Vendredi 25 janvier, la bataille qui oppose des financiers pour la prise de contrôle de Drouot S.A depuis que la réforme des ventes en France a été adoptée prend une nouvelle ampleur. Pierre Bergé a été le premier à faire une offre visant à restructurer le groupement des commissaires-priseurs mais voilà qu'un groupe de la Barclays et la banque Rothschild et Compagnie ont décidé à leur tour de mettre les pieds dans le plat.
Drouot S.A contrôle les baux de location de l'hôtel des ventes de la rue de Richelieu, Drouot-Montaigne et Drouot-Nord ainsi que la publication de la Gazette de l'Hôtel Drouot et du Moniteur des Ventes, des titres qui font l'objet de toutes les convoitises.
Pierre Bergé cherche avant tout à unifier les commissaires-priseurs après la mise en application de la réforme qui a permis l'arrivée de maisons ventes étrangères à Paris où elles ont commencé à annexer une part non négligeable du marché de l'art. L'heure est donc venue pour les commissaires-priseurs de faire table rase de leur vieille et stupide volonté d'indépendance afin de créer des entités solides pour résister à cette dangereuse concurrence et éviter un naufrage probable à plus ou moins long terme.
Bergé ne fait pas cependant l'unanimité parmi les quelque 70 groupes de commissaires-priseurs lesquels craignent de le voir régner en autocrate sur Drouot. SA. Un banquier qui connaît bien le président du groupe Barclays Equity France a même osé me dire que ce passionné d'art avait eu une attitude plutôt rigide vis-à-vis d'Yves Saint Laurent, réduit comme un damné à ne rien faire d'autre dans son antre de luxe qu'à dessiner sans cesse des modèles durant 25 ans. A l'en croire, Bergé serait une sorte de dictateur qui a néanmoins pour lui une passion démesurée pour l'art. Bonjour les ragots...
Le groupe de la Barclays ne s'intéresse pas directement aux études des commissaires-priseurs mais avant tout à Drouot S.A et à la Gazette, convoitée également par Thierry Ehrmann, l'audacieux entrepreneur du Net, ou par le groupe de presse Hachette-Filipacchi-Media.
La bagarre en coulisse bat son plein et dès le 1er février on y verra plus clair, à savoir si l'offre de Bergé, dont la date butoir a été fixée au 31 janvier, sera considérée comme la plus intéressante. En attendant, Drouot est à la croisée des chemins et ne pourra donc pas échapper à une grande révolution qui mettra fin à des années de pratiques jugées moyenâgeuses.