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L'audace n'est pas toujours payante mais ne rien faire ne paie jamais...
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XLIème Chapitre
PRES DE 500 OEUVRES DE LA SUCCESSION GURLITT POURRAIENT PROVENIR DE VOLS COMMIS PAR LES NAZIS
28 Novembre 2014 |
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Vendredi 28 novembre 2014, le Kunstmuseum de Berne a publié une liste préliminaire des oeuvres que Cornelius Gurlitt lui a léguées afin de faire acte de transparence concernant celles qui auraient été spoliées par les nazis entre 1933 et le cours de la Seconde Guerre Mondiale puis cédées à son père Hildebrand, un marchand qui avait collaboré étroitement avec ces derniers. Le total des pièces possédées par Gurlitt saisies dans ses résidences de Munich et de Salzbourg suite à son interpellation par les douanes allemandes à bord d'un train en février 2012 serait d'entre 1300 et 1600 selon différentes sources. Bien que Cornelius Gurlitt eût maintes fois affirmé que son père les avait achetées légalement, le musée suisse a estimé qu'environ 500 d'entre elles pourraient être d'origine douteuse, notamment des paysages de Jan Brueghel et de Paul Cézanne, plusieurs oeuvres de Corot et de Courbet ainsi que des toiles de Monet, Manet, Gauguin ou Renoir. Parmi les oeuvres sur papier, figurent des aquarelles de George Grosz, un nu d'Ernst Ludwig Kirchner, un Paul Klee, un pastel montrant trois danseuses par Degas et un superbe Kandinsky. Un donateur du musée s'est proposé de l'aider financièrement afin de conduire des recherches sur les oeuvres sujettes à caution après l'annonce par cette institution qu'aucune oeuvre volée par les nazis n'y trouverait sa place. Le musée de Berne a ainsi fait voeu de rendre à leurs légitimes propriétaires les oeuvres reconnues comme spoliées par les nazis. Déjà, il a promis de restituer une toile volée de Pissarro alors que les héritiers du marchand et collectionneur Paul Rosenberg sont en passe de récupérer un Matisse de 1921 titré "Femme assise dans un fauteuil". En France, plusieurs œuvres volées par les nazis à des familles juives pourraient être restituées prochainement, selon les conclusions d'un rapport remis jeudi à la ministre de la Culture.
Parmi celles-ci figurent une huile sur toile anonyme du XVIIe siècle conservée au château-musée de Dieppe qui avait appartenu aux époux Bargeboer, des réfugiés néerlandais venus en France et une huile sur bois de la même époque par Floris van Schooten, détenue par le musée du Louvre.
D'autres œuvres pourraient être rendues, comme un ensemble de dix-sept objets d'art conservés à la Cité de la céramique, des huiles sur toile de Joseph Vernet figurant au musée Calvet d'Avignon et provenant de la collection d'Édouard de Rothschild (1868-1949) ou un dessin à la mine de plomb et crayons de couleur par Marie Laurencin ayant appartenu au marchand et collectionneur Paul Rosenberg, actuellement au musée national d'art moderne.
Un groupe de travail, composé d'experts, d'archivistes et d'historiens avait été formé il y a quinze mois pour tenter d'identifier les anciens propriétaires de quatre-vingt-cinq œuvres volées par les nazis actuellement en dépôt dans des musées. Des oeuvres ont pu être rachetées sur le marché de l'art, y compris dans des conditions douteuses mais d'autres résisteront vraisemblablement à toutes les investigations entreprises. Néanmoins, de nets progrès ont été enregistrés grâce au travail de ce groupe.
Les nazis avait pillé durant la guerre des centaines de milliers d'œuvres d'art, principalement dans des collections privées. En 1945, environ 100.000 d'entre elles purent être rapatriées en France et 85% d'entre elles avaient pu été restituées dans les années 1950, notamment à la famille Rothschild. Le reste fut toutefois vendu aux enchères tandis que les plus précieuses furent entreposées dans les musées.
Selon le groupe de travail, les recherches pourraient être étendues dans les archives privées, notamment celles des galeries et des marchands d'art actifs sous l'Occupation mais ces dernières sont toujours inaccessibles.
Considéré comme perdu depuis plus de 80 ans, un tableau du peintre hongrois Robert Bereny (1888-1953) va être vendu à Budapest le 13 décembre grâce à un historien d'art qui l'a identifié par un pur hasard en le découvrant dans le décor du film américain "Stuart Little".
