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L'oubli est parfois pire que l'amnésie
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XIVème Chapitre
Le marché parisien en hibernation
01 Février 2002 |
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Mercredi 20 février, de nombreux chineurs parisiens ont écumé la foire du Mans à la recherche de la pièce rare. L'un d'eux, surnommé « la fouine » pour sa ressemblance plus ou moins faciale avec cet animal, a trouvé un tableau post-impressionniste qu'il m'a décrit comme admirable. Henri Martin ? Le Sidaner ? L'heureux chineur, quelque peu échaudé par le rejet d'authentification d'une œuvre superbe de Fantin-Latour l'année dernière, n'a pas voulu révéler le nom de l'auteur de sa belle trouvaille de peur de s'attirer la poisse.Néanmoins, cette fois, il est sûr d'obtenir un certicat.Que Dieu l'entende... Loin des chineurs, à Aix-en-Provence, Charles Debbasch, doyen de la faculté de droit de cette ville, a été condamné à trois ans de prison, dont deux ferme, et 38 000 euros d'amende après s'être vu accuser d'avoir spolié la Fondation Vasarely qu'il avait dirigée à partir de 1982. Debbasch, qui s'était notamment retranché dans les locaux de la faculté durant deux jours pour s'opposer à une interpellation qu'il estimait injustifiée, a hurlé à la machination et décidé de faire appel de ce jugement. Le scandale avait éclaté en 1992, cinq ans avant la mort de Vasarely, lorsqu'à la suite du décès de l'épouse de l'artiste, les héritiers de ce dernier avaient engagé une procédure en accusant Debbasch d'avoir profité de ses fonctions pour piller la fondation et provoquer sa ruine. Mis en examen pour abus de confiance, l'universitaire a eu à répondre de la disparition d'actifs en œuvres pour un montant de 6,5 millions d'euros alors qu'une enquête a permis de découvrir que de nombreuses toiles de Vasarely s'étaient retrouvées dans des galeries en Suisse, aux Etats-Unis et en Corée du Sud. Debbasch a accusé pour sa part les héritiers de l'artiste d'avoir mis en circulation sur le marché des milliers de faux. En attendant, la cote de l'artiste en a pris un sacré coup. A Paris, c'est toujours l'affaire de l'avenue Foch révélée par "Le Parisien" et "Libération" qui met les marchands de tableaux anciens en transes et leur font craindre une mauvaise publicité pour leur profession. Les rumeurs vont toujours bon train mais ce que dit la presse n'est pas forcément vrai. Ce vendredi 22 février, cette affaire n'a donc pas manqué de faire l'objet de commentaires acerbes de la part de grands marchands venus chiner à Saint-Ouen. « On n'avait pas besoin de cela surtout que les affaires marchent mal en ce moment mais cette histoire paraît invraisemblable. N'empêche, tous les camions transportant des tableaux sont de plus en plus minutieusement contrôlés aux frontières par les douanes qui épluchent les documents d'exportation et à ce rytme on va vite se faire des cheveux blancs », me dit un galeriste d'un ton agacé tout en espérant que ce dossier bizarre sera vite refermé. Ce matin, il n'y avait pas grand chose à chiner alors que durant toute la semaine, il n'y avait non plus rien d'intéressant dans les salles de Drouot, à croire que le marché parisien est en hibernation. Vivement le printemps !
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Mercredi 20 février, de nombreux chineurs parisiens ont écumé la foire du Mans à la recherche de la pièce rare. L'un d'eux, surnommé « la fouine » pour sa ressemblance plus ou moins faciale avec cet animal, a trouvé un tableau post-impressionniste qu'il m'a décrit comme admirable. Henri Martin ? Le Sidaner ? L'heureux chineur, quelque peu échaudé par le rejet d'authentification d'une œuvre superbe de Fantin-Latour l'année dernière, n'a pas voulu révéler le nom de l'auteur de sa belle trouvaille de peur de s'attirer la poisse.Néanmoins, cette fois, il est sûr d'obtenir un certicat.Que Dieu l'entende... Loin des chineurs, à Aix-en-Provence, Charles Debbasch, doyen de la faculté de droit de cette ville, a été condamné à trois ans de prison, dont deux ferme, et 38 000 euros d'amende après s'être vu accuser d'avoir spolié la Fondation Vasarely qu'il avait dirigée à partir de 1982. Debbasch, qui s'était notamment retranché dans les locaux de la faculté durant deux jours pour s'opposer à une interpellation qu'il estimait injustifiée, a hurlé à la machination et décidé de faire appel de ce jugement. Le scandale avait éclaté en 1992, cinq ans avant la mort de Vasarely, lorsqu'à la suite du décès de l'épouse de l'artiste, les héritiers de ce dernier avaient engagé une procédure en accusant Debbasch d'avoir profité de ses fonctions pour piller la fondation et provoquer sa ruine. Mis en examen pour abus de confiance, l'universitaire a eu à répondre de la disparition d'actifs en œuvres pour un montant de 6,5 millions d'euros alors qu'une enquête a permis de découvrir que de nombreuses toiles de Vasarely s'étaient retrouvées dans des galeries en Suisse, aux Etats-Unis et en Corée du Sud. Debbasch a accusé pour sa part les héritiers de l'artiste d'avoir mis en circulation sur le marché des milliers de faux. En attendant, la cote de l'artiste en a pris un sacré coup. A Paris, c'est toujours l'affaire de l'avenue Foch révélée par "Le Parisien" et "Libération" qui met les marchands de tableaux anciens en transes et leur font craindre une mauvaise publicité pour leur profession. Les rumeurs vont toujours bon train mais ce que dit la presse n'est pas forcément vrai. Ce vendredi 22 février, cette affaire n'a donc pas manqué de faire l'objet de commentaires acerbes de la part de grands marchands venus chiner à Saint-Ouen. « On n'avait pas besoin de cela surtout que les affaires marchent mal en ce moment mais cette histoire paraît invraisemblable. N'empêche, tous les camions transportant des tableaux sont de plus en plus minutieusement contrôlés aux frontières par les douanes qui épluchent les documents d'exportation et à ce rytme on va vite se faire des cheveux blancs », me dit un galeriste d'un ton agacé tout en espérant que ce dossier bizarre sera vite refermé. Ce matin, il n'y avait pas grand chose à chiner alors que durant toute la semaine, il n'y avait non plus rien d'intéressant dans les salles de Drouot, à croire que le marché parisien est en hibernation. Vivement le printemps !
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