stand du marchand londonien Rupert Mace à la TEFAF de New York, un
bas-relief antique perse datant du 6e siècle avant-J.-C. devra être restitué à
l'Iran, ainsi en a décidé le tribunal de la cour suprême de la ville. Valant 1,2 million de
dollars, la sculpture en pierre de la dynastie achéménide montrant un garde
impérial barbu tenant une lance qui ornait un bâtiment dans les ruines de
Persepolis avait été selon la police pillée en 1936 avant de refaire surface en
1950 lorsqu'un collectionneur canadien l'avait offerte au Musée des Beaux-Arts
de Montréal où elle avait été volée en 2011 puis récupérée par sa société
d'assurances qui l'avait revendue à Mace et son associé Sam Fogg après que
celui-ci ait préféré gardé l'argent reçu à titre de dédommagement.
N'ayant pas été
poursuivis pour avoir acquis cette sculpture du fait qu'ils étaient de bonne foi,
les deux marchands ont signalé qu'elle était connue des chercheurs
depuis plus de 70 ans sauf qu'elle avait été exportée illégalement d'Iran pour
être contraints à contre-coeur de la restituer. Lors de son installation au
poste de procureur-général de New York, Cyrus Vance avait créé en 2012 une
unité chargée de traquer les pièces d'antiquités pillées qui depuis a saisi et
rendu des pièces pour un montant total estimé à quelque 150 millions de
dollars.
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Le marché de l'art ne vit plus qu'à travers des enchères conséquentes alors que les cotes de nombreux artistes se sont effondrées depuis des mois.
Ce phénomène inquiétant s'explique par l'émergence d'une nouvelle génération plus portée sur le Design ou le Street Art alors que ceux de la précédente sont moins nombreux dans les ventes qui ne marchent qu'avec des grands noms. Il y a vingt ans, les oeuvres de peintres comme ceux de Barbizon ou de l'Ecole de Paris s'arrachaient à des prix soutenus, ce qui n'est plus le cas à présent. Si Corot ou Millet se vendent encore bien, cela n'est plus le cas pour les autres artistes qui travaillaient dans la région de Fontainebleau dont les cotes se sont effondrées, tout comme celles des post-impressionnistes ou de nombreux artistes modernes.
Tobiasse, dont les oeuvres dépassaient allègrement la barre des 20.000 euros il y a dix ans, a subi une décote de plus de 50%, ainsi que Raya-Sorkine, Spitzer , Frank-Will et toute une pléiade d'artistes alors que les commissaires-priseurs ne sont disposés à vendre des oeuvres qu'à la condition de les estimer au plus bas.
Même topo pour les tableaux anciens qui se vendent mal s'ils ne sont pas signés de grands artistes avec là aussi, une baisse des prix. On ne parle pas des meubles du 18e et du 19e siècle dont les prix se sont écroulés. Pas de chance donc pour la génération des 50-70 ans qui ne possède plus que des pièces quasiment invendables.
UNE DECOUVERTE SENSATIONNELLE A CONFIRMER Un galeriste de New York a peut-être fait beaucoup mieux que lors d'une émission du genre "Storage Wars" ou "Trésor dans votre maison" en achetant à contre-coeur un conteneur non réclamé dans un entrepôt du New Jersey avant de l'ouvrir pour constater la présence de six oeuvres de Willem de Kooning jusque là inconnues. David Killen avait déboursé 15.000 dollars pour acquérir ce conteneur qui n'avait pas intéressé une maison de vente lequel renfermait quelque 200 oeuvres appartenant au conservateur du musée Salomon R. Guggenheim Orrin Riley, décédé en 1986 après s'être consacré à la peinture au moment de sa retraite, et à sa compagne Susanne Schnitzer, morte en 2009. Faute pour les exécuteurs testamentaires de cette dernière d'avoir pu retrouver ses héritiers pour leur restituer ces oeuvres, le procureur général de New York avait décidé de les disperser aux enchères. Les toiles étaient pour la plupart sans grande valeur, hormis les six attribuées à de Kooning qui seront difficiles à faire authentifier vu que la fondation représentant les intérêts de l'artiste a cessé ses expertises. Néanmoins, Killen a fait appel à Lawrence Castagna, un des anciens membres du comité, qui a estimé que les oeuvres datant des années 1970 étaient de la main de De Kooning, ce qu'a confirmé un spécialiste de l'artiste qui a voulu rester anonyme sauf que la fondation n'a pas jugé bon de répondre à leurs messages. Les oeuvres de De Kooning des années 1975 se vendent aux alentours de 3-4 millions de dollars alors que la meilleure enchère enregistrée pour l'artiste se situe à 66 millions de dollars. En attendant, il reste à savoir si Killen pourra faire authentifier ses découvertes