Née d'un sentiment d'exclusion dans de nombreuses banlieues, l'insécurité actuellement est au centre de la campagne présidentielle en France. Chaque candidat propose ainsi des solutions à un problème qui s'amplifie sur le terrain et notamment au marché aux Puces de Saint-Ouen où le bureau de change de la rue des Rosiers a fait l'objet d'une nouvelle tentative de braquage le mardi 19 février peu avant neuf heures. Les vigiles, arrivés peu avant l'ouverture de cette officine, attendaient l'arrivée du camion de la Brink's sans savoir que des gangsters s'apprêtaient à les neutraliser.
Soudain, l'un d'eux les a repérés et a tenté de filer à bord de sa voiture mais d'autres membres du gang l'ont intercepté quelques mètres plus loin au feu rouge et l'ont forcé à descendre de son véhicule après avoir tiré un coup de feu en l'air.
Toutefois, en apercevant au loin le gyrophare d'une voiture de police, les gangsters ont alors tenté de prendre la fuite dans leur propre véhicule mais en paniquant ils ont calé et ont dû se rabattre sur celui du vigile pour s'enfuir avec son chien d'attaque à bord…
Apparemment, ces jeunes gangsters avaient mal préparé leur coup mais d'autres, plus aguerris, avaient réussi à s'emparer de plus de 100 000 euros dans ce même bureau de change il y a quelques semaines.
Les attaques contre les bureaux de change, plus vulnérables aujourd'hui que les banques, se sont multipliées depuis plusieurs mois à Paris et en banlieue alors qu'une nouvelle forme de braquage s'est développée : celle des foires d'antiquités.
Dernièrement, ce sont des marchands de bijoux qui ont été braqués à la foire d'Auteuil et à celle de Béziers et ces agressions ont jeté un certain émoi parmi les brocanteurs.
La criminalité étant en forte hausse, les candidats à l'élection présidentielle se sentent donc obligés de proposer en priorité des solutions pour combattre l'insécurité mais là, ils seront bien forcés de tenir leurs promesses vis-à-vis de leurs électeurs, bien plus que sur les autres questions qui semblent les tenir à cœur, comme la réduction des impôts ou la lutte contre le chômage qui ont néanmoins un rapport étroit avec la situation dans les banlieues.
Ce ne sont pas les prisons, vétustes et surpeuplées, qui remettront les délinquants dans le droit chemin mais plutôt des centres de rééducation appropriés où il faudra inculquer entre autres le civisme à ces derniers tout en les préparant à une vie professionnelle décente et en formant des éducateurs pour ce faire.
Samedi 23 février, un vent glacial souffle sur le marché de Vanves où un chineur très matinal aurait trouvé une huile de Van Dongen représentant un coq. Il lui faudra cependant convaincre la veuve de l'artiste pour l'authentifier avant de pousser ainsi un cocorico…
Dimanche 24 février, temps de chien à Saint-Ouen où les acheteurs ne sont pas légion. La plupart des marchands n'ont pas fait une seule recette de tout le week-end.
J.R s'est manifesté à nouveau. Cette fois-ci, il me téléphone pour m'annoncer avoir trouvé à Montreuil un grand tableau représentant un village avec des vaches au premier plan traité dans un style impressionniste et signé « C M ». Selon lui, il s'agirait d'un Claude Monet. A voir car le bougre a de plus en plus tendance à imaginer avoir trouvé des chefs d'œuvre qui n'en sont pas.