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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
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    LIIème Chapitre
    INQUIETANTE BAISSE DE COTES D'ARTISTES
    20 Juillet 2018
    Le marché de l'art ne vit plus qu'à travers des enchères conséquentes alors que les cotes de nombreux artistes se sont effondrées depuis des mois.

    Ce phénomène inquiétant s'explique par l'émergence d'une nouvelle génération plus portée sur le Design ou le Street Art alors que ceux de la précédente sont moins nombreux dans les ventes qui ne marchent qu'avec des grands noms.
    Il y a vingt ans, les oeuvres de peintres comme ceux de Barbizon ou de l'Ecole de Paris s'arrachaient à des prix soutenus, ce qui n'est plus le cas à présent.  Si Corot ou Millet se vendent encore bien, cela n'est plus le cas  pour les autres artistes qui travaillaient dans la région de Fontainebleau dont les cotes se sont effondrées, tout comme celles des post-impressionnistes ou de nombreux artistes modernes. 

    Tobiasse, dont les oeuvres dépassaient allègrement la barre des 20.000 euros il y a dix ans, a subi une décote de plus de 50%, ainsi que Raya-Sorkine, Spitzer , Frank-Will et toute une pléiade d'artistes alors que les commissaires-priseurs ne sont disposés à vendre des oeuvres qu'à la condition de les estimer au plus bas.

    Même topo pour les tableaux anciens qui se vendent mal s'ils ne sont pas signés de grands artistes avec là aussi, une baisse des prix. On ne parle pas des meubles du 18e et du 19e siècle dont les prix se sont écroulés. Pas de chance donc pour la génération des 50-70 ans qui ne possède plus que des pièces quasiment invendables.

    UNE DECOUVERTE SENSATIONNELLE A CONFIRMER

    Un galeriste de New York a peut-être fait beaucoup mieux que lors d'une émission du genre "Storage Wars" ou "Trésor dans votre maison" en achetant à contre-coeur un conteneur non réclamé dans un entrepôt du New Jersey avant de l'ouvrir pour constater la présence de six oeuvres de Willem de Kooning jusque là inconnues.

    David Killen avait déboursé 15.000 dollars pour acquérir ce conteneur qui n'avait pas intéressé une maison de vente lequel renfermait quelque 200 oeuvres appartenant au conservateur du musée Salomon R. Guggenheim Orrin Riley, décédé en 1986 après s'être consacré à la peinture au moment de sa retraite, et à sa compagne Susanne Schnitzer, morte en 2009.

    Faute pour les exécuteurs testamentaires de cette dernière d'avoir pu retrouver ses héritiers pour leur restituer ces oeuvres, le procureur général de New York avait décidé de les disperser aux enchères. Les toiles étaient pour la plupart sans grande valeur, hormis les six attribuées à de Kooning qui seront difficiles à faire authentifier vu que la fondation représentant les intérêts de l'artiste a cessé ses expertises.

    Néanmoins, Killen a fait appel à Lawrence Castagna, un des anciens membres du comité, qui a estimé que les oeuvres datant des années 1970 étaient de la main de De Kooning, ce qu'a confirmé un spécialiste de l'artiste qui a voulu rester anonyme sauf que la fondation n'a pas jugé bon de répondre à leurs messages.

    Les oeuvres de De Kooning des années 1975 se vendent  aux alentours de 3-4 millions de dollars alors que la meilleure enchère enregistrée pour l'artiste se situe à 66 millions de dollars. En attendant, il reste à savoir si Killen pourra faire authentifier ses découvertes pour toucher un beau pactole.

    UNE EPAVE RUSSE QUI SERAIT REMPLIE D'OR

    Shinil Group, une entreprise d'exploration sous-marine sud-coréenne,  a annoncé avoir retrouvé l'épave du Dimitri Donskoi, un navire de la flotte impériale russe coulé à 1,3 km des côtes de l'île Ulleung-do qui  pourrait contenir une  incroyable cargaison d'or.

    Selon la légende, le bateau avait à son bord plusieurs milliards d'euros d'or, un trésor destiné à financer la bataille de Tsushima en 1905. Mais le navire s'était échoué en précipitant la fin de la guerre entre la Russie et le Japon qui, à travers sa victoire, avait  alors fait son entrée dans le club très fermé des grandes puissances de la planète.

