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La passion d'un artiste se transforme souvent en chemin de croix
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXXIVème Chapitre
MENACES SUR LE MUSEE DU CAIRE
31 Janvier 2011 |
Cet article se compose de 2 pages.
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Samedi 29 janvier 2010, des vandales ont profité des émeutes du Caire pour s'introduire dans le célèbre musée des antiquités égyptiennes où ils ont endommagé deux momies et brisé plusieurs vitrines et objets. Ce que artcult avait prédit est donc arrivé, à savoir que les trésors archéologiques conservés en Egypte seraient en péril en cas de troubles graves, ce que Zahi Hawass, le bouillant chef du Conseil Suprême des antiquités égyptiennes qui n'a eu de cesse de réclamer le retour de pièces importantes détenues par des musées étrangers, n'a vraiment pas compris. Le Musée a heureusement pu être protégé à temps par des cordons de Cairotes soucieux de protéger la mémoire de leur histoire mais l'attaque qui l'a visé a démontré que ses nombreux trésors risquaient d'être en danger, notamment au cas où l'Egypte serait confrontée à une révolution de grande ampleur ou pire, si le pays devait tomber sous la coupe de fanatiques musulmans peu enclins à faire honneur à des oeuvres jugées impies. En attendant, le comble du ridicule pour Zahi Hawass serait de continuer à réclamer le retour du buste de Néfertiti ou la pierre de Rosette qui semblent plutôt bien à l'abri au Neues Museum de Berlin et au British Museum de Londres. Lundi 31 janvier 2011, plus de 2000 objets volés au cours d'une cinquantaine de cambriolages ont été découvert par la police chez un accro du cambriolage demeurant dans le Bassin d'Arcachon. Au milieu de cet impressionnant butin, figuraient des œuvres d'art, dont 3 esquisses de Picasso et un dessin de Soulages ainsi que 500 bouteilles de vin, notamment de grands crus classés. C'est grâce à une empreinte génétique laissée sur un gant lors d'un récent cambriolage que la police a pu remonter jusqu'au suspect lequel aura bien du mal à nier être l'auteur de nombreux vols commis dans la région. Mardi 1er février 2011, L'Iran a menacé de rompre ses relations culturelles avec la France si le Musée du Louvre refusait de lui prêter des pièces historiques iraniennes pour une exposition à Téhéran. Le vice-président iranien, Hamid Baghaie, également directeur de l'Organisation iranienne du tourisme et de l'héritage culturel a rappelé que le Musée du Louvre avait signé un accord avec l'Iran pour obtenir des prêts en vue d'organiser des expositions sur l'art iranien à Paris tout en acceptant de présenter à Téhéran une partie de sa collection d'art persan. Baghaie a ajouté que les responsables du Louvre auraient tort de traîner les pieds, faute de quoi l'Iran irait jusqu'à rompre ses relations culturelles avec la France. Faut vraiment pas badiner avec les Iraniens qui s'en étaient déjà pris au British Museum en 2009 en le forcer finalement à leur prêter son célèbre cylindre de Cyrus pour une exposition à Téhéran. Bref, pour l'instant il ne s'agit que de prêts sauf qu'un de ces quatre, l'Iran pourrait bien s'abstenir de tout retour à l'envoyeur. Mercredi 2 février, le magazine « Le Point » a signalé que la police avait saisi plusieurs œuvres d'art « disparues ou volées » lors d'une perquisition menée les 11 et 12 janvier 2011 à l'Institut Wildenstein. Selon le magazine, l'Office central pour la lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) aurait notamment découvert un tableau de Berthe Morisot parmi une trentaine d'œuvres à l'origine douteuse qui avaient été photographiées lors de plusieurs perquisitions menées par l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) en octobre et en novembre 2010 chez un avocat et à l'Institut Wildenstein dans le cadre d'une enquête sur la succession du grand marchand d'art et collectionneur Daniel Wildenstein, décédé en 2001. En octobre 2010, les policiers avaient perquisitionné le cabinet et le domicile d'un des avocats de Guy Wildenstein, le fils du marchand d'art, dans le cadre d'une information judiciaire pour abus de confiance et blanchiment suite à une plainte déposée par Sylvia Roth, la veuve de Daniel, décédée le 13 du mois suivant. Le tableau de Berthe Morisot avait disparu en 1993 lors de la succession d'Anne-marie Rouart dont Guy Wildenstein avait été l'exécuteur testamentaire. C'est le dépôt d'une plainte pour recel de vol de la part d'Yves Rouart, un des co-héritiers de cette dernière qui a été à l'origine d'une nouvelle enquête le mois dernier. Seconde épouse de Daniel Wildenstein, Sylvia Roth avait accusé dès la fin de 2001 ses beaux-fils Guy et Alec, décédé en 2008, d'avoir placé à l'abri de paradis fiscaux l'ensemble de la fortune familiale, constituée notamment d'une fabuleuse collection de tableaux évaluée selon elle à plus de 5 milliards d'euros. Il y a de cela quelques années, un couple vivant en France avait tenté en vain de récupérer des Wildenstein deux tableaux de maîtres du XIXe siècle confiés à la vente à un galeriste de la Rive Gauche lequel les avait vendus à leur galerie de New York en omettant de régler le montant de ces transactions à leurs légitimes propriétaires.
