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"Les livres, quand on les prête, sont si vexés qu'ils ne reviennent jamais (R. De Flers)
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXXIVème Chapitre
TOUT BEAU POUR WAYNE THIEBAUD
13 Mai 2011 |
Mardi 10 et mercredi 11 mai 2011, les ventes d'art contemporain à New York ont fait exploser les compteurs chez Christie's (plus de 300 millions de dollars) et Sotheby's avec des scores de dingue pour Andy Warhol dont un autoportrait répété quatre fois sur une toile a culminé à plus de 38 millions de dollars.
Warhol fait toujours rêver les grands collectionneurs qui achètent comme des malades ses oeuvres réalisées en série avec de multiples assistants dans sa "Factory" de New York en se moquant de savoir qu'elles ne sont pas vraiment uniques. Qu'à cela ne tienne, s'ils s'intéressaient à une kalachnikov, ils préferaient s'offrir son chargeur avec ses nombreuses balles plutôt que l'arme elle-même...
Bon, d'accord, Warhol a réussi à se faire passer pour un véritable artiste du calibre de Picasso en finissant par devenir une légende de l'art contemporain dont les excès laissent pantois. A cet égard, plusieurs oeuvres de l'artiste américain Wayne Thiebaud ont dépassé les 2 et même 4 millions de dollars chez Sotheby's pour faire de lui une autre icône du marché.
Et que peint Thiebaud ? Des tranches de gâteaux ou des friandises propres à faire croire qu'on a là affaire aux pâtisseries et friandises les plus chères et les plus délectables du monde. A ce compte là, mieux vaudrait se faire plaisir à bien moindre coût en dégustant de savoureuses tartes chez Angelina ou Hermet parce que les oeuvres de Thiebaud coûtent plutôt bonbon... Jeudi 12 mai, nouvelle mise en examen d'un commissaire-priseur de Drouot dans le cadre de l'enquête menée depuis la fin de 2009 par l'Office Central contre le Trafic des Biens Culturels (OCBC) au sujet des vols commis par les commissionnaires de l'Hôtel des ventes appelés les "Cols rouges" dont le monopole a été cassé à la suite de cette sombre affaire. Après ses confrères Eric Caudron et Claude Boisgirard ainsi qu'Eric Lartigue, dirigeant la société de vente Massol, Hubert Brissonneau s'est vu signifier à l'issue d'une garde à vue de 48 heures une mise en examen pour recel de vols en bande organisée et d'association de malfaiteurs dans le cadre de l'affaire des "Cols rouges". Placé sous contrôle judiciaire, ce dernier spécailisé depuis 2002 dans la vente de mobilier, d'objets d'art, de tableaux anciens et modernes, de bijoux et d'argenterie, d'archéologie et de livres et autographes ne pourra plus avoir le droit de tenir le marteau pendant un certain temps. Apparemment loin d'être bouclée, l'enquête sur les vols d'objets d'art commis par les "Cols rouges" lors d'inventaires de succession et de déménagements vers Drouot va probablement conduire à d'autres mises en examen de commissaires-priseurs mais aussi de clercs et de crieurs de Drouot impliqués dans ce qui a été décrit comme un vaste trafic. A ce rythme, Drouot va finir par ressembler à une coquille vide... Vendredi 13 mai, atmosphère lugubre au marché de Saint-Ouen où nombre de marchands n'ont pas enregistré une seule vente depuis plusieurs semaines pour finir par ressembler à des naufragés sur une île déserte. A Florence, des archéologues ont entamé des fouilles dans le vieux couvent Sainte Ursule en vue de retrouver les restes de Lisa Gherardini (1479-1542), plus connue sous le nom de Mona Lisa, pour tenter ensuite de reconstituer son visage et déterminer enfin si elle était bien la Joconde de Léonard de Vinci. A partir du moment où le squelette sera deterré, il sera procédé à une analyse ADN pour la comparer aux prélèvements déjà réalisés sur des descendants de sa famille. En effet, il n'a jamais été prouvé avec certitude que Lisa Gherardini était bien la fameuse Joconde. Selon le chercheur Silvano Vincentini, Vinci aurait en fait commencé à peindre le portrait de Lisa Gherardini avant de le terminer en s'inspirant alors du visage d'un certain Gian Giacomo Caprotti qui serait alors le premier modèle travesti de l'histoire de la peinture.De quoi devenir la figure emblématique du cabaret "Chez Michou". Il reste donc à retrouver le squelette de cette gente dame pour confirmer cette thèse plutôt alambiquée, Vinci n'ayant pas laissé de croquis préparatoire de son modèle ni de témoignage écrit à son sujet. Dommage que la photographie n'existait pas à son époque...
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