pour toucher un beau pactole. UNE EPAVE RUSSE QUI SERAIT REMPLIE D'OR Shinil Group, une entreprise d'exploration sous-marine sud-coréenne, a annoncé avoir retrouvé l'épave du Dimitri Donskoi, un navire de la flotte impériale russe coulé à 1,3 km des côtes de l'île Ulleung-do qui pourrait contenir une incroyable cargaison d'or. Selon la légende, le bateau avait à son bord plusieurs milliards d'euros d'or, un trésor destiné à financer la bataille de Tsushima en 1905. Mais le navire s'était échoué en précipitant la fin de la guerre entre la Russie et le Japon qui, à travers sa victoire, avait alors fait son entrée dans le club très fermé des grandes puissances de la planète. Shinil Group a montré des images vidéo de la poupe du Dimitri Donskoi coulé à 435 m de profondeur mais n'a toujours pas exploré ses cales du fait que les autorités sud-coréennes doivent donner leur accord pour ce faire. Certains spécialistes de l'histoire de la guerre de 1905 entre la Russie et le Japon, n'ont toutefois pas pensé que le navire contenait autant d'or du fait que par sécurité les cargaisons auraient été réparties sur plusieurs bâtiments sans compter que les Russes auraient pu les transporter sans risque par train de Saint-Pétersbourg à Vladivostok. Il n'y aurait donc pas 14.000 tonnes d'or sur le Dimitri Donskoï qui ne jaugeait que 6.000 tonnes alors que d 'autres sociétés ont affirmé que la découverte faite par Shinil Group n'en est pas une puisque sa présence au fond de la mer avait été déterminée il y a 15 ans déjà et qu'en outre, rien n'a été trouvé à bord du navire. Dong-Ah Construction, une des sociétés ayant participé aux explorations en 2003, a indiqué pour sa part que l'épave ne contiendrait pas plus de 500 kilos d'or, soit une valeur de 16 millions d'euros. LE SQUELETTE PRESUME
D'UNE SORCIERE DECOUVERT EN UKRAINE Le squelette d'une
jeune sorcière présumée morte il y a 1600 ans a été découvert par des
archéologues dans le village de Lehedzyne, dans le centre de l'Ukraine. Cette femme âgée
d'environ 25 ans avait été enterrée la face contre terre avec son bras gauche
attaché derrière son dos, apparemment pour s'assurer qu'elle ne reviendrait pas
de parmi les morts pour hanter les vivants. Les archéologues ont pensé qu'elle était
peut-être la maîtresse d'un homme riche qui l'aurait accusée de l'avoir envoûté
via un rituel de magie noire pour causer son infidélité. Au 4e siècle, nombre
de femmes de la région étaient souvent accusées de sorcellerie pour s'être
impliquées dans des relations adultères et même pour avoir été abusées
sexuellement en se voyant reprocher d'avoir utilisé des filtres d'amour pour
séduire des hommes. Les archéologues sont parvenus à la conclusion que la
défunte appartenant à la culture Chernyakhov qui dominait entre le 2e et le 5e
siècle la région englobant l'Ukraine, la Roumanie, la Moldavie et certaines
parties de la Biélorussie était une sorcière du fait que sa tombe ne contenait
aucune offrande traditionnelle car à l'époque on enterrait les morts avec des
objets comme des pots ou des assiettes. SAISI A LA TEFAF DE
NEW YORK, UN BAS-RELIEF ANTIQUE SERA
RENDU A L'IRAN Saisie en octobre
2017 dans le stand du marchand londonien Rupert Mace à la TEFAF de New York, un
bas-relief antique perse datant du 6e siècle avant-J.-C. devra être restitué à
l'Iran, ainsi en a décidé le tribunal de la cour suprême de la ville. Valant 1,2 million de
dollars, la sculpture en pierre de la dynastie achéménide montrant un garde
impérial barbu tenant une lance qui ornait un bâtiment dans les ruines de
Persepolis avait été selon la police pillée en 1936 avant de refaire surface en
1950 lorsqu'un collectionneur canadien l'avait offerte au Musée des Beaux-Arts
de Montréal où elle avait été volée en 2011 puis récupérée par sa société
d'assurances qui l'avait revendue à Mace et son associé Sam Fogg après que
celui-ci ait préféré gardé l'argent reçu à titre de dédommagement.
N'ayant pas été
poursuivis pour avoir acquis cette sculpture du fait qu'ils étaient de bonne foi,
les deux marchands ont signalé qu'elle était connue des chercheurs
depuis plus de 70 ans sauf qu'elle avait été exportée illégalement d'Iran pour
être contraints à contre-coeur de la restituer. Lors de son installation au
poste de procureur-général de New York, Cyrus Vance avait créé en 2012 une
unité chargée de traquer les pièces d'antiquités pillées qui depuis a saisi et
rendu des pièces pour un montant total estimé à quelque 150 millions de
dollars.
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