    Shinil Group a montré des images vidéo de la poupe du Dimitri Donskoi coulé à 435 m de profondeur mais n'a toujours pas exploré ses cales du fait que les autorités sud-coréennes doivent donner leur accord pour ce faire. Certains spécialistes de l'histoire de la guerre de 1905 entre la Russie et le Japon, n'ont toutefois pas pensé que le navire contenait autant d'or du fait que par sécurité les cargaisons auraient été réparties sur plusieurs bâtiments sans compter que les Russes auraient pu les transporter sans risque par train de Saint-Pétersbourg à Vladivostok.

    Il n'y aurait donc pas 14.000 tonnes d'or sur le Dimitri Donskoï qui ne jaugeait que 6.000 tonnes alors que d 'autres sociétés ont affirmé que la découverte faite par Shinil Group n'en est pas une puisque sa présence au fond de la mer avait été déterminée il y a 15 ans déjà et qu'en outre, rien n'a été trouvé à bord du navire. Dong-Ah Construction, une des sociétés ayant participé aux explorations en 2003, a indiqué pour sa part que l'épave ne contiendrait pas plus de 500 kilos d'or, soit une valeur de 16 millions d'euros.

    LE SQUELETTE PRESUME D'UNE SORCIERE DECOUVERT EN UKRAINE

    Le squelette d'une jeune sorcière présumée morte il y a 1600 ans a été découvert par des archéologues dans le village de Lehedzyne, dans le centre de l'Ukraine.

    Cette femme âgée d'environ 25 ans avait été enterrée la face contre terre avec son bras gauche attaché derrière son dos, apparemment pour s'assurer qu'elle ne reviendrait pas de parmi les morts pour hanter les vivants. Les archéologues ont pensé qu'elle était peut-être la maîtresse d'un homme riche qui l'aurait accusée de l'avoir envoûté via un rituel de magie noire pour causer son infidélité.

    Au 4e siècle, nombre de femmes de la région étaient souvent accusées de sorcellerie pour s'être impliquées dans des relations adultères et même pour avoir été abusées sexuellement en se voyant reprocher d'avoir utilisé des filtres d'amour pour séduire des hommes. Les archéologues sont parvenus à la conclusion que la défunte appartenant à la culture Chernyakhov qui dominait entre le 2e et le 5e siècle la région englobant l'Ukraine, la Roumanie, la Moldavie et certaines parties de la Biélorussie était une sorcière du fait que sa tombe ne contenait aucune offrande traditionnelle car à l'époque on enterrait les morts avec des objets comme des pots ou des assiettes.

    SAISI A LA TEFAF DE NEW YORK, UN BAS-RELIEF  ANTIQUE SERA RENDU A L'IRAN

    Saisie en octobre 2017 dans le stand du marchand londonien Rupert Mace à la TEFAF de New York, un bas-relief antique perse datant du 6e siècle avant-J.-C. devra être restitué à l'Iran, ainsi en a décidé le tribunal de la cour suprême de la ville.

    Valant 1,2 million de dollars, la sculpture en pierre de la dynastie achéménide montrant un garde impérial barbu tenant une lance qui ornait un bâtiment dans les ruines de Persepolis avait été selon la police pillée en 1936 avant de refaire surface en 1950 lorsqu'un collectionneur canadien l'avait offerte au Musée des Beaux-Arts de Montréal où elle avait été volée en 2011 puis récupérée par sa société d'assurances qui l'avait revendue à Mace et son associé Sam Fogg après que celui-ci ait préféré gardé l'argent reçu à titre de dédommagement.

    N'ayant pas été poursuivis pour avoir acquis cette sculpture du fait qu'ils étaient de bonne foi, les deux marchands ont signalé qu'elle était connue des chercheurs depuis plus de 70 ans sauf qu'elle avait été exportée illégalement d'Iran pour être contraints à contre-coeur de la restituer. Lors de son installation au poste de procureur-général de New York, Cyrus Vance avait créé en 2012 une unité chargée de traquer les pièces d'antiquités pillées qui depuis a saisi et rendu des pièces pour un montant total estimé à quelque 150 millions de dollars.



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