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A LA DECOUVERTE DE LEON BORGEY
16 Octobre 2008
Catégorie : FOCUS
Peu d'amateurs connaissent l'oeuvre du sculpteur Léon Borgey (1888-1959) alors que celui-ci était un artiste de l'envergure d'un Lipchitz, d'un Laurens ou d'un Zadkine. Seulement voilà, Borgey resta quasiment inconnu toute sa vie  à cause de son caractère ombrageux.

Heureusement, ce sculpteur plutôt génial a pu sortir de l'oubli grâce à la ténacité du galeriste Jacques De Vos qui depuis plus de vingt ans a été plus qu'impressionné par les oeuvres produites tout au long d'une carrière durant laquelle les recherches cubistes ont côtoyé les sujets baroques.

Borgey naquit en octobre 1888 dans un petit village de l'Ain dans une famille de tailleurs de pierre. Ce fut ainsi qu'il apprit  très tôt les rudiments du métier de son père qui était notamment spécialisé dans la fabrication de pierres tombales.

Monté à Paris en 1912, Borgey étudia aux Beaux-Arts au sein de l'atelier Coutan puis se démarqua vite des sculpteurs de sa génération en préférant faire cavalier seul dans un atelier de la rue Delambre, près de la Butte Montmartre. Vers 1917, il entra en contact avec Zadkine et Lipchitz tout en conservant une attitude réservée à leur égard.

Plutôt renfermé, Borgey ne chercha pas à participer aux fêtes  ou réunions au cours desquelles nombre d'artistes se montraient de manière ostentatoire, ce qui le desservit alors qu'il était en train de réaliser des oeuvres stupéfiantes qui n'avaient rien à envier à celles des sculpteurs en vue.

Pourtant, Borgey fut loin d'être une sorte de misanthrope puisqu'il prenait souvent plaisir à saisir sur le vif les inconnus qui croisaient son chemin lors d'interminables promenades. A cet égard, il porta un regard  curieux sur le monde qui l'entourait mais ne sut ou ne voulut jamais évoluer avec aisance dans le milieu des artistes ayant soif de célébrité.

On ne sait  pas exactement quelles furent ses relations avec Zadkine envers qui il nourrissait une rancoeur particulièrement farouche. A l'évocation du nom de ce dernier, son regard s'assombrissait puis il éructait en disant que ce dernier l'avait détruit sans expliquer pourquoi.

Le jeune provincial n'avait certainement pas l'aisance affichée par l'artiste d'origine russe issu d'une famille fortunée et il paraît vraisemblable que Zadkine le traita avec dédain. N'empêche, à voir leurs oeuvres on ne manquera pas d'être confondu par tant de similarités, à croire qu'ils avaient travaillé ensemble sur des sujets identiques, notamment lorsqu'on découvre les sculptures de Borgey telles "La Femme assie" , "Le Joueur d'Accordéon" de 1920 , "Les Marins" produits en 1926 ou "Nu Drapé" de 1928.

Introverti, peut-être mal à l'aise en raison de ses origines modestes, Borgey fut pourtant loin d'être un reclus puisqu'il voyagea souvent hors de France dès 1917. Il alla ainsi en Italie, au Maroc et aux Pays-Bas où il revint souvent toujours muni de son carnet de croquis qu'il se plut à remplir abondamment.

Borgey fut ainsi durant toute sa vie un personnage complexe, affichant dun côté un caractère difficile voir acariâtre et de l'autre, une envie profonde de découvrir ses semblables en saisissant dans ses dessins des moments de vie de la nature humaine, des séquences souvent joyeuses rythmées par la danse ou les chansons  en posant sur eux un regard attendri ou ébahi.

S'il resta à l'écart des réunions ou raouts artistiques de Montparnasse, Borgey se lança néanmoins dans l'aventure cubiste dès 1918 en réalisant des oeuvres stupéfiantes sans pour autant chercher à capter l'attention d'un marchand  ou d'un mécène influent. Ainsi, pour vivre, il  ne rechigna pas à arrondir ses fins de mois en réalisant des travaux d'artisanat pour l'entreprise familiale de marbrerie ou des antiquaires.

Borgey n'eut jamais la chance de croiser sur sa route un riche admirateur qui aurait saisi toute l'importance de son oeuvre et poursuivit donc sa carrière cahin-caha en alternant des réalisations artistiques et artisanales tandis que la soixantaine venue ,la consécration lui tendit enfin les bras  lors de sa rencontre avec le directeur du Stedelijk Museum d'Amsterdam qui fut enthousiasmé par son oeuvre mais la malchance s'en mêla puisque son admirateur mourut avant de pouvoir lui organiser une exposition majeure.

Au crépuscule de sa vie, au moment où Zadkine, Laurens et Lipchitz étaient au faîte de leur gloire, Borgey finit par se plaindre amèrement de l'anonymat dans lequel il était resté confiné et chercha subitement à obtenir la reconnaissance qu'il estimait méritée en sollicitant timidement André Malraux, alors ministre de la Culture du Général De Gaulle, pour obtenir une aide qui lui aurait permis d'organiser une rétrospective le concernant. Las, cette demande touchante de la part d'un artiste peu habitué à faire des ronds de jambe auprès des instances officielles resta sans suite puisque  la mort vint le prendre quelques mois plus tard.

Grâce à Jacques De Vos, on a pu découvrir l'étendue du talent de Léon Borgey qui disait "il y a du sang dans mes sculptures" tant celui-ci vécut son art comme le prolongement de lui-même. On pourrait aussi dire que Borgey avait la sculpture dans le sang dès sa naissance et qu'il sut utiliser avec un rare talent les outils maniés très tôt dans l'entreprise familiale pour créer des oeuvres inouïes. Il sut aussi marier avec art la polychromie avec ses sculptures, un peu à la manière des sculpteurs du Moyen-Age , mais aussi avec un sens consommé de la mise en forme colorée selon un rapport géométrique très élaboré.

Borgey sut aussi admirablement jongler avec le Cubisme en respectant ses règles tout en créant des formes découpées ou brisées avec une rare sensibilité. Il y a  souvent du Lipchitz et du Zadkine tout craché dans ses oeuvres et parfois une imagerie  très proche de celle de Laurens, ce qui laisserait croire à leurs influences si on ne savait pas à quel point il resta farouchement indépendant.

A partir des années 1930, Borgey emprunta ses thèmes au quotidien de personnages plutôt humbles en suivant un cheminement artistique parallèle à celui de Zadkine, sans pourtant jamais le copier. En 1935, il créa des formes sensuelles et lyriques, un peu à la manière de Laurens, en manifestant  alors une profonde spiritualité pour aller ainsi à l'essentiel.

Jacques De Vos organisa dans sa galerie du 7 mars au 6 avril 1991 une exposition consacrée à Léon Borgey, un artiste peu à peu sorti de l'oubli dont les oeuvres sont restées encore très abordables sur le marché. Une fois la crise actuelle passée, celles-ci prendront sûrement de plus en plus de la valeur. On peut sans risque tenir le pari.

Adrian Darmon
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