La princesse de Beauvau-Craon, qui présidait aux destinées de Sotheby's à Paris, a annoncé de son côté qu'elle quittait son poste après avoir longtemps bataillé pour redonner à la capitale la place qu'elle avait perdue au sein du monde de l'art mais aussi pour permettre à sa maison de vente de damer le pion aux commissaires-priseurs locaux. Le bilan de la princesse est plus qu'honorable puisqu'elle a pu mener à bien sa mission tout en contribuant en partie à remettre Paris sur de bons rails. Décidée pour autant à ne pas rester oisive, elle a précisé qu'elle partirait désormais à la recherche de collections prestigieuses pour le compte de Sotheby's. Quant au nom de son successeur, celui-ci ne sera dévoilé qu'à la fin du mois de décembre.
Vendredi 12 septembre, retour en masse des chineurs au marché aux Puces de Saint-Ouen où ils n'ont toutefois rien trouvé de transcendant. Il est loin le temps où on pouvait faire des découvertes quasiment chaque semaine. A ce propos, un galeriste de la rue Grange-Batelière s'est avisé de dire que l'an 2000 avait vraiment marqué la fin d'une époque.
« On peut affirmer aussi qu'une page a été définitivement tournée avec la mort de Daniel Wildenstein, un marchand nanti d'un œil extraordinaire qui prenait une décision d'achat sans hésiter et savait plus que tout autre satisfaire les vendeurs. Aujourd'hui, il faut désormais débourser mille euros pour simplement présenter une œuvre à l'Institut qui porte son nom alors que ses fils ne sont guère enclins à sauter sur ce qu'on leur montre. Ceux-ci ne sont pas vraiment acheteurs au point qu'il faudra attendre l'avènement de son petit-fils, un jeune homme jugé fin connaisseur, pour espérer des jours meilleurs », déclare-t-il avec regret.
Samedi 13 septembre, promenade au marché de Vanves où un chineur m'apprend qu'un marchand fort connu du coin est tombé récemment pour recel, non pas pour des antiquités mais pour un lot important de costumes de la marque Aquascutum volé avec le camion qui le transportait.
Ce marchand indélicat, pourtant pas vraiment dans le besoin puisqu'il venait de vendre pour 50 000 euros un lampadaire de Giacometti chiné pour 80 euros chez une concierge, a été arrêté à la suite d'une opération menée par plus de 60 policiers armés jusqu'aux dents qui ont utilisé un hélicoptère pour pister et arraisonner le camion de fringues.
Déjà connu des services de police pour une vieille affaire qui lui avait valu plusieurs années de prison, le marchand risque maintenant de rester à l'ombre pour un bon bout de temps car la justice ne manquera pas de lui tailler un costume sur mesure.