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Samedi 29 janvier 2010, des vandales ont profité des émeutes du Caire pour s'introduire dans le célèbre musée des antiquités égyptiennes où ils ont endommagé deux momies et brisé plusieurs vitrines et objets. Ce que artcult avait prédit est donc arrivé, à savoir que les trésors archéologiques conservés en Egypte seraient en péril en cas de troubles graves, ce que Zahi Hawass, le bouillant chef du Conseil Suprême des antiquités égyptiennes qui n'a eu de cesse de réclamer le retour de pièces importantes détenues par des musées étrangers, n'a vraiment pas compris. Le Musée a heureusement pu être protégé à temps par des cordons de Cairotes soucieux de protéger la mémoire de leur histoire mais l'attaque qui l'a visé a démontré que ses nombreux trésors risquaient d'être en danger, notamment au cas où l'Egypte serait confrontée à une révolution de grande ampleur ou pire, si le pays devait tomber sous la coupe de fanatiques musulmans peu enclins à faire honneur à des oeuvres jugées impies. En attendant, le comble du ridicule pour Zahi Hawass serait de continuer à réclamer le retour du buste de Néfertiti ou la pierre de Rosette qui semblent plutôt bien à l'abri au Neues Museum de Berlin et au British Museum de Londres. Lundi 31 janvier 2011, plus de 2000 objets volés au cours d'une cinquantaine de cambriolages ont été découvert par la police chez un accro du cambriolage demeurant dans le Bassin d'Arcachon. Au milieu de cet impressionnant butin, figuraient des œuvres d'art, dont 3 esquisses de Picasso et un dessin de Soulages ainsi que 500 bouteilles de vin, notamment de grands crus classés. C'est grâce à une empreinte génétique laissée sur un gant lors d'un récent cambriolage que la police a pu remonter jusqu'au suspect lequel aura bien du mal à nier être l'auteur de nombreux vols commis dans la région. Mardi 1er février 2011, L'Iran a menacé de rompre ses relations culturelles avec la France si le Musée du Louvre refusait de lui prêter des pièces historiques iraniennes pour une exposition à Téhéran. Le vice-président iranien, Hamid Baghaie, également directeur de l'Organisation iranienne du tourisme et de l'héritage culturel a rappelé que le Musée du Louvre avait signé un accord avec l'Iran pour obtenir des prêts en vue d'organiser des expositions sur l'art iranien à Paris tout en acceptant de présenter à Téhéran une partie de sa collection d'art persan. Baghaie a ajouté que les responsables du Louvre auraient tort de traîner les pieds, faute de quoi l'Iran irait jusqu'à rompre ses relations culturelles avec la France. Faut vraiment pas badiner avec les Iraniens qui s'en étaient déjà pris au British Museum en 2009 en le forcer finalement à leur prêter son célèbre cylindre de Cyrus pour une exposition à Téhéran. Bref, pour l'instant il ne s'agit que de prêts sauf qu'un de ces quatre, l'Iran pourrait bien s'abstenir de tout retour à l'envoyeur. Mercredi 2 février, le magazine « Le Point » a signalé que la police avait saisi plusieurs œuvres d'art « disparues ou volées » lors d'une perquisition menée les 11 et 12 janvier 2011 à l'Institut Wildenstein. Selon le magazine, l'Office central pour la lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) aurait notamment découvert un tableau de Berthe Morisot parmi une trentaine d'œuvres à l'origine douteuse qui avaient été photographiées lors de plusieurs perquisitions menées par l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) en octobre et en novembre 2010 chez un avocat et à l'Institut Wildenstein dans le cadre d'une enquête sur la succession du grand marchand d'art et collectionneur Daniel Wildenstein, décédé en 2001. En octobre 2010, les policiers avaient perquisitionné le cabinet et le domicile d'un des avocats de Guy Wildenstein, le fils du marchand d'art, dans le cadre d'une information judiciaire pour abus de confiance et blanchiment suite à une plainte déposée par Sylvia Roth, la veuve de Daniel, décédée le 13 du mois suivant. Le tableau de Berthe Morisot avait disparu en 1993 lors de la succession d'Anne-marie Rouart dont Guy Wildenstein avait été l'exécuteur testamentaire. C'est le dépôt d'une plainte pour recel de vol de la part d'Yves Rouart, un des co-héritiers de cette dernière qui a été à l'origine d'une nouvelle enquête le mois dernier. Seconde épouse de Daniel Wildenstein, Sylvia Roth avait accusé dès la fin de 2001 ses beaux-fils Guy et Alec, décédé en 2008, d'avoir placé à l'abri de paradis fiscaux l'ensemble de la fortune familiale, constituée notamment d'une fabuleuse collection de tableaux évaluée selon elle à plus de 5 milliards d'euros. Il y a de cela quelques années, un couple vivant en France avait tenté en vain de récupérer des Wildenstein deux tableaux de maîtres du XIXe siècle confiés à la vente à un galeriste de la Rive Gauche lequel les avait vendus à leur galerie de New York en omettant de régler le montant de ces transactions à leurs légitimes propriétaires.
