Mercredi 28 janvier 2015, les époux Le Guennec en possession de 271 oeuvres de Picasso que l'héritier de l'artiste voulut saisir lorsque ceux-ci les lui avaient présentées en 2010 seront bientôt fixés sur leur sort lors de leur jugement.
Pierre Le Guennec, aujourd'hui âgé de 75 ans, avait affirmé avoir reçu ces oeuvres en cadeau de la part de Jacqueline Picasso dont il avait été au service en tant qu'homme à tout faire entre 1971 et 1985.
Jacqueline aurait donc remis à Le Guennec ces pièces dont un carnet de 91 dessins de Picasso datant de 1900 à 1932 en gage d'amitié juste avant la mort de l'artiste mais ce dernier avait attendu près de 40 ans en les remisant dans son garage avant de vouloir les faire authentifier par Claude, le fils de l'artiste lequel n'avait pas cru un seul mot de son histoire.
Le Guennec qui avait effectué des travaux dans la propriété de Picasso pour réparer l'installation électrique, installer une alarme et s'occuper de son entretien, s'était étonné d'être poursuivi en justice en se trouvant accusé de vol.
Ne connaissant rien à l'art, celui-ci s'était décidé à faire authentifier les oeuvres concernées en voulant simplement assurer l'avenir de ses enfants sans se douter qu'elles valaient 60 millions d'euros au bas mot.
A la veille de son procès, il a estimé que les enfants de Picasso en voulaient à Jacqueline en l'accusant de séquestrer leur père, ce qui d'après lui avait profondément blessé l'artiste pour imaginer que celui-ci et sa compagne aient tenu à lui témoigner leur reconnaissance. Il en a voulu pour preuve l'amitié que Jacqueline avait voué à son égard à partir de 1973 en aller le visiter à plusieurs reprises à son domicile ou en lui écrivant de nombreuses lettres. Bref, il espère récupérer ces oeuvres à l'issue de cette affaire en craignant toutefois ne pas vivre assez longtemps pour avoir gain de cause.
On a appris l'artiste aborigène Barbara Moore avait eu la désagréable surprise de voir passer dans une vente aux enchères en ligne organisée à Brisbane par la maison Arthouse de fausses oeuvres portant néanmoins sa propre signature.
15 toiles prétendument exécutées par Barbara Moore ont été proposées sur ce site de vente avec des estimations allant de 1500 à 2500 dollars. C'est alors que cette dernière s'est souvenue d'avoir été accostée un jour par un homme qui lui avait demandé de signer celles-ci tandis qu'il l'avait prise en photo tout en déclarant qu'il comptait les envoyer à l'étranger en échange de la promesse de verser de l'argent pour elle et sa famille.
On peut dire que l'artiste a été bien naïve de signer des toiles qui n'étaient pas d'elle sans se douter que cet individu ne manquerait pas de se faire du beurre à son détriment. On signalera toutefois qu'elle n'a pas été la seule à se montrer si stupide puisque Camille Corot avait manifesté un tel comportement durant la deuxième moitié du 19e siècle en acceptant de signer des pastiches, voire même de les retoucher, que des admirateurs venaient lui soumettre.
La mauvaise attribution d'une toile de John Constable par Christie's qui l'avait vendue en 2013 pour 3,500 livres sterling a profité à son nouveau propriétaire qui a eu le bonheur le 29 janvier de la voir s'envoler à 5,3 millions de dollars sur une estimation de 3 millions. Une belle affaire...
Christie's avait jugé que cette toile titrée "La Cathédrale de Salisbury vue des prairies" avait été peinte par un suiveur de Constable sans se rendre compte qu'il s'agissait en fait d'une oeuvre originale comme il a été ensuite démontré à l'issue d'un nettoyage approfondi.
Il s'est avéré que l'oeuvre avait été restaurée à la fin du 19e siècle par des restaurateurs peu qualifiées qui s'étaient permis d'y ajouter des repeints avec des pigments foncés et opaques lesquells l'avaient rendue moins lisible.
Selon les experts de Sotheby's, cette toile serait une des études faites par Constable en 1830 pour la réalisation de l'oeuvre que possède aujourd'hui la Tate Gallery de Londres, estimée, elle, à plus de 23 millions de livres.
En attendant, Lady Hambleden, la précédente propriétaire de cette toile, pourrait bien poursuivre Christie's pour négligence mais la maison de vente a allégué qu'il n'y avait pas d'opinions unanimes au sujet de son authentification.
A Londres, plusieurs membres du Parlement ont réclamé une meilleure coordination internationale pour juguler les exportations d'antiquités pillées en Syrie ou en Irakservant à financer l' Etat de l'Armée islamique.
Robert Jenrick, un député conservateur et ancien directeur de Christie's, a déclaré que les pillages dans ces pays étaient comparables à ceux commis durant la Seconde Guerre Mondiale et ajouté qu'il avait décidé de faire campagne pour combattre un tel fléau..
Ce dernier a également contacté des politiciens américains qui eux aussi ont compté faire voter une loi pour stopper les importations d'antiquités pillées en Irak et en Syrie.
Cette affaire est devenue hautement sensible vu le nombre inquiétant d'antiquités volées qui ont été recouvrées récemment. Pas plus tard qu'hier mercredi, Europol a annoncé la saisie dans le port de Valence de 2200 pièces provenant d'Egypte et l'arrestation de 35 trafiquants présumés à l'issue d'une enquête menée conjointement par les polices de 14 pays européens.
La semaine précédente, les polices italienne et suisse avait démantelé un réseau de trafiquants et saisi plus de 5000 objets antiques pillés dans le sud de l'Italie d'une valeur de 50 millions d'euros.
A Drouot, deux morions italiens rouillés estimés entre 300 et 500 euros qui avaient été donnés au catalogue comme de style Renaissance sont subitement devenus d'époque au moment de leur passage en vente pour atteindre 7000 euros au marteau tandis que 5 pistolets en mauvais état du 18e siècle et une carcasse d'arquebuse du 16e siècle démunie de la plupart de ses éléments en ivoire qu'un antiquaire aurait eu du mal à vendre plus de 1200 euros ont atteint le prix incroyable de 21 000 euros sur une enchère de départ de 1000 euros. A ne rien y comprendre...