Titré "La Femme Endormie au vase noir", le tableau qui a été évalué à plus de 110 000 euros avait disparu depuis la fin des années 1920 avant d'être redécouvert par Georgely Barki, un expert travaillant pour le musée national de Hongrie. Celui-ci avait figuré dans ce film sorti en 1999 mais personne ne l'avait alors remarqué jusqu'à ce que cet expert le visionne vingt ans plus tard en compagnie de sa fille âgée de trois ans pour alors s'exclamer que c'était bien le chef d'oeuvre de Bereny qui figurait dans le décor d'une scène.
L'expert connaissait seulement ce tableau par une vieille photo en noir et blanc publiée dans un catalogue de 1928 mais en vingt ans, personne parmi les millions de spectateurs qui avaient vu ce film n'avait fait le rapprochement. Décidé à savoir à qui l'oeuvre appartenait, il avait contacté Columbia et Sony Pictures, les sociétés de production du film, pour enfin entrer en contact avec une ancienne scénographe qui avait travaillé sur le tournage aux Etats-Unis laquelle lui raconta qu'elle l'avait acheté au nom de la production pour une misère chez un antiquaire de Pasadena en pensant que.son style moderniste pourrait bien convenir au salon de Stuart Little.
Ayant par la suite racheté le tableau aux studios à titre privé, celle-ci l'avait malheureusement revendu sans connaître sa véritable valeur avant que son nouveau possesseur ne soit retrouvé. Selon Barki, il est probable que le tableau avait été acheté avant-guerre par un collectionneur juif qui l'aurait emporté aux Etats-Unis pour échapper à la menace nazie.
Soumis à une envie pressante lors d'une visite au musée des Beaux-Arts d'Angers dans la soirée du 27 novembre, un étudiant éméché a uriné sur une toile monumentale du peintre flamand du 17e siècle Théodore van Thulden posée pratiquement à même le sol.
Le jeune homme a été intercepté dans la foulée par la sécurité du musée et conduit au poste de police. Présentant un taux d'alcoolémie de 1,8 g par litre de sang, il a passé la nuit en cellule de dégrisement. La toile n'a quant à elle subi que quelques jets d'urine qui ne nécessiteront qu'un simple nettoyage.
A l'occasion d'une conférence sur le rôle de l'art d'aujourd'hui prévue à Londres le 1er décembre, un ancien directeur de trois musées et galeries britanniques a décidé de dénoncer férocement nombre d'artistes d'avant-garde encensés par la critique mais peu compris du public, tels Tracey Emin ou Damien Hirst.
Julian Spalding n'entend pas y aller de main-morte en annonçant que l'argent public ferait mieux d'être dépensé pour de l'art véritable propre à séduire les masses au lieu d'être dilpapidé sur des achats d'oeuvres d'artistes qui ne séduisent qu'une minorité de gens.
Avant l'année 2015, le Arts Council du Royaume-Uni aura investi en quatre ans 2,4 milliards de livres provenant de fonds alloués par le gouvernement et la Loterie nationale mais selon Spalding cet argent devrait aller aux oeuvres culturelles qui plaisent au peuple et non à des artistes comme Hirst ou Jeff Koons qui créent des pièces seulement susceptibles d'amuser la galerie.
Lorsqu'il dirigeait des galeries à Glasgow, Sheffield et Manchester, Spalding avait organisé des expositions d'oeuvres de Beryl Cook et de LS Lowry, des artistes admirés du public mais peu appréciés par l'intelligentsia britannique. En 2012, il avait dénoncé la rétrospective de Hirst à la Tate en reprochant à son directeur de gaspiller l'argent des contribuables pour des oeuvres qui n'avaient rien à voir avec de l'art.
Il s'est d'autre part déclaré étonné que le gouvernement ait pu dépenser 535 000 livres pour l'oeuvre de Yinka Shonibare montrant le bateau de l'amiral Nelson dans une bouteille géante installée à Trafalgar Square et a fustigé la Tate pour avoir acquis à des prix exorbitants des oeuvres discutables de Martin Creed, un lauréat du prix Turner ou de Roelof Louw.
La Tate a répondu que ses achats étaient effectués avec ses fonds propres auxquels s'ajoutaient des dons et que sa politique était de réunir des oeuvres historiques, modernes ou contemporaines signées par des grands noms pour les associer à d'autres, comme celles de Turner ou Matisse, mais Spalding a estimé que les musées devraient choisir en priorité des oeuvres appelées à devenir immuables dans les esprits malgré le fait qu'un événement comme le prix Turner attire un nombre impressionnant de visiteurs qui en fait n'ont nul autre choix que de s'y presser.
Pour ce dernier, l'art devrait être avant tout populaire et non plus dépendre d'une élite intellectuelle alors que le gouvernement devrait tout mettre en oeuvre pour le rendre accessible à tous sans compter que les musées feraient mieux de sortir des chefs d'oeuvre de leurs réserves au lieu de rester assis sur des trésors qui ne seront jamais vus par le public.
