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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • 701/1346
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    XXXIVème Chapitre
    COLIQUES NEFERTITIQUES POUR LES EGYPTIENS
    06 Mai 2011
    Mercredi 4 mai 2011, par la voix de son provisoire ministre des antiquités Zahi Hawass, l'Egypte a  décidé de réitérer sa demande de restitution du célèbre buste de la reine Néfertiti conservée à Berlin sous peine d'appliquer des représailles à l'Allemagne laquelle a immédiatement fait savoir qu'elle n'avait nullement l'intention de satisfaire la demande du Caire.

    Provisoirement maintenu à son poste après avoir interjeté appel d'une condamnation à une peine de prison et à la déchéance de ses fonctions de ministre pour une sombre histoire d'appel d'offres concernant la création d'une bibliothèque au musée du Caire, Hawass sera vraisemblablement la proie de coliques "néfertitiques" lorsqu'il apprendra le rejet de sa demande par Berlin.

    Formulée pas plus tard qu'à la fin du mois de janvier, une première demande égyptienne avait été déjà rejetée par les autorités allemandes au motif qu'elle n'avait pas de caractère officiel. Ayant décidé de la reformuler via son ministère, l'Egypte entend prouver que le buste de Néfertiti a été exporté illégalement voilà un siècle. Le ministère allemand de la Culture n'a pas tardé d'apporter une fin de non-recevoir en répondant qu'il n'était pas question de voir Neues Museum de Berlin se séparer de ce trésor antique.

    De toute manière, les événements qui ont conduit à la chute du Président Hosni Moubarak ont prouvé que les autorités égyptiennes n'avaient pas les moyens de protéger  son patrimoine après les nombreux pillages commis dans les musées et sites antiques du pays. Assurément, le buste de Néfertiti est bien mieux à l'abri à Berlin qu'au Caire.

    Jeudi 5 mai, très mauvaise matinée pour le commissaire-priseur Claude Boisgirard qui après une garde à vue dans les locaux de l'Office Central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) s'est vu signifier sa mise en examen dans le cadre de l'affaire des vols commis par les commissionnaires (cols rouges) à Drouot.

    Suite à la divulgation de ce scandale qui depuis la fin de 2009 a entraîné les mises en examen pour vols de plusieurs cols rouges ainsi que celles du commissaire-priseur Eric Caudron  et de Philippe Lartigue du groupe de vente Massol, tous deux soupçonnés d'avoir écoulé des pièces dérobées par ces commissionnaires peu scrupuleux.

    Certains observateurs se doutaient qu'en poursuivant son enquête-fleuve, l'OCBC allait finir par s'intéresser à d'autres officiers ministériels ayant été approchés par les cols rouges indélicats.

    Ancien Président de la Chambre nationale des commissaires-priseurs et actuellement membre du Conseil des ventes volontaires (CVV), Claude Boisgirard a été mis sous contrôle judiciaire en se voyant retirer le droit d'exercer. Inutile de dire que sa mise en examen pour recel de vols en bande organisée et d'association de malfaiteurs, a provoqué la stupeur parmi ses confrères et au sein du CVV duquel il a dû immédiatement démissionner.

    Après avoir repris à la fin des années 1960 l'étude fondée près de l'Hôtel Drouot par son père au milieu des années 1930, Claude Boisgirard a  travaillé depuis une dizaine d'années en association avec sa fille Isabelle.

    Loin d'être terminée, l'enquête de l'OCBC risque de déboucher sur d'autres mises en examen de commissaires-priseurs et de porter ainsi un terrible coup à l'ensemble de leur profession.

    En soirée, célébration au marché aux Puces de Saint-Ouen du cinquantenaire de la Librairie de l'Avenue, réputé être le plus grand entrepôt de livres en France. Une grande fête à laquelle étaient conviées plus de 300 personnes qui ont englouti des litres d'alcool et une quantité impressionnante d'excellents petits fours.