Cette affaire plutôt embarrassante pourrait bien risquer de mettre à mal la toute-puissance des Wildenstein que les marchands Georges et son fils Daniel avaient su si bien établir durant une bonne partie du XXe siècle. Jusqu'à sa mort en 2001, Daniel Wildenstein avait été connu pour faire la loi sur le marché au point que nul expert n'osait s'opposer à ses avis. Ainsi, dans les mains de Daniel, un tableau attribué timidement à un maître pouvait immédiatement devenir authentique à 100% à condition de devenir sa propriété alors qu'un refus de vente en sa faveur risquait de transformer à jamais l'oeuvre en vulgaire croûte. Devenu incontournable et sachant cultiver mieux que quiconque l'art du secret, Daniel Wildenstein faisait ce qu'il voulait d'autant plus que sa stature lui permettait d'avoir accès à de grandes collections ou d'être nommé comme son fils Guy exécuteur testamentaire de riches collectionneurs décédés, notamment Anne-Marie Rouart laquelle avait légué à son neveu Yves les meubles meublants de son appartement de Neuilly, c'est à dire les meubles et les tableaux accrochés aux murs. Il avait donc suffi de les décrocher et de les poser à terre lors de l'inventaire pour qu'ils ne fussent plus des meubles meublants… Surpris d'apprendre qu'une toile de Berthe Morisot titrée « Chaumière en Normandie », disparue avec trois Manet et un Corot lors de cette succession en 1993, avait été photographiée en novembre 2010 par la police au cours d'une perquisition dans la chambre forte de l'Institut Wildenstein, rue de la Boétie, Yves Rouart, neveu et co-héritier d'Anne-Marie Rouart, s'était alors empressé de déposer plainte contre X pour recel tout en soupçonnant les exécuteurs testamentaires de l'avoir abusé. Déjà, une première plainte pour escroquerie et vol déposée en 1997 par Yves Rouart était restée sans suite mais deux ans plus tard, lors du décès de l'expert de Lausanne François Daulte, père de l'exécuteur testamentaire Olivier Daulte, 24 œuvres disparues de la collection Rouart avaient été retrouvées en Suisse dans un coffre-fort appartenant à ces derniers, ce qui signifiait au passage qu'elles avaient été exportées illégalement de France. Toutefois, le scandale mettant en cause les exécuteurs testamentaires fut étouffé via la signature d'un arrangement avec Yves Rouart sauf que celui-ci ignorait que d'autres tableaux pouvaient être encore dans les mains des Wildenstein. Voilà qui a semblé bien enquiquinant pour Guy Wildenstein alors que la police a retrouvé dans la chambre forte de la rue de la Boétie des bronzes de Rembrandt Bugatti et deux dessins de Degas qui auraient pu appartenir à Joseph Reinach, un député de la fin du 19e siècle dont la collection d'art fut plus tard spoliée par les nazis. Selon « le Point », Alexandre Bronstein, un des descendants de Reinach qui lui aussi a porté plainte pour vol et recel, plusieurs œuvres provenant de la succession de la fille de Joseph Reinach, dont un Gauguin et un Van Gogh, avaient disparu en 1972 lors du partage opéré par les exécuteurs testamentaires Daniel Wildenstein et l'expert Durand-Ruel. En outre, une plainte pourrait aussi être déposée au nom de Suzanne Reinach, une figure de la Résistance âgée de 97 ans, au sujet d'un bronze de Bugatti titré « Groupe de quatre Cigognes » que les policiers auraient trouvé rue de la Boétie. Fort dérangeantes pour Guy Wildenstein, les perquisitions de la police chez son avocat et à l'Institut de la rue de la Boétie n'auraient peut-être jamais été déclenchées si sa belle-mère ne l'avait pas attaqué en justice après avoir appris qu'elle ne toucherait pratiquement rien de l'héritage de feu son mari. Se sachant atteinte d'une maladie incurable, Sylvia Roth s'était montrée résolue à se venger à tout prix de Guy en donnant instruction à son avocate de poursuivre son combat judiciaire après sa mort.
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