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Vendredi 28 novembre 2014, le Kunstmuseum de Berne a publié une liste préliminaire des oeuvres que Cornelius Gurlitt lui a léguées afin de faire acte de transparence concernant celles qui auraient été spoliées par les nazis entre 1933 et le cours de la Seconde Guerre Mondiale puis cédées à son père Hildebrand, un marchand qui avait collaboré étroitement avec ces derniers. Le total des pièces possédées par Gurlitt saisies dans ses résidences de Munich et de Salzbourg suite à son interpellation par les douanes allemandes à bord d'un train en février 2012 serait d'entre 1300 et 1600 selon différentes sources. Bien que Cornelius Gurlitt eût maintes fois affirmé que son père les avait achetées légalement, le musée suisse a estimé qu'environ 500 d'entre elles pourraient être d'origine douteuse, notamment des paysages de Jan Brueghel et de Paul Cézanne, plusieurs oeuvres de Corot et de Courbet ainsi que des toiles de Monet, Manet, Gauguin ou Renoir. Parmi les oeuvres sur papier, figurent des aquarelles de George Grosz, un nu d'Ernst Ludwig Kirchner, un Paul Klee, un pastel montrant trois danseuses par Degas et un superbe Kandinsky. Un donateur du musée s'est proposé de l'aider financièrement afin de conduire des recherches sur les oeuvres sujettes à caution après l'annonce par cette institution qu'aucune oeuvre volée par les nazis n'y trouverait sa place. Le musée de Berne a ainsi fait voeu de rendre à leurs légitimes propriétaires les oeuvres reconnues comme spoliées par les nazis. Déjà, il a promis de restituer une toile volée de Pissarro alors que les héritiers du marchand et collectionneur Paul Rosenberg sont en passe de récupérer un Matisse de 1921 titré "Femme assise dans un fauteuil". En France, plusieurs œuvres volées par les nazis à des familles juives pourraient être restituées prochainement, selon les conclusions d'un rapport remis jeudi à la ministre de la Culture.
Parmi celles-ci figurent une huile sur toile anonyme du XVIIe siècle conservée au château-musée de Dieppe qui avait appartenu aux époux Bargeboer, des réfugiés néerlandais venus en France et une huile sur bois de la même époque par Floris van Schooten, détenue par le musée du Louvre.
D'autres œuvres pourraient être rendues, comme un ensemble de dix-sept objets d'art conservés à la Cité de la céramique, des huiles sur toile de Joseph Vernet figurant au musée Calvet d'Avignon et provenant de la collection d'Édouard de Rothschild (1868-1949) ou un dessin à la mine de plomb et crayons de couleur par Marie Laurencin ayant appartenu au marchand et collectionneur Paul Rosenberg, actuellement au musée national d'art moderne.
Un groupe de travail, composé d'experts, d'archivistes et d'historiens avait été formé il y a quinze mois pour tenter d'identifier les anciens propriétaires de quatre-vingt-cinq œuvres volées par les nazis actuellement en dépôt dans des musées. Des oeuvres ont pu être rachetées sur le marché de l'art, y compris dans des conditions douteuses mais d'autres résisteront vraisemblablement à toutes les investigations entreprises. Néanmoins, de nets progrès ont été enregistrés grâce au travail de ce groupe.
Les nazis avait pillé durant la guerre des centaines de milliers d'œuvres d'art, principalement dans des collections privées. En 1945, environ 100.000 d'entre elles purent être rapatriées en France et 85% d'entre elles avaient pu été restituées dans les années 1950, notamment à la famille Rothschild. Le reste fut toutefois vendu aux enchères tandis que les plus précieuses furent entreposées dans les musées.
Selon le groupe de travail, les recherches pourraient être étendues dans les archives privées, notamment celles des galeries et des marchands d'art actifs sous l'Occupation mais ces dernières sont toujours inaccessibles.
Considéré comme perdu depuis plus de 80 ans, un tableau du peintre hongrois Robert Bereny (1888-1953) va être vendu à Budapest le 13 décembre grâce à un historien d'art qui l'a identifié par un pur hasard en le découvrant dans le décor du film américain "Stuart Little".
Titré "La Femme Endormie au vase noir", le tableau qui a été évalué à plus de 110 000 euros avait disparu depuis la fin des années 1920 avant d'être redécouvert par Georgely Barki, un expert travaillant pour le musée national de Hongrie. Celui-ci avait figuré dans ce film sorti en 1999 mais personne ne l'avait alors remarqué jusqu'à ce que cet expert le visionne vingt ans plus tard en compagnie de sa fille âgée de trois ans pour alors s'exclamer que c'était bien le chef d'oeuvre de Bereny qui figurait dans le décor d'une scène.