    A l'occasion, l'historien des Puces Jean Bedel dont on ne sait plus  l'âge a fait l'éloge de Henri Veyrier, fondateur de cette incroyable librairie, en signalant avec emphase que le marché aux Puces était bien vivant contrairement aux rumeurs le disant à l'agonie.

    Devenu le Mathusalem des journalistes d'art et ne visitant Saint-Ouen que deux ou trois fois par an, le brave Bedel aurait mieux fait de réviser sa copie en prenant simplement la peine d'être présent sur un stand durant seulement deux mois pour se rendre compte que  le marché est à l'agonie depuis déjà un belle lurette et que les belles années 1980 font partie d'un joli passé.

    Vendredi 6 mai, rien d'excitant lors du déballage matinal à Saint-Ouen à part une toile de Bernard Buffet de 1949 proposée à un prix digne d'une galerie de la Rive droite. Un peu plus tard, rencontre avec un chineur habitué à faire les poubelles et les décharges, des endroits où se font encore des découvertes étonnantes.

    " Plus la peine d'aller chiner à Saint-Ouen ou à Vanves, mieux vaut faire les poubelles et les bennes à déchets. Il n'y a pas longtemps, un farfouilleur a trouvé dans l'une d'elles une épée de parade ayant appartenu à Murat en personne- je ne blague pas !. Un autre a découvert dans une cave une toile de Delacroix enveloppée dans un journal datant de la dernière guerre, ce qui lui a permis de s'offrir  ensuite une villa sur la Côte d'Azur avec le produit de sa vente. Récemment, un autre encore a encaissé plus de 60 000 euros nets à Drouot après  avoir sorti d'une poubelle un lot de lettres échangées entre Edith Piaf et Marcel Cerdan et j'ai moi-même sauvé d'une décharge des meubles signés Ruhlmann", a-t-il d'un ton guilleret en ajoutant qu'on aurait tort de ne pas se salir les mains pour dénicher des trésors jetés aux ordures par des inconscients.
     
    Samedi 7 mai, certains défenseurs du patrimoine se sont inquiétés du risque de voir partir à l'étranger un exceptionnel ensemble de brouillons et discours de Maximilien Robespierre écrits entre 1792 et juillet 1794 appelé à être mis en vente à Paris chez Sotheby's.
     
    Estimés entre 200 000 et 300 000 euros, ces rares documents ainsi qu'un autre lot de lettres d'Augustin Robespierre à son frère Maximilien proviennent directement de la famille du conventionnel Philippe François Joseph Le Bas, un proche de Robespierre, Couthon et Saint-Just qui le 9 thermidor se suicida d'un coup de pistolet au moment où les anti-robespierristes dirigés par Barras envahirent l'Hôtel de Ville pour arrêter ces derniers.

    Le Bas avait épousé Elisabeth Duplay, fille de Maurice Duplay, logeur de Robespierre à Paris. De cette union était né Philippe Le Bas (1794-1860) qui fut le précepteur de Louis-Napoléon Bonaparte jusqu'en 1827 avant de devenir le directeur de la bibliothèque de La Sorbonne entre 1844 et 1860. Il avait également été membre de l' Académie des inscriptions et belles lettres de 1838 jusqu'à sa mort et président de l'Institut de France en 1858.

    Les 116 pages rédigées par Robespierre avec biffures et corrections montrant les repentirs d'écriture inédits du plus célèbre des orateurs de la Révolution française considéré comme le plus original de ses législateurs, constituent un ensemble inconnu jusqu'à nos jours jugé d'un intérêt primordial pour les historiens. Le voir partir à l'étranger serait donc une perte incommensurable du fait que ces derniers seraient privés de la possibilité de mieux comprendre le cheminement de la pensée de "l'irréductible" qui par son intransigeance fut conduit à sa perte.

    Dans la matinée, rien de palpitant au marché aux Puces de Vanves ou à Saint-Ouen, où le célèbre rocker Bob Geldof, plus débraillé que jamais, est venu faire un tour, pas tellement avec l'envie d'acheter mai simplement pour humer l'atmosphère du lieu.




     


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