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UNE DETENTION CRUELLE ET ABOMINABLE POUR UN ENFANT
01 Mai 2004



Cet article se compose de 4 pages.
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Versailles, le 27 mars 1785, à sept heures moins le quart du soir, Marie-Antoinette accoucha d'un enfant mâle qui fut prénommé Louis-Charles, duc de Normandie, un titre qu'aucun fils de France n'avait porté depuis le quatrième fils de Charles VII. Il fut baptisé en l'église Notre-Dame de Versailles par le cardinal de Rohan et eut pour parrain le comte de Provence, frère du roi, et pour marraine, Marie-Charlotte-Louise de Lorraine, reine des Deux-Siciles.

Nul ne se doutait encore qu'il était né sous de mauvais auspices à un moment toutefois où la royauté se trouvait fragilisée par une crise économique grandissante, par le refus constant de la noblesse de renoncer à une partie de ses privilèges, par le manque d'autorité du roi et par l'insouciance de la reine critiquée par le peuple à la suite d'une sombre affaire concernant un coûteux collier de diamants offert par celui-là même qui baptisa son fils.

Louis-Charles fut pour sa part un enfant qui suscita l'admiration de la cour par la beauté de son visage, ses yeux bleus pétillant de malice et par sa vivacité d'esprit. Mais le drame qui aller se nouer en un rien de temps vint subrepticement frapper à la porte du bambin. En juin 1789, son frère aîné, atteint de tuberculose, mourut en le laissant héritier de la couronne. Il ne fut certes pas le seul prince dans ce cas mais le fardeau d'un tel héritage pesa déjà lourd sur ses frêles épaules.

Le nouveau dauphin, alors âgé de quatre ans avait selon les dires de sa mère beaucoup d'imagination et se montrait très indiscret. Cependant, il était nerveux, plutôt étourdi et parfois coléreux et ne supportait pas le bruit. Pourtant Versailles, hormis les bruits de couloirs provoqués par certains intrigants, était un endroit fort calme par rapport à Paris où le tintamarre des rues était infernal et de plus amplifié par le grondement grandissant d'une populace excédée par son sort.

Versailles, son château, son immense parc, sa bergerie et le petit Trianon étaient des endroits idylliques pour un tel enfant sur lequel les dieux étaient censés veiller. Entouré de gouvernantes, de domestiques attentionnées, il ne pouvait avoir peur que du bruit des fêtes, des bals, des défilés et des feux d'artifice tirés à l'occasion de grands événements. Pour le reste, il dormait dans des draps de soie, mangeait les mets les plus délicats, revêtait les plus beaux habits fabriqués dans le royaume, s'amusait avec les plus beaux jouets du monde, courait dans les allées les mieux entretenues du pays ou les couloirs du château le plus grand de la planète, batifolait parmi les dames de la cour qui lui faisaient la révérence, se faisait chouchouter par sa mère et bénéficiait de tous les avantages et privilèges dus à son rang.

Cette existence dorée, appelée à durer jusqu'au moment où il ferait son apprentissage de prince à partir de l'âge de 12-13 ans, fut brutalement interrompue par la Révolution qui avait éclaté en juillet 1789 à Paris. Dès lors, l'atmosphère à Versailles devint bizarre pour cet enfant que ses illustres parents tentèrent d'emblée de protéger. Confusément, il sentit le changement qui s'opérait au sein de son environnement. Ces plis d'inquiétude sur le front de son père, la nervosité soudaine manifestée par sa mère, l'attitude bizarre des domestiques devenus moins attentionnés, le va et vient des gardes sur le qui-vive, le bruit venu du dehors causé par des gens accrochés aux grilles du château en train de crier des phrases incompréhensibles, tout cela influa sur le comportement de l'enfant qui se posa certainement des questions en dépit de l'insouciance que tout petit prince de son âge pouvait manifester.

Ce fut ce bambin délicat qui assista apeuré à l'assaut d'une foule en furie mené au château de Versailles le 6 octobre 1789 et qui vit, les yeux emplis d'effroi, des émeutiers briser les portes, bousculer les gardes et houspiller la famille royale qui fut forcée de quitter Versailles pour Paris. Le bruit l'épouvanta et il courut se réfugier en pleurant dans les bras de sa mère, elle-même accrochée avec sa fille au bras du roi qui, surpris par le comportement des émeutiers, essayait de les calmer en se montrant devant eux. Pour la première fois de sa vie, le dauphin vit une horde de gens qui ressemblaient à des monstres, sales, hirsutes, vociférant, tendant des sabres ou des haches, frappant les gardes et les valets, cassant les meubles ou les fenêtres. L'enfant se mit à pleurer en pensant subitement à cette histoire de croquemitaine que lui racontait sa nounou lorsqu'il ne voulait pas dormir. « Les enfants sages font dodo mais ceux qui ne veulent pas fermer les yeux ont droit à la visite du méchant croquemitaine qui va les gronder », lui disait-elle tout en lui chantant une berceuse. Parfois, le dauphin lui demandait de décrire le terrible croquemitaine et celle-ci ne se privait pas de le présenter comme un horrible personnage.

Ce n'était pas un monstre qu'il vit avec frayeur mais des dizaines, certains ouvrant des bouches édentées ou criant la bave aux lèvres, d'autres puant la transpiration ou la vinasse, roulant des yeux, sautant comme des démons sur le parquet ciré de la pièce dans laquelle il se trouvait, blotti contre sa mère, qui avait l'air défait et qui tremblait de rage et se mordait la main pour ne pas hurler son dégoût et sa honte.

Ce fut encadré par ces démons gesticulant en tous sens que le dauphin quitta en compagnie de ses parents le paradis où il avait vécu si peu de temps et qu'il ne reverrait jamais plus.

Pire, il fut placé en tête de ce cortège infernal et forcé de marcher aux côtés de sans-culottes portant des piques au bout desquelles étaient fichées les têtes des gardes du corps du roi. Y-eut-il alors quelqu'un dans la foule pour imaginer la terreur qui submergeait dauphin? Peut-être, mais dans le tohu-bohu de cette journée dantesque, personne n'eut assez de compassion pour lui épargner ce spectacle d'horreur. On peut néanmoins deviner sans peine la panique qui s'empara de cet enfant à la vue de ce spectacle barbare et le choc angoissant qu'il dut subir durant cette horrible journée. Sans nul doute, il dut avoir son sommeil plus d'une fois peuplé de cauchemars en se voyant emporter par une multitude d'affreux croquemitaines armés de haches et courant après lui pour lui couper la tête. Désormais, un calvaire incroyable et inqualifiable débutait pour l'héritier de la couronne de France à un âge où tout enfant est censé connaître des années d'insouciance et de bonheur.

Il fut emmené au château des Tuileries où son seul réconfort fut de pouvoir vivre auprès de sa mère qui tenta de le protéger tant bien que mal d'une situation difficilement supportable.

A Paris, les bruits de la révolution lui emplirent sans cesse les oreilles, ce qui eut pour effet d'augmenter ses angoisses d'autant plus que le lieu où sa famille était confinée était beaucoup moins confortable que le château de Versailles dont le cadre enchanteur restait encore gravé dans sa mémoire.

Aux Tuileries, l'atmosphère lui sembla lourde quand bien même sa mère essaya de le rassurer mais ses yeux souvent rougis et ses gestes brusques trahissaient ses inquiétudes et sa nervosité. Il se posa aussi des questions lorsque son père, l'air abattu et soucieux, semblait avoir l'esprit ailleurs lorsqu'il venait chercher quelque réconfort auprès de lui alors que les promenades dans les jardins se faisaient en compagnie de gens qui semblaient irrespectueux envers ses parents.

Il y avait sans cesse de la tension dans l'air dans ce château où de nombreuses pièces avaient pris l'air de ruches bourdonnantes avec des gens marchant parfois en tous sens sans trop savoir où ils allaient.

Les domestiques le regardaient désormais différemment, certains méchamment, d'autres ironiquement ou avec commisération. Certes, on avait pris soin d'assurer sa tranquillité et veiller à le choyer comme si rien ne s'était passé. Mais les images épouvantables du départ de Versailles restaient gravées confusément dans son esprit et son sommeil était désormais agité de mauvais rêves.

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