L'expert connaissait seulement ce tableau par une vieille photo en noir et blanc publiée dans un catalogue de 1928 mais en vingt ans, personne parmi les millions de spectateurs qui avaient vu ce film n'avait fait le rapprochement. Décidé à savoir à qui l'oeuvre appartenait, il avait contacté Columbia et Sony Pictures, les sociétés de production du film, pour enfin entrer en contact avec une ancienne scénographe qui avait travaillé sur le tournage aux Etats-Unis laquelle lui raconta qu'elle l'avait acheté au nom de la production pour une misère chez un antiquaire de Pasadena en pensant que.son style moderniste pourrait bien convenir au salon de Stuart Little.
Ayant par la suite racheté le tableau aux studios à titre privé, celle-ci l'avait malheureusement revendu sans connaître sa véritable valeur avant que son nouveau possesseur ne soit retrouvé. Selon Barki, il est probable que le tableau avait été acheté avant-guerre par un collectionneur juif qui l'aurait emporté aux Etats-Unis pour échapper à la menace nazie.
Soumis à une envie pressante lors d'une visite au musée des Beaux-Arts d'Angers dans la soirée du 27 novembre, un étudiant éméché a uriné sur une toile monumentale du peintre flamand du 17e siècle Théodore van Thulden posée pratiquement à même le sol.
Le jeune homme a été intercepté dans la foulée par la sécurité du musée et conduit au poste de police. Présentant un taux d'alcoolémie de 1,8 g par litre de sang, il a passé la nuit en cellule de dégrisement. La toile n'a quant à elle subi que quelques jets d'urine qui ne nécessiteront qu'un simple nettoyage.
A l'occasion d'une conférence sur le rôle de l'art d'aujourd'hui prévue à Londres le 1er décembre, un ancien directeur de trois musées et galeries britanniques a décidé de dénoncer férocement nombre d'artistes d'avant-garde encensés par la critique mais peu compris du public, tels Tracey Emin ou Damien Hirst.
Julian Spalding n'entend pas y aller de main-morte en annonçant que l'argent public ferait mieux d'être dépensé pour de l'art véritable propre à séduire les masses au lieu d'être dilpapidé sur des achats d'oeuvres d'artistes qui ne séduisent qu'une minorité de gens.
Avant l'année 2015, le Arts Council du Royaume-Uni aura investi en quatre ans 2,4 milliards de livres provenant de fonds alloués par le gouvernement et la Loterie nationale mais selon Spalding cet argent devrait aller aux oeuvres culturelles qui plaisent au peuple et non à des artistes comme Hirst ou Jeff Koons qui créent des pièces seulement susceptibles d'amuser la galerie.
Lorsqu'il dirigeait des galeries à Glasgow, Sheffield et Manchester, Spalding avait organisé des expositions d'oeuvres de Beryl Cook et de LS Lowry, des artistes admirés du public mais peu appréciés par l'intelligentsia britannique. En 2012, il avait dénoncé la rétrospective de Hirst à la Tate en reprochant à son directeur de gaspiller l'argent des contribuables pour des oeuvres qui n'avaient rien à voir avec de l'art.
Il s'est d'autre part déclaré étonné que le gouvernement ait pu dépenser 535 000 livres pour l'oeuvre de Yinka Shonibare montrant le bateau de l'amiral Nelson dans une bouteille géante installée à Trafalgar Square et a fustigé la Tate pour avoir acquis à des prix exorbitants des oeuvres discutables de Martin Creed, un lauréat du prix Turner ou de Roelof Louw.
La Tate a répondu que ses achats étaient effectués avec ses fonds propres auxquels s'ajoutaient des dons et que sa politique était de réunir des oeuvres historiques, modernes ou contemporaines signées par des grands noms pour les associer à d'autres, comme celles de Turner ou Matisse, mais Spalding a estimé que les musées devraient choisir en priorité des oeuvres appelées à devenir immuables dans les esprits malgré le fait qu'un événement comme le prix Turner attire un nombre impressionnant de visiteurs qui en fait n'ont nul autre choix que de s'y presser.
Pour ce dernier, l'art devrait être avant tout populaire et non plus dépendre d'une élite intellectuelle alors que le gouvernement devrait tout mettre en oeuvre pour le rendre accessible à tous sans compter que les musées feraient mieux de sortir des chefs d'oeuvre de leurs réserves au lieu de rester assis sur des trésors qui ne seront jamais vus par le public.
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