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LA FIN PROCHAINE DU MONOPOLE DES COMMISSAIRES-PRISEURS FRANÇAIS :


C'est le 1er janvier 1998 que le monopole des commissaires-priseurs français cessera d'être et la nouvelle situation ainsi créée engendrera de nombreux bouleversements pour le marché de l'art en France.

On sait que la maison anglo-saxonne Sotheby's compte organiser des ventes en France dès que les contraintes seront levées. La maison anglaise Christie's suivra probablement sa rivale dans cette démarche. Face à la concurrence étrangère, les commissaires-priseurs français ont pris certaines initiatives comme le fait de se regrouper ou de sortir du champ restreint de l'Hexagone pour y faire face. Par ailleurs, l'utilisation d'Internet dans l'organiser de ventes à l'échelle mondiale va devenir vite une réalité.

Le branle-bas de combat est amorcé parmi les commissaires-priseurs français avec en toile de fond une lutte pour la survie dont certains ne sortiront pas indemnes. Si certaines grandes études ont pris des dispositions pour éviter le naufrage annoncé d'autres n'attendent plus que l'octroi d'indemnisations pour se retirer de la scène. Pour indemniser ceux qui n'auront pas les moyens de se défendre contre les mastodontes des ventes, le gouvernement a prévu une taxe sur les ventes.

Face à ces bouleversements, il reste à savoir si le marché repartira du bon pied à Paris après plusieurs saisons moroses.
Il est de fait que la crise économique a calmé les ardeurs des acheteurs et que les vendeurs ont été moins tentés de se séparer de bonnes pièces par peur de ne pas en obtenir les prix voulus. Autre facteur dérangeant : la raréfaction des oeuvres de qualité. Les foires et salons d'un côté, les salles de vente de l'autre semblent en panne de marchandises recherchées. C'est comme si le marché ressemblait à un réservoir en voie d'épuisement. Le phénomène a été constaté ces dernières années lorsqu'on a assisté à l'émergence de nouveaux domaines après celui de l'Art Déco, comme le mobilier des années 60 et 70, les jouets cultes fabriqués au Japon ou aux États-Unis il y a moins d'une trentaine d'années ou les souvenirs du Rock et de la Pop music.
On a reculé les frontières de ce qui peut être collectionné alors que l'ancien de qualité est devenu une denrée rare.

Les copies sont de plus en plus nombreuses sur le marché que ce soit dans la catégorie du mobilier, des bronzes, de la verrerie et même des tableaux. Avec l'apparition d'objets en résine, le mal d'ailleurs s'amplifie. La multiplication des foires à la brocante en France, boostée par des magazines spécialisés, ne s'est pas passée sans problèmes puisque ces manifestations (plus d'une centaine par semaine) sont l'occasion d'étaler des marchandises souvent dignes d'aller à la poubelle sans compter qu'elle permettent à certaines personnes de se mêler aux professionnels et aux particuliers autorisés de déballer pour écouler de la marchandise douteuse.

Le niveau professionnel baisse à tous égards que ce soit avenue Matignon ou aux Puces de Montreuil avec d'un côté des fermetures pour dépôt de bilan et de l'autre des activités de brocante exercées par des gens incompétents. Il fut un temps, malheureusement révolu, où les ferrailleurs qu'on raillait à plaisir savaient proposer des pièces étonnantes. Aujourd'hui, le spectacle aux célèbres Puces de St Ouen devient plutôt triste. Là où il y avait 400 marchands pour déballer à trois heures le matin le vendredi, il n'en reste qu'une vingtaine prêts à faire découvrir de la drouille plutôt que des trésors à sept heures du matin le même jour sans oublier que depuis deux ans une bande d'insaisissables malfrats attaque à coups de barre de fer et de cutter des marchands étrangers au moins deux fois par mois. Le bilan est effrayant puisque près de 15 professionnels, anglais, belges, hollandais, américains ou allemands ont été agressés sauvagement pour se faire dépouiller. A New York, Londres, Bruxelles, Amsterdam et outre-Rhin on ne manque pas d'affirmer que St Ouen est pire que les favelas de Sao Paulo. Une telle publicité n'est donc guère faite pour attirer les amateurs étrangers aux Puces.

La morosité est partout et l'adoption de la TVA à 20,6% pour les objets d'art, peintures et autres antiquités par rapport aux taux réduits appliqués précédemment à nettement freiné les activités des professionnels depuis deux ans. Conjugué à la crise économique, cet état de fait ne laisse pas d'inquiéter.

Au niveau de la peinture, le droit de suite qui profite aux héritiers et ayant-droits des artistes décédés jusqu'à il y a 70 ans, souvent abusif d'après de nombreux professionnels, s'avère également être un handicap de taille pour les ventes à Paris alors qu'il est pratiquement inexistant ailleurs. Autre problème, celui de l'expertise qui dépend de nombreux intervenants qui n'ont que leur œil ou le droit acquis par un ayant-droit pour juger souvent sans autre forme de procès. Alors que des méthodes modernes d'analyses et de recherches sont à la disposition de spécialistes dans de nombreux domaines, l'expertise s'exerce trop souvent d'une manière archaïque. On authentifie ainsi des faux et on rejette des oeuvres authentiques rien que sur une opinion et les injustices sont devenues légion dans ce registre. Parfois, il faut revoir un certificat d'authenticité établi il y a 20, 30 ou 40 ans. Soit il fait l'objet d'une contestation, soit il ne suffit plus, soit il faut prouver que lui-même est authentique.

Certains experts ont un tel monopole que leur jugement est sans appel même s'ils se sont trompés. Face à cette situation, le marché de l'an 2000 devra certainement revoir sa copie sinon il risquera certains retours de bâton.
Adrian